26/10/2010 12:47:16
Cambriolage au Minfi : fin de cavale pour Nkollo Menye
L’ancien chef du secrétariat particulier du ministre des Finances a été interpellé vendredi dernier à Libreville. 
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La nouvelle circule sous le manteau dans certains milieux de la police. «L’adjudant Patrice Nkollo Menye a été interpellé alors qu’il s’apprêtait à prendre un vol pour Paris en France, à Libreville la capitale gabonaise». Approchées, les différentes directions de la police en rapport avec le dossier sont peu disertes ou déclarent n’en savent rien du tout. 

Toujours est-il que selon des sources dignes de foi, une équipe de la police camerounaise a ramené le commandant de la brigade de gendarmerie de l’aéroport international de Yaoundé (Nsimalen) samedi, 23 octobre 2010. Celui qui a semé ses geôliers le 23 septembre dernier au sortir d’une audition dans le cabinet du juge Batoum au Palais de justice du centre administratif de Yaoundé, rejoignait par la même occasion une cellule de la Pj qui ne lui est pas étrangère. 

Un autre rebondissement donc dans l’affaire dite du cambriolage survenu dans le cabinet du ministre des Finances (Minfi), Essimi Menye, dans la nuit du 15 au 16 juillet dernier. Un coup de vol qui a été reconstitué vers 19h, dans la soirée du mercredi 20 octobre 2010. «Une curieuse démarche», a commenté un cadre de ce ministère, estimant que cette opération s’est déroulée en dehors des heures réglementaires de travail. Ce à quoi un responsable de la police répond qu’il s’est agi «d’une disposition spéciale visant sérénité et discrétion». L’acte de brigandage survenu au Minfi a donc été reconstitué par Jonathan Omologo et Jesthi Abouna (respectivement âgés de 26 et 24 ans), originaires du département du Mbam et Inoubou, arrêtés à Tripoli (Libye) selon certaines sources policières. Au quartier Ngousso à Yaoundé selon d’autres. 

D’après des informations concordantes en rapport avec le dossier, Jonathan Omologo dit avoir opéré seul. En plus d’avoir emporté 10 millions de Fcfa, il a été surpris avec l’arme de poing appartenant au ministre des Finances Essimi Menye. 

Puzzle 

Si le montant de l’argent déclaré par le présumé voleur est bien loin des sept millions de Fcfa déclarés aux premiers moments de l’enquête et consignés dans les procès verbaux de la direction de la Police judiciaire, rien n’est dit sur les lingots d’or également évoqués à l’occasion. Des valeurs dont le ministre Essimi Menye disait que son cabinet n’est pas le lieu approprié de garde. Toujours est-il que hasard de calendrier ou simple coïncidence, comme lors de son évasion, l’interpellation de Patrice Nkollo Menye correspond avec la reconstitution des faits de mercredi dernier. 

Pour recoudre les pièces de ce puzzle, dans la nuit du 15 au 16 juillet 2010, un cambriolage a lieu au cabinet du ministre des Finances. Certaines portes sont cassées et pas d’autres. Lors des premières dépositions de certains proches collaborateurs du Minfi alors à l’étranger, la police enregistre environ 700 millions de Fcfa de valeurs emportées. Des membres de la sécurité (vigiles et policiers) sont interpellés. Cependant que le chef du secrétariat particulier du Minfi, Achille Christian Tsala est entendu. Et pour cause, des informations font état de sa présence dans les bureaux en compagnie d’un commissaire divisionnaire bien connu, après le passage du procureur de la République qui y a placé un dispositif de sécurité. 

Aussitôt revenu de sa mission, le ministre des Finances est lui-même entendu. Une audition qui a probablement orienté certains soupçons qui aboutiront deux semaines plus tard à l’interpellation, le 02 août 2010, de Patrice Nkollo Menye qui après douze jours de garde à vue sera placé en détention provisoire le 14 août à la prison centrale de Yaoundé. Selon des indiscrétions, il est reproché au commandant de la brigade de gendarmerie de l’aéroport de Yaoundé (Nsimalen), d’avoir gardé les clés du cabinet du Minfi après son limogeage. Par la suite l’on apprendra que le ministre des Finances a déposé une plainte pour détournement de deniers publics. Le 21 septembre 2010, Jonathan Omolgo et Jesthi Abouna sont interpellés. Trois jours plus tard, à la sortie d’une audition au cabinet du juge Batoum, Patrice Nkollo Menye prend la fuite. Le lendemain, 24 septembre, son épouse (inspecteur de police), est à son tour gardée à vue à la police judiciaire. Le 15 octobre, elle est placée en détention provisoire à la prison centrale de Yaoundé. 

Les quatorze autres suspects

1-Simo Guy André 

2-Oye Michel 

3-Taban Ebode Mathurin 

4-Zangoula Diuedonné 

5-Kebe Mohamed 

6-Efor Esse Pierre 

7-Kassi Moussa 

8-Millary Eugène 

9-Dayou Gierre 

10--Bayeba Edoine 

11-Nkem Gilbert 

12-Njock Paul Chia 

13-Tak Simplice 

14-Som Simon 

Wamba Sop

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