29/10/2010 01:52:11
« L'évêque » et son complice restent en prison
L’un est accusé d’avoir voulu faire entrer illégalement en France deux jeunes Camerounaises. L’autre d’avoir détenu ces deux adolescentes à Chypre. Les deux hommes demandaient leur mise en liberté. La chambre d’instruction d’Angers a décidé de les maintenir en détention.
Ouest France
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Accusé d’escroquerie
Évêque orthodoxe au moment des faits, il se présentait sous le nom de Monseigneur Côme. Il a été interpellé en juin 2010, puis écroué à Angers. De son vrai nom Alain Drouet de la Thibauderie, cet homme de 62 ans est soupçonné d’aide au séjour irrégulier et d’escroquerie en bande organisée.

L’an dernier, il aurait extorqué 20 000 € à un couple d’Angers, les époux Chesnel, en assurant pouvoir faire venir leurs filles de 16 et 17 ans, nées au Cameroun, en France. Mais à la place, les deux adolescentes se sont retrouvées à Chypre. Elles y ont passé plusieurs mois, chez le Camerounais Urbain Nzouda.

Monseigneur Côme a reconnu les faits, même si son avocate estime que « ce n’est pas lui qui tirait les ficelles ». De quoi faire bondir Maître Patrick Descamp, qui défend la famille Chesnel : « Il s’est présenté comme un évêque, disent-ils. Il portait une croix. C’est pour cela qu’on lui a fait confiance. »

Hébergement ou séquestration ?
De son côté, Urbain Nzouda se défend, en disant « avoir voulu rendre service en hébergeant les enfants à Chypre ». Hébergement ou séquestration ? En janvier 2010, il a envoyé un SMS aux Chesnel, disant : « Demain, avant 12 h, si je ne reçois pas les 2 305 €, vous ne verrez plus vos enfants. »

Mais son avocat, Maître Rouiller, estime que la procédure devrait être annulée. Motif invoqué : le rôle de la presse, qui a peut-être influencé le travail des enquêteurs.

C’est un journaliste d’Ouest-France, qui avait révélé l’affaire. Il était entré en contact avec l’évêque par e-mail, sous un faux nom, alors que celui-ci était encore en cavale. Leurs échanges avaient été transmis au SRPJ d’Angers, qui avait procédé à l’interpellation de Mgr Côme, en juin.

Les adolescentes ont retrouvé leurs parents
Un avocat qui fait le procès de la presse dans cette affaire ? Un comble ! semble répondre l’avocat Patrick Descamps, qui souligne au contraire le rôle d’Ouest-France dans la libération des enfants : « La presse a joué un rôle important. Et puis un journaliste est aussi un citoyen, rappelle-t-il. Il se doit d’alerter les autorités s’il est témoin d’une infraction ».

Hier, au tribunal d’Angers, les magistrats ont tenu compte de cette appréciation. L’évêque et son complice présumé ont été maintenus en détention.

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