15/10/2010 13:46:20
Présidentielle 2011 : Fru Ndi prend l'Onu témoin
Dans son offensive envers les organisations internationale et les partenaires du Cameroun, le leader du Social Democratic Front (Sdf) a rencontré une délégation de l’Onu hier, à Yaoundé. Au sortir, le leader de l’opposition s’est livré à votre journal.
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John Fru Ndi «Nous irons plus loin...» 

Dans son offensive envers les organisations internationale et les partenaires du Cameroun, le leader du Social Democratic Front (Sdf) a rencontré une délégation de l’Onu hier, à Yaoundé. Au sortir, le leader de l’opposition camerounaise s’est livré à votre journal.

Qu’avez-vous dit à la délégation des Nations unies que vous venez de rencontrer ? 

Je leur ai exposé la situation d’impasse dans lequel se trouve le processus électoral camerounais, comment il est confisqué par M. Biya et son parti. Je leur ai présenté les moyens légaux que nous avons utilisés pour mettre fin à cette situation, en appelant à la rescousse les Nations unies afin qu’ils se penchent sur le problème du peuple camerounais qui court vers une situation difficile. 

Que vous ont-ils dit ou promis ? 

Ils ont dit que c’est le secrétaire général qui les a envoyés, parce qu’il se sent très concerné par l’ampleur des guerres qui surgissent dans le monde à cause des élections truquées. C’est donc pourquoi ils sont ici et à la fin de chaque jour, ils font un compte rendu au secrétaire général pour lui dire qu’ils ont fait et ce qu’ils comptent faire. A la fin de la discussion, le chef de la délégation a dit qu’ils sont en train d’envoyer d’autres membres de leur équipe dans d’autres régions du pays afin de parvenir à un rapport qui dressera l’état des lieux de ce qui se passe réellement au Cameroun. Vous savez, en tant que diplomates, ils ne vous diront jamais que ce qu’ils voient est très grave. Dans leur langage, on constate qu’ils le prennent très au sérieux. Peut-être ce sérieux parce qu’ils m’ont vu, mais j’attends encore de voir les résultats de ces rapports. Certains d’entre eux viendront à Bamenda pour plus d’amples enquêtes. Et je suis fier qu’ils descendent sur le terrain parce que très souvent, les équipes qui viennent pour de pareilles investigations dans ce pays s’assoient ici à Yaoundé, écrivent les rapports et repartent à New York. 

Mais cette fois-ci, je crois qu’ils vont effectivement aller sur le terrain et ils pourront être capables de faire un état des lieux fiable et actuel de la situation sur le terrain. Parce que nous leur avons déjà dit comment les inscriptions sur les listes électorales ne sont pas crédibles, comment ces inscriptions se font dans les bars, dans la rue, … Quand vous le faites, si la personne n’a pas de bureau de vote par la suite, que lui direz-vous ? Connaissez-vous votre bureau de vote ? Ce qui se passe avec ce genre d’inscription, selon nos analyses, vous aurez plusieurs personnes qui viendront dans des bureaux de vote avec des cartes pour être dupés. On va les réunir à un seul endroit. On va les détruire et ne pas vous donner exactement ce que vous voulez. 

L’Onu arrive alors que vous venez de déposer une requête à la Cour suprême en annulation des inscriptions sur les listes électorales parce qu’Elecam n’a pas la capacité légale. Ils pourront alors assister à votre déchéance. C’est une opportunité pour vous ? 

Tout à fait. Si rien n’arrive en notre faveur, les Camerounais verront et comprendront que la Cour suprême n’est pas crédible. C’est pour cela que nous n’allons pas nous arrêter à ce niveau. Nous irons plus loin, jusqu’à la Cour internationale des droits de l’homme de Génève, pour accuser le régime de Paul Biya de violation des droits du peuple camerounais. Quand vous empêchez quelqu’un de voter, quand vous l’empêchez de s’inscrire, quand il ne peut pas avoir des élections libres, quand il n’y a pas la bonne gouvernance, ce sont des violations des droits de l’homme et du peuple. Et en tant que parti politique, dirigeant le peuple, il est de notre responsabilité d’exposer ceci à toutes les structures qui ont la capacité de connaître ce genre de problème et nous apporter leur soutien et nous permettre de parvenir à trouver une solution pouvant rétablir le peuple de rentrer dans ses droits. Plutôt que de croiser ses bras et se contenter de se plaindre. A cet effet, le Sdf a toujours pris la question électorale à bras le corps et combattu le système électoral en vigueur dans ce pays. 

Ce n’est pas la première fois que vous intentez un procès contre le système, et vous avez toujours été débouté. Que ferez-vous si la Cour suprême ne vous donne pas raison? 

Le Sdf a clarifié tous ses points : que nous appelons les Camerounais à prendre leurs responsabilités. Sachons qu’aucune élection ne se tiendra dans ce pays dans les circonstances actuelles. 

Que direz-vous à la Cour internationale des droits de l’homme ? 

Quand nous trouverons les documents, nous les remettrons à la presse. 

Chaque fois, vous avez échoué en justice. Est-ce vraiment la meilleure voie face à un régime insensible à cette voie ? 

Bien, vous dites que chaque fois, j’échoue. C’est le système judiciaire qui chaque fois échoue. Et je pense que vous les Camerounais, vous devez voir. Parce que nous avons assez prouvé, au-delà de tout doute raisonnable, que nous avons tout fait pour apporter le changement dans ce pays pacifiquement. Mais si le système judiciaire échoue à me soutenir pour apporter des élections libres, indépendantes et transparentes dans ce pays, je demande au peuple camerounais de prendre ses responsabilités pour faire ce que le peuple a fait dans d’autres pays. Je pense que les Camerounais sont aptes et capables. D’autant plus que quand les Camerounais sont sortis en 1990 pour soutenir le lancement du Sdf, et lorsque la jeunesse camerounaise est sortie en février 2008, je crois que je connais le peuple dont je parle. Et je crois que les Camerounais ont accepté qu’ils sont en mesure et capables. Et je compte sur leur soutien et leur force. Et c’est pourquoi je dois m’assurer que j’ai épuisé toutes les voies de recours : la saisine de la justice, des organisations internationales, avant l’appel aux Camerounais. Je pense qu’en dernière analyse, quelque chose en découlera en faveur du peuple. 

Comment analysez-vous votre isolement par vos collègues de l’opposition ? 

Je ne suis pas seul ; je suis avec le peuple camerounais. Quand vous parlez de mes collègues de l’opposition, on parle aussi de neuf à onze millions de Camerounais qui sont en âge de voter. Dans cette frange, vous avez 250 partis, et certains vous disent qu’ils ont créé leur parti pour appartenir à la majorité présidentielle. Que pensez-vous de tels partis ? Alors, s’il vous plait, j’appelle le peuple camerounais à prendre leurs responsabilités en main et de savoir quel est le vrai parti dans tout ça. 

 

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