19/10/2010 13:09:21
L'Unesco enterre discrètement le prix Obiang suite la polémique
Le conseil exécutif de l'Unesco va suspendre le prix scientifique offert par le président équato-guinéen Teodoro Obiang Nguema qui avait créé une polémique entre pays africains et occidentaux du fait de la corruption de ce régime, a-t-on appris lundi de sources diplomatiques.
AFP
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Lors d'une réunion lundi soir, les 58 Etats membres du conseil exécutif se sont mis d'accord pour adopter une résolution en plénière mercredi qui stipulera que le prix est suspendu jusqu'à ce qu'un consensus soit obtenu.

"Comme il y a une large opposition à ce prix au sein du conseil, c'est une formule élégante pour mettre fin à cette controverse", a indiqué un diplomate à l'AFP.

"Cela signifie en clair que la mise en oeuvre du prix Obiang est renvoyée aux calendres grecques", a renchéri une autre source.

Depuis des mois, des ONG, des universitaires et jusqu'au prix Nobel de la paix Desmond Tutu appelaient l'Unesco à annuler ce prix, le jugeant contraire aux valeurs de l'organisation de l'ONU pour la science, la culture et l'éducation. En juin le conseil exécutif avait chargé la directrice générale Irina Bokova de trouver une solution pour sa prochaine réunion en octobre.

Le président Obiang, qui dirige d'une main de fer ce petit Etat d'Afrique centrale depuis un coup d'Etat en 1979, avait offert 3 millions de dollars pour cinq ans, à raison de 300.000 dollars par an à partager entre trois chercheurs (le reste pour l'administration du prix) pour "récompenser la recherche en sciences de la vie".

Son pays est le troisième producteur de pétrole d'Afrique subsaharienne mais l'essentiel de sa population (moins d'un million d'habitants) vit dans la pauvreté. Dans son rapport 2009, l'ONG Transparency International fait figurer la Guinée équatoriale à la 168e place sur 180 pays en matière de corruption. Et selon le Sénat américain, le président Obiang et son entourage auraient détourné une partie significative des revenus pétroliers du pays.

L'appel des ONG avait été relayé par les Etats-Unis et les pays européens alors que les pays africains refusaient de se désolidariser du président Obiang.

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