25/10/2010 01:28:23
Félix Sabal Lecco est mort
Le président du conseil national camerounais de la communication est décédé ce samedi à Yaoundé à 91 ans. Voici un portrait que lui a dressé Le Messager à sa nomination à la tête du conseil national de la communication.
Camerpress
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Apprendre que c'est Félix Sabal Lecco qui est président du Conseil national de la communication (Cnc), quadragénaires et quinquagénaires d'aujour-d'hui écarquillent les yeux avec étonnement. "Vit-il encore?" "Est-il encore aux affaires?" s'interrogent les uns et les autres. Avec raison. Car l'homme a roulé sa bosse. Mais ne semble pas s'user. Cet ancien instituteur qui a eu la présence d'esprit de changer de corps de métier à la veille de l'indépendance pour entrer dans la caste des administrateurs civils avait du flair. De 1960, il sera aux avant-postes de l'action de mise en place du régime du président Ahmadou Ahidjo. Il ne le fera pas moins pour Paul Biya. Les relations entre Ahidjo et Sabal Lecco ne se sont pas faites au hasard de la collaboration professionnelle.

Félix Sabal Lecco fait partie des anciens diplômés de l'Ecole supérieure de Yaoundé d'où il est sorti en 1939. Soit deux ans avant Ahmadou. Dans la cuvée de Sabal Lecco, se retrouvent des personnalités telles Mohamadou Abdul Baghi (Nord), André Fouda Omgba et Jean-Faustin Betayéné du Centre, Daniel Kemajou de l'Ouest, Marcel Marigoh-Mboua et Félix Sabal Lecco de l'Est. Ce dernier est le rescapé de tous ces condisciples qui auront joué à différents niveaux un rôle prépondérant dans la vie politique nationale avant et après l'indépendance. Ce que continue de faire encore de nos jours Félix Sabal Lecco. D'aucuns l'ont connu comme préfet du Moungo, puis inspecteur fédéral d'administration (gouverneur) pour le Littoral (Ifal), où il a eu la main particulièrement lourde dans la répression féroce contre les "hors la loi" de tout bord. Le kidnapping de Ernest Ouandié à Mbanga, suivi de l'arrestation de Mgr Ndongmo, l'évêque de Nkongsamba en 1970 n'ont pas de secret pour cet homme qui était déjà promu ministre de la Justice. C'est quand il occupait ce poste que les deux hommes ont été jugés et condamnés.

Lorsque Ahmadou Ahidjo remet le pouvoir à Paul Biya en 1982, Sabal Lecco qui n'est plus au gouvernement inaugure néanmoins les chrysanthèmes à la tête du Conseil économique et social, auréolé du titre de membre du bureau politique et secrétaire politique de l'Union nationale camerounaise (Unc), parti unique au pouvoir.

Il sera de ceux qui ont vécu en direct l'alpha et l'oméga de la brouille entre Ahmadou Ahidjo et Paul Biya. Lorsque des dignitaires de l'Unc élaborent et font circuler un texte demandant la convocation d'un congrès extraordinaire du parti qui démettra le président Ahidjo toujours président national du parti, c'est Félix Sabal Lecco qui occupe toujours les fonctions de secrétaire politique. Deux ans plus tard, le Rdpc naît des cendres de l'Unc à Bamenda. Le dinosaure blanchit sous le harnais sans s'écrouler. Il reste au bureau politique tout en conservant des relations privilégiées avec Paul Buya à qui il témoigne à la fois une amitié et une fidélité sans faille. Des raisons suffisantes entre autres, pour que malgré son âge avancé, Paul Biya fasse appel à lui pour présider aux destinées du Conseil national de la communication créé en 1990.

Ceux qui ont connu cet homme dans sa longue carrière administrative savent que Félix Sabal Lecco est placé au Cnc comme "le garde-chiourme". On garde de lui le souvenir d'un "conservateur pur et dur, intraitable quand fallait mettre la presse au pas". Préfet du Moungo dans les années 60, il a ordonné une série de saisies et interdictions intempestives contre l'Essor des jeunes. Inspecteur fédéral à Douala, La presse du Cameroun et les rares feuilles qui paraissaient à l'époque avaient du mal à s'épanouir avec cet homme pour qui la presse apparaissait comme un ennemi juré qui n'avait pas de place dans un "jeune" pays. Sa mentalité a-t-elle évolué depuis? Ceux qui travaillent avec lui dans le Cnc -s'ils travaillent vraiment- ont autant de respect pour le "vieux" que de mal à lui faire avaler la pilule amère de la liberté d'expression. C'est pourtant à lui que revient la charge de baliser le chemin qui demeure la piste d'une course d'obstacles pour les hommes de média.

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