28/10/2010 00:46:21
Soupçonné de corruption, le chef de la diplomatie kényane démissionne
Au cœur des soupçons qui pèsent sur le ministre des Affaires étrangères kényan, il y a des transactions immobilières douteuses menées par ses services à Lagos, Islamabad, Bruxelles, ou encore Tokyo.
RFI
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Au Kenya, le ministre des Affaires étrangères démissionne. Moses Wetangula a annoncé, mercredi 27 octobre 2010, qu'il quittait le gouvernement face aux accusations de corruption dont il est l'objet dans une série de transactions immobilières de son ministère à l'étranger. Il s'agit, dit-il, de « laisser se dérouler l'enquête », mais il assure qu'il est innocent. Voilà qui fait grand bruit en tout cas, au lendemain de l'inculpation du maire de Nairobi dans une autre affaire de détournement de fonds.

Au cœur des soupçons qui pèsent sur le ministre des Affaires étrangères kényan, il y a des transactions immobilières douteuses menées par ses services à Lagos, Islamabad, Bruxelles, ou encore Tokyo.

A Tokyo par exemple, le ministère a refusé un terrain que lui offrait le gouvernement japonais pour installer son ambassade en plein cœur de la capitale japonaise. Il a préféré acheter, cette année, un bâtiment plus éloigné, et payer près de 14 millions d'euros, dont une partie en espèce !

Le Parlement kényan a exigé lundi 25 octobre des explications de Moses Wetangula au cours d'un débat houleux. Le ministre, lui, reporte toute la faute sur ses subordonnés mais il a tout de même dû démissionner, « le temps de l'enquête ». « Mais je reviendrai, car je suis innocent », précise-t-il.

L'enquête justement doit être menée à bout, avertit l'ONG Transparency International. «L'important pour nous est que l'enquête continue, qu'elle soit crédible, et que les responsables soient traduits en justice », explique Samuel Kimeu, le directeur de l’ONG au Kenya. Et il ajoute : « Par le passé, il est arrivé que des ministres ou de hauts fonctionnaires démissionnent juste pour calmer le jeu, puis soient renommés à leur poste avant même la fin des enquêtes ».

Selon le classement de Transparency International, le Kenya figure parmi les 25 Etats les plus corrompus au monde. Mais, ces derniers jours, le pouvoir donne l'impression d'avoir décidé de réagir. Rappelons que le ministre de l'Enseignement supérieur a démissionné, lui aussi, la semaine dernière, et que le maire de Nairobi a été formellement inculpé de corruption dans un autre scandale immobilier.

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