30/10/2010 18:08:20
L'avenir en question au SDF secoué par des défections
Non inédites, ces défections au sein de la formation du principal opposant au régime du président Paul Biya ne sont pas de nature à entamer son influence bien que celle-ci soit déclinante, estiment les observateurs.
Xinhua
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Moins d’une semaine après la démission suivie de l’annonce de sa candidature à la présidentielle de 2011 de l’ex-présidente de la Commission de stratégie du Social Democratic Front (SDF, principal parti d’opposition), Kah Walla, le 23 octobre, le premier vice-président du SDF, Pierre Kwemo, a annoncé également son départ, ont rapporté vendredi les médiaux locaux.

Elu pour la première fois député à l’Assemblée nationale (Parlement) en 1997 puis réélu en 2002 avant de devenir premier vice-président du SDF, M. Kwemo, auparavant affilié au Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, au pouvoir), avait intégré le SDF en 1991. Porté à la vice-présidence en 2006, il était depuis 2009 suspendu et "interdit de postuler à toute fonction dans le parti pour une durée indéterminée".

En choisissant de claquer la porte à la veille d’une réunion cruciale du Comité exécutif national du parti samedi à Bamenda, ville natale du leader du SDF, Ni John Fru Ndi, dans le nord-ouest du Cameroun, cet expert en audit, en conflit avec le "Chairman", a voulu, à l’observation, éviter l’humiliation d’une éviction pure et simple.

Kah Walla (Kassang Edith Walla est son vrai nom), 45 ans, était elle aussi frappée depuis le 16 octobre d’une mise en quarantaine suite à ses appels répétés d’inscription sur les listes électorales en vue de la présidentielle de 2011, s’opposant à l’option de boycott prônée par la direction de la première force politique camerounaise créée le 26 mai 1990 à Bamenda.

"Je suis entrée au SDF par conviction, mais de plus en plus on réalise que les valeurs que nous défendions ne sont plus les mêmes", a-t-elle déclaré le 23 octobre lors de la cérémonie d’annonce de sa démission en présence de dizaines de jeunes rassemblés dans un collège privé de Yaoundé, arborant des tee-shirts frappés du slogan "Kah Walla 2011 - The Time is Now !".

Non inédites, ces défections au sein de la formation du principal opposant au régime du président Paul Biya ne sont pas de nature à entamer son influence bien que celle-ci soit déclinante, estiment les observateurs. "Depuis 1990, le SDF a connu un certain nombre de départs. La machine en a souffert, mais elle a toujours résisté d’une certaine manière", a commenté à Xinhua la politologue Mathias Eric Owona Nguini, enseignant à l’Université de Yaoundé II.

Pour celui-ci, "de toutes les formations politiques au Cameroun, le SDF est celle qui a le mieux résisté aux défections et aux débauchages [du RDPC, ndlr] même si cela n’est pas resté sans effet. Une défection affecte toujours un parti d’une manière ou d’une autre". Autrement dit, l’hypothèse d’implosion ou de fragilisation accentuée n’a pas de chance de prospérer concernant les départs de Kah Walla et Pierre Kwemo.

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