02/07/2009 12:33:56
Remaniement : Que de curiosités!
La 33e équipe gouvernementale de Paul Biya a donc pris fonction hier, 1er juillet 2009 avec à sa tête, Philémon Yang Yundji qui, en plus de mesurer le poids et l'immensité de sa tâche, veut voir l'économie camerounaise transformée.
Mutations
TEXTE  TAILLE
Augmenter la taille
Diminuer la taille

Comme lui, nombre de ses collaborateurs entrants ou mutés (de cette cuvée qui porte à 278, le nombre de Camerounais portés à la dignité de ministre sous le président Biya), ont eux aussi été installés dans leurs fonctions au cours de l'après-midi d'hier, mercredi. Loin d'être un gouvernement d'action ou de campagne, de nombreux observateurs avertis y voient un gouvernement d'étape. Celui-ci devra refaire autant que faire se peut, l'image brouillée d'un régime actuellement malmené par une corruption endémique et rampante en continu ; il est aussi torturé par ce qui est convenu d'appeler "l'Affaire des biens mal acquis" par le chef de l'Etat camerounais.

Ce sujet a mis à mal tout le landerneau, depuis la publication la semaine dernière du rapport du Comité catholique contre la faim et pour le développement (Ccfd). Comme l'ont si bien souligné des analystes, c'est presque mis sous pression que le président de la République, pour détourner l'attention du public camerounais dont il ne semble pas toujours faire cas qu'il a réaménagé sans panache un gouvernemental qui était presque en hibernation depuis plus d'un an. Ce gouvernement ne manque pas de curiosités. C'est à presque à 78 ans que Jean-Baptiste Beleoken découvre le portefeuille plein de ministre. Il ne lui fallait pas mieux que de remplacer son "frère du village", Pascal Anong Adibimé qui n'avait pas compris qu'il n'avait pas été nommé au gouvernement pour bien travailler, mais pour être le pion des équilibrismes du jeu politiquement politique dont raffole le président Biya.

L'ancien directeur du protocole d'Etat était revenu aux affaires en 2005 à la faveur d'un autre remaniement ministériel. L'homme qui avait alors 75 ans, venait de suspendre sa retraite. C'est donc lui qui, depuis hier officie en qualité de ministre des Affaires foncières.

Les Camerounais se mordent les doigts au sujet du maintien de Jean-Pierre Biyiti bi Essam dans l'actuelle équipe gouvernementale. Lui qui a défrayé la chronique au lendemain de la visite du pape Benoît XVI au Cameroun avec une affaire de placement de l'argent débloqué pour les actions médiatiques prévues à cet effet, et qu'une partie de cette somme s'était retrouvée dans son compte bancaire personnel. Dans un pays où le chef de l'Etat respecte son opinion publique et la morale, Jean-Pierre Biyiti bi Essam devrait d'abord être écarté des affaires publiques, le temps de se blanchir et reprendre ses activités politiques si nécessaire. En le maintenant au gouvernement, Paul Biya rappelle à son peuple que la seule personne qui décide, c'est lui, même s'il doit le faire en marge de l'éthique et de la morale.

On pourrait citer la "victoire" de Mebe Ngo'o sur son frère du village, Remy Ze Meka qu'il remplace à la Défense, dans leur bataille des éléphants de Zoétélé. Les retours aux affaires au cabinet civil pour Martin Belinga Eboutou, et comme ambassadeurs itinérants pour Maïkano Abdoulaye et Ferdinand Léopold Oyono sont également des curiosités qui ont fini par amuser bon nombre de Camerounais. Pour la première fois, on remarquera tout de même que Biya vient de nommer un proche parent à lui à un poste la à la présidence de la République : Martin Bilé Bidjang est devenu par cette vague des nominations, chargé de mission au Cabinet civil de la présidence de la République.

Léger Ntiga

Publicité
Publicité

comments powered by Disqus
Publicité
Autres actualités
Plus populaires

PUBLICITE