13/10/2010 03:39:22
Pauline Biyong Première Ministre du Cameroun ?
Pourquoi pas. C'est du moins la décision sage que Paul Biya pourrait prendre pour laver l'injustice entretenue à l'égard des femmes camerounaises depuis son accession à la magit" src="http://admin.cameroonvoice.com/editor/jscripts/tiny_mce/themes/advanced/langs/en.js">strature suprême en 1982...
Martin Stéphane Fongang
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Désabusé par certains de ses hommes de mains, devenus des bandits de grands chemins après leur nomination, Paul Biya ne devrait-il pas changer? En tout cas on verra après le conseil extraordinaire des ministres qui pourrait, enfin, se tenir en sa présence dans les prochains jours à Yaoundé.

 
Cela dit, s'il y a un domaine où le RDPC au pouvoir depuis 30 ans a lamentablement échoué, c'est la représentativité des femmes au sein des quelques 300 ministres utilisés dans 32 remaniements ministériels camerounais de Paul Biya depuis qu'il est au pouvoir. Ce constat est amer et dure à avaler. Car depuis le premier gouvernement dit du renouveau à celui des grandes ambitions, la place de la femme camerounaise est restée toujours secondaire.
 
Si non, comment comprendre qu'en 30 ans de règne du président Biya, aucune femme n'est occupée un ministère important au Cameroun? Que ce soit la justice, l'énergie, les finances, la santé, les affaires étrangères, les Postes et télécommunications, les Relations extérieures, la Jeunesse et l'éducation physique, l'Agriculture? Ces postes clés ont toujours été pour la plus part de temps occupés par des hommes avec pour certains les résultats qu'on connaît.

 
Ainsi, neuf ministres connus comme des hommes de confiances du président Biya, sont derrière les barreaux aujourd'hui. Il s'agit du doyen Titus Edzoa, connu comme le plus célèbre de la bande. Pierre Désiré Engo, Mounchipou Seidou, Siyam Siwé, Olanguena Awono, Polycarpe Abah Abah, Atangana Mebara, André Bo'oto A Ngon (Décédé) et Abena Marie Thérèse, la seule femme du groupe. Sa présence fait d'elle le un dixième des hommes qui forment désormais cette sous section RDPC de Kodingui.  Tous sont présumés avoir détourné des millions si non des milliards des caisses de l'État camerounais.
 
Au temps d'Ahmadou Ahidjo
S'il était quasiment impossible, durant les 22 ans de règne d'Ahmadou Ahidjo, d'entendre qu'un ministre a détourné des milliards, même pas des millions, il y avait dans ses différents gouvernements des femmes de poids, charismatiques et respectées. Dans le gouvernement de l'UNC, Mme Elisabeth Tankeu, Ministre du Plan et de l'Aménagement du Territoire, avait occupé ce super et convoité ministère sous Ahmadou Ahidjo ainsi que durant les premières années de Paul Biya au pouvoir. On connaît très bien son bilan avec des grands travaux, aucun détournement de fonds à son actif. C'est sous elle que certains grands chantiers ont connu du succès au Cameroun. On peut citer aussi Madame Delphine Tsanga au Ministère des affaires sociales, un bilan très acceptable à son époque. Cette classe de femmes, dévouées pour servir leur patrie et qui avaient le sens du devoir bien accompli, ont subitement disparu sous Biya, bien qu'il ait conservé certains ministres d'Ahidjo.
 
Pourquoi le RDPC est alors resté un club d'hommes?
 Le parti des flammes semble n'avoir jamais accordé une place importante au rôle que pourrait jouer la femme dans la prise des décisions et surtout dans le développement de notre pays. En 30 ans, dont 32 remaniements ministérielles, aucune femme ne s'est rapprochée de la où les vraies décisions se prennent. Ni au poste de Secrétariat générale à la présidence, ni comme premier Ministre, ni comme vice premier ministre, ni présidente de l'Assemblée Nationale, ni trésorier payeur, ni au Cabinet civil, même pas au conseil économique et social, territoire titré où est laminé un même personnage depuis 20 ans.


Pourtant, dès sa prise du pouvoir, le Président Paul Biya semblait donner un ton positif en créant le Ministère de la condition féminine. Bien accueilli à l'époque mais qui au fil des ans s'est avéré n'être que du leurre. Car cet artifice n'était qu'un paravent pour reléguer la femme au second rôle. C'est ainsi qu'en trois décennies du règne Biya, elles n'ont pu occuper que des postes ministérielles de second rôle. À savoir d'arrières bancs, comme on dirait des députés de derniers bancs à l'Assemblée nationale, ou en complément l'effectif qu'on le voudrait la célèbre expression souvent entendue lors des nominations. C'est ainsi qu'elles se retrouvent soit aux Affaires sociales, soit à la Condition féminine ou encore à la Culture.  Elles sont mêmes rares aux postesde Ministre délégué ou même comme secrétaire d'État. Allez donc comprendre pourquoi se recalage.
 
Certes même s'il faut rappeler qu'«il faut juger le maçon au pied du mur», il reste que rien n'indique que les femmes ministres auraient été pires que certains de leurs collègues masculins, avares de milliards et qui croupissent désormais à Kodingui ou encore ces rapaces, pour ne pas dire, ces directeurs ou trésoriers en fuite.


En 2011
Pourtant, l'histoire de l'amorce de la libération du Cameroun nous apprend que c'est la marche des femmes commerçantes de Douala le 22 juillet 1931 sur le bureau du gouverneur français pour protester contre les taxes exorbitantes qui enclenche le début de la lutte pour la libération du Cameroun qui continuera avec entre autres Marthe Moumié, Augustine Ngom Jua, Gertrude Omog, les femmes Anlu de Kom qui se sont retrouvées aux côtés de héros comme Ndeh Ntumazah, Um Nyobe et Emmanuel Endeley, etc. pour la libération totale du Cameroun. À l'image de ces héroïnes, les femmes ont un grand rôle à joueur en 2011.

 
La place de la femme Camerounaise devrait être au centre des débats de la campagne pour les élections de 2011. La femme camerounaise devrait joueur un rôle important lors de des élections de 2011. Si en politique la réalité veut que la majorité des personnes sûres qui votent soit des  femmes, elles doivent en retour exiger plus de pouvoir. Elles doivent s'assurer de la place qu'elles occuperont dans le gouvernement qu'elles portent au pouvoir. Elles doivent participer directement aux prises de décisions.

Des femmes leaders, charismatiques et pragmatiques à la dimension de Pauline Biyong représentante du Collectif des Citoyens Patriotes, ou  Ka Walah présidente du mouvement Cameroun O' Bosso, pour ne citer que ces deux là, font déjà un excellent travail sur le terrain et sont bien connues. Les futurs candidats et candidates à la présidentielle de 2011 devront les écouter et tenir compte de leur apport à l'avancement de la démocratisation, au développement et au bien être de nos compatriotes. Et pourquoi pas faire d'une sa colistière.
 
 
Voir sur ce lien la liste non exhaustive des ministres de Paul Biya  de 1982 à 2010. Vous constaterez vous-même qu'en près de 30 ans, dont 32 remaniements au moins et environ 300 différentes personnes utilisées, moins de 20% ont été des femmes. Dans un pays où plus de 51% de la population seraient, croit-on, de sexe féminin. Il y a de quoi se poser des questions. D'autant plus qu'au Lycée, à l'université comme dans les grandes écoles, elles occupent plus que souvent la première place. Certes, on peut constater environ cinq ministres femmes en 2010 alors qu'elles étaient trois en 1983. Mais sur combien de Ministres dans le gouvernement actuel? À analyser de près, on remarque qu'on n'aurait pas progressé du tout. Au contraire!

Martin Stéphane Fongang

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