21/10/2010 12:44:41
On a évité l'état d'urgence propos du choléra
Malgré le nombre de morts, le pic épidémique est passé selon Médecins sans Frontières
Journal du Cameroun
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L’histoire se raconte comme une anecdote à propos du match de football livré par les Lions indomptables du Cameroun à Garoua. Pour la deuxième journée éliminatoire à la CAN 2012, ils accueillaient sur les installations de la ville, les Léopards de La République Démocratique du Congo (RDC). Garoua, l’une des villes touchées par l’épidémie de choléra. Les langues ont fait ainsi dire qu’à cause de cela, les invités des Lions ne voulaient pas se déplacer pour cette région et auraient demandé l’aide de la CAF pour jouer ce match ailleurs. En réaction, l’équipe nationale du Cameroun est allée à Garoua et c’est sur place que les joueurs ont avalé les comprimés en signe de prévention. La maladie rode toujours. 

Les joueurs de l’équipe adverse ont fait pareil. Cette attitude de l’équipe congolaise traduit la psychose qui règne à l’extérieur du foyer où s’est déclarée la maladie, mais aussi à l’extérieur du pays. Même si la tension est moins perceptible, l’exemple de la RDC est patent. Au niveau des représentations diplomatiques à l’extérieur du pays, les voyageurs demandent toujours autant le visa pour le Cameroun. Une fois sur place, ils résistent à se déplacer vers certaines régions du pays. Pour ne pas aggraver la situation, dans les ambassades, on n’observe pas de mise en garde particulière, comme cela avait pu être le cas l’année dernière (à la même période) pour la grippe A H1N1. Néanmoins, l’on recommande à tous et à chacun d’observer les mesures d’hygiène de base. Utiliser les latrines (toilettes) lorsqu’elles existent, se laver les mains avant et après chaque repas, éviter de manger les aliments souillés ou exposés sur la voie publique... etc.

Malheureusement, dans le grand Nord, tout le monde n’est pas Lions indomptables. Depuis le début de l’épidémie en mai 2010, plusieurs actions auraient été menées afin de circonscrire le mal. Ces actions seraient en partie le fait des organisations internationales partenaires du Cameroun. Leurs membres sont descendus sur le terrain pour aller au contact du mal, mais surtout au secours des populations ravagées, abattues par le choléra et délaissées par les pouvoirs publics. Avec leurs moyens, ces organismes partenaires et amis du Cameroun ont apporté leurs contributions à la lutte contre l’épidémie qui s’est étendue sur le territoire national. Signe que les efforts mobilisés n’ont pas pu circonscrire le mal dans sa zone d’émergence. Ainsi, l’aide financière personnelle et personnalisée du président de la République s’est avérée insuffisante. L’on a alors vu des pays comme la Libye venir au secours du Cameroun. 

En réponse à l'épidémie – et à la critique sévère des uns et des autres face à l’ampleur du phénomène et à la détresse des populations lors de la rentrée scolaire, le gouvernement a enfin dressé un plan d’une valeur de 2,5 milliards de FCFA contre la maladie. Les pouvoirs publics ont fourni des comprimés de purification de l'eau et acheminé par camion de l'eau potable vers les zones vulnérables dans le Nord et l’Extrême-Nord ainsi que dans certaines parties de la région de l’Adamaoua. Des kits médicaux ont été pourvus aux agents de santé locaux. Lesquels ont été formés en intervention d'urgence contre le choléra. Avec ce personnel soignant, les équipes de «Médecins sans frontières» participent à la prise en charge des malades dans les hôpitaux. A leurs côtés sur le terrain, les agences onusiennes se sont aussi mobilisées contre le fléau. Plan International, une organisation d’aide à l'enfance, et la Croix-Rouge ont envoyé 200 à 250 volontaires dans les régions de l’Extrême-Nord et du Nord pour sensibiliser les populations sur l'hygiène. Quelques 120 agents de Care Cameroon sont disséminés à travers la zone pour désinfecter les domiciles. Le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) a lancé une nouvelle campagne d'information auprès du public intitulée «Pas de choléra dans mon école». Il s’agit d’éduquer les enfants sur l'hygiène de base, telle que le lavage des mains avant les repas, l'utilisation des latrines et le fait de bouillir l'eau. 

Selon le dernier rapport publié par le gouvernement, le nombre de personnes guéries s’élève à 6 041. D’après le Dr Phil Humphris de MSF qui a fait don de matériel médical et de watsan/hygiène, le pic épidémique est passé au Cameroun, mais la prudence reste de mise. Il est question pour les pouvoirs publics de coordonner toutes ces actions entreprises. Un centre de coordination de lutte contre l’épidémie est en train d’être créé à la délégation régionale de la santé publique de l’Extrême-Nord pour harmoniser toutes les stratégies de lutte contre la maladie. 

Une autre phase sera lancée en décembre et s'attaquera aux causes profondes des épidémies récurrentes, promesse du gouvernement. Sur huit mois, il s’engage à rénover 200 puits et en forer 50 nouveaux. 200 latrines seront construites dans les régions les plus touchées où les gens se soulagent généralement dans la nature. Espérons que les promesses seront tenues pour le bien être des populations. 

 

Luidor NONO N

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