13/10/2010 03:53:54
Chili : le sauvetage des mineurs commence
L'heure de la délivrance a sonné pour les «33» mineurs bloqués depuis le 5 août au fond d'une mine à San José au Chili. Ils devraient retrouver un à un la surface à partir de 22 heures mardi heure locale, c'est à dire mercredi à partir de 3 heure à Paris.
Parisien
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L'opération, qui devait démarrer deux heures plus tôt, a été retardée en raison de la poursuite des essais sur la nacelle de secours. 
Le nom du premier mineur qui remontera à la surface a été communiqué : il s'agit de Florencio Avalos, âgé de 31 ans.

Plus de 2 000 journalistes à San José

La nouvelle est un soulagement pour les familles des mineurs, qui attendent avec impatience le dénouement. «J'ai peu dormi. Je me suis couché à 4h30 et levé à 6 heures. Le stress et l'angoisse sont grands», confie Alberto Segovia. Son frère Dario Segovia est lui aussi un peu fébrile au fond de la mine de cuivre et d'or depuis l'éboulement début août. «Il va bien, mais il est un peu nerveux. Je l'ai vu hier sur un écran, pour l'anniversaire d'un ami et il avait les mains qui tremblaient un peu. Tous avaient l'air bien», a ajouté Alberto.

En plus des 800 proches de mineurs, plus de 2000 journalistes sont venus du monde entier pour assister au «happy end» de cette histoire de survie souterraine d'une durée inédite. Selon un commandant de la police locale, Mario Rozas, 2000 personnes étaient déjà sur place lundi soir, et «entre 3500 et 4000» étaient attendues mardi pour le sauvetage.

Les «33» sont devenus des vedettes

En l'espace de deux mois, les «33» sont devenus des vedettes mondiales, recevant des maillots dédicacés de stars du football, des chapelets bénis par le pape, des iPod offerts par le patron d'Apple Steve Jobs, pour les aider à tenir lors de leur calvaire, qui inspire déjà des réalisateurs de cinéma.

Sept jours après l'éboulement qui a bloqué les «33», le ministre des Mines Laurence Golborne jugeait pourtant «très faibles» les chances de les retrouver vivants. Mais sous la pression des familles des mineurs, venues camper sur place dès le lendemain, les secouristes ont poursuivi leurs efforts jusqu'à ce qu'une sonde remonte le 22 août avec le message griffonné sur un bout de papier, désormais célèbre: «Nous allons bien, les 33, dans le refuge».

Plus d'un mois pour creuser le tunnel

Trois excavatrices ont été mobilisées, et il a fallu exactement 33 jours pour percer le puits d'évacuation par lequel remonteront les mineurs, un par un, à bord d'une étroite cage métallique de 53 cm de diamètre. Certains ont fait part de leur angoisse à l'idée de monter dedans et l'équipe médicale a soumis les «33» à des exercices «simulant le stress physiologique» qu'ils pourraient connaître pendant la remontée. Treuillée par une grue, la nacelle parcourra les 622 m en une quinzaine de minutes, mais avec la préparation de chaque voyage, les autorités comptent qu'il faudra une heure environ par mineur, soit un à deux jours pour achever l'opération.

Protection médicale maximale

Chaque mineur portera des électrodes suivant en permanence fréquence cardiaque, respiratoire, ventilation, consommation d'oxygène, température. En cas de problème, il pourra détacher l'habitacle de la nacelle, et redescendre en douceur.

L'ordre de sortie des mineurs ne sera pas rendu public, mais les autorités ont indiqué qu'un groupe de quatre à cinq mineurs jugés «plus habiles» sortiraient en premiers. Ils seront suivis d'une dizaine de mineurs jugés plus faibles physiquement ou psychologiquement et enfin des plus forts, capables de supporter une attente prolongée. Deux experts en sauvetage minier et deux infirmiers de la Marine descendront dans la mine et confirmeront l'ordre de sortie, en fonction de la forme de chacun.

Les «33» subiront un examen médical dès leur retour à la surface et pourront rencontrer brièvement leur famille proche, avant d'être transférés dans un hôpital de Copiapo, à moins d'un quart d'heure d'hélicoptère, où ils séjourneront deux jours pour des examens poussés, sauf complication.

Ensuite, ils retrouveront leurs proches, avant d'affronter la pression médiatique. «Ils ont fait savoir que pendant quelques jours, ils souhaitent être d'abord réunis avec leurs familles», a déclaré Alejandro Pino, un journaliste chargé de l'entraînement des mineurs aux techniques d'interview.

 

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