06/11/2010 20:47:37
Biya pourra-t-il tenir encore un autre 7 ans?
L’homme fort d’Étoudi affiche certains gestes d’essoufflement manifestés. Un président en panne d'énergie...
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C’est la question qu’il faut se poser pour mettre fin aux continuelles absences et des longs séjours privées à l’étrangers du président. Pour ce faire, la disponibilité et sa capacité à présider aux destinées du pays durant un autre mandat présidentiel pour encore 7 longues années doivent être, et cela  avec sérieux, pris en compte lors des débats de la campagne pour la prochaine élection présidentielle de 2011 au Cameroun.
 
Et pour cause, 77 ans bien sonnés de bonne vie dont 28 au pouvoir sans partage ajouté à près de 7 dans les différents gouvernements Ahidjo, même si son entourage et surtout ses répondants soutiennent mordicus, certains à travers des motions de soutiens, d’autres par le biais des clubs des amis du président,  qu’il est l’homme providentielle, seul capable de rempiler pour un autre 7 ans, il est claire, comme l’eau de roche, que ce n’est nécessairement pas pour son bien être physique que ses commettants souhaitent le voir aller jusqu’à son dernier souffle. C’est tout simplement pour rester dans la mangeoire. Puisque normalement même en famille, il arrive très souvent qu’on dise en toute clairvoyance et franchise à un grand père septuagénaire et cela pour préserver sa santé et surtout pour le garder encore longtemps en vie: « de prendre un repos bien mérité pour mieux apprécier ces œuvres ». Mais hélas, on voit plutôt ces faiseurs de dictateurs pousser l’homme Lion afin qu’il se maintienne encore et encore au pouvoir jusqu’à un épuisement total à la Bongo au Gabon.
 
Un président en panne d’énergie
Pourtant ces dernières années, certains gestes d’essoufflement manifestés par l’homme fort d’Étoudi ont montré une santé qu’on pourrait dire de plus en plus fragile. C’est ainsi qu’on a pu voir très bien lors de certaines activités protocolaires, que parfois Paul Biya n’en pouvait plus. Déjà en 2009, par exemple, lors du Sommet de la Francophonie tenue dans la ville de Québec au Canada, c’est un président fatigué, très épuisé sans doute par le long voyage ou le décalage horaire qui s’est présenté à ce rendez-vous. Ce qui a inquiété bons nombres de camerounais venus l’accueillir à son arrivé dans la capitale de la province du Québec. Les images de sa descente d’avion ont trahi son état de santé. Il s’est aussi dit que durant ce sommet, il n’avait pu assister qu’à certains travaux. Larguant même la diaspora camerounaise du Canada qui s’était réuni à Montréal pour le recevoir et qui avait cru, jusqu’à la dernière minute, à sa présence.  «Tout le monde a vu Biya très fatigué à Québec. On doit même se demander si le président est en bonne santé» s’était interrogée une  Camerounaise lors de cette rencontre sans Biya à Montréal. Après ce sommet d’octobre 2009, il a du passé presque un mois en Europe avant de regagner le Cameroun alors que les médias se demandaient où était-il passé.

Tout récemment, lors du XIIIe sommet de la Francophonie tenue à Montreux en Suisse, assis à la première loge, Paul Biya se battait constamment pour masquer un état de fatigue extériorisé par un sommeil insistant. Sans doute avait-il eu de longues séances de travail depuis son arrivé en Suisse. Puisqu’on dit souvent que c’est là qu’il se retire pour travailler mieux. Toujours est-il que cela donne l’impression d’un homme qui aurait plus besoin de repos que d’efforts à fournir pour gérer certains dossiers. D’autant plus que la fonction de chef des forces armées, de premier magistrat que lui confère la Constitution, ajoutés aux séances de briefings quotidiens par ses conseillés sur l’état du pays et des
dossiers sensibles sont très exigeants et demandant en temps disponible. D’où sans doute l’inertie qu’il condamne souvent.
Encore plus inquiétant, désormais à ses descentes d’avion, il y a un garde de corps qui le suit de très près. Précédent ainsi la première dame qui, suivant le protocole, doit être aux côtés de son mari. Les Camerounais ont pu constater également que la fréquence de ses voyages en Europe a augmenté de cadence.  Ses courts séjours sont désormais transformés en longs séjours et cela dans des destinations inconnues du peuple qui l’a élu et dont-il est redevable. Ces interminables séjours privés passés en Europe sont autant de signes qui ne trompent pas. On peut même dire que si la loi ne l’obligeait pas à revenir au Cameroun après un certains nombres de jours consécutifs d’absence du territoire sous peine de constat d’une indisponibilité, il passerait, peut être, plus de temps à l’étranger qu’au Cameroun. D’ailleurs le retour au Cameroun n’est souvent qu’un acte de présence, puisque aussitôt venu aussitôt reparti. Et pour preuve, en 2009, Notre confrère le Jour quotidien publiait dans un de ses articles que le Président Paul Biya avait passé 115 jours sur 300 passés à l’étranger depuis le début de l’année 2009 dont 98 jours de séjours privés et seulement 15 jours de séjours officiels. Malheureusement «la Constitution est muette sur la question d’absentéisme répété du chef de l’État», nous confiait en entrevue le journaliste et acteur sociopolitique Joseph Marie Eloundou.
Ces absences épidermiques sont, selon ce réputé sociopolitique, très préjudiciables à la marche de l’État dans la mesure où, selon lui,  «il est à observer que les multiples séjours à l’étranger du Président de la République  profitent aux collaborateurs du chef de l’État ; ceux-ci font leurs affaires pendant ce temps : le chat parti, les souris dansent. C’est ainsi que se sont installées l’impunité et l’inertie. Le laxisme a pris ses quartiers dans notre pays. La maffia administrative en profite pour faire main basse sur la fortune publique», soutient-il. Lire l’entrevue :
http://www.icicemac.com/actualite/les-absences-de-paul-biya-sont-prejudiciables-a-la-marche-de-l-etat-dp1.html

Peut-il être sanctionné à la prochaine présidentielle comme Bédié en Côte d’Ivoire?
La dernière élection présidentielle en Côte d’Ivoire est un cas d’école pour le Cameroun. Les vaillants citoyens Ivoiriens, non domptés, moins intimidés et peu impressionnés par le discours de lavage de cervelle du soit disant « l’homme providentiel ou de l’homme Dieu », ont dit massivement non à un retour à la tête du pays de M. Henri Konan Bédié, 76 ans, lors du premier tour de la présidentielle du 31 octobre dernier en Côte d’ivoire. Sans doute parce que, selon eux, Bédier aurait déjà donné tout son maximum pour son pays. Ceci d’autant plus que lui même déclarait dans une entrevue accordée à Jeune Afrique Économie en 1998, qu’à « 75 ans, un dirigeant a atteint la limite d’âge et ne peut donc plus être aux commandes de la destinée d’une nation moderne », soutenait-il. Le président Bédier comprenait très bien et de façon assez sage, qu’à l’âge d’or, on doit être à la retraite et profiter de la vie. Le public ivoirien s’est sans doute souvenu et le lui a fait savoir à travers la paix des urnes. Il faut aussi noter Bédier dans cette élection n’a pas pu tenir le rythme d’une campagne rude, difficile et longue.  Il fallait scionner toute la Côte d’ivoire. Tenir des meetings parfois longs et être sur la route chaque jour durant les deux semaines de campagne. Car pour une première fois il devait faire face à des rivaux solides. Gbabgo qui avait toujours été éloigné lors des élections au temps du vieux et Allassane écarté en 1995 pour nationalité douteuse. Or aujourd’hui on peut constater à travers les résultats du premier tour qu’un face à face entre les deux aurait tourné à l’avantage d’ADO.


Sans doute fragile, Bédié n’aurait donc pas pu tenir lors de cette campagne très exigeante. Refusant même de passer à la télévision ivoirienne pour présenter son programme et surtout refusant également d’organiser un meeting au stade Félix Houphouët-Boigny pour galvaniser ses troupes. Quelle erreur stratégique! Or les raisons de ce refus sont claires aujourd’hui. Bédié n’est pas populaire auprès des jeunes. Avec moins de 20% dans la grande région de la Lagune qui comprend Abidjan, son état major voyant les sondages internes, il était impossible pour eux de remplir le grand stade Félicia d’Abidjan comme leurs adversaires arrivés finalement premier et deuxième. Les seules positions disponibles pour le second tour.


Au Cameroun, personne ne peut dire à quand remonte la dernière fois que Paul Biya a communié avec les jeunes. Ni à quand remonte sa dernière visite à l’intérieur du pays. Imaginez donc une campagne de deux semaines durant laquelle le président septuagénaire doit battre une vraie campagne du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest. Imaginez des meetings quotidiens de deux à trois heures. Ce serait un enfer pour M. Paul Biya de prendre part des heures durant à un meeting populaire, sous un soleil et une chaleur ardente du stade de la réunification de Douala entrain de présenter son programme. Imaginez-le à la télévision entrain de répondre aux vraies questions des journalistes non complexés sur l’actualité de son pays en lieu et place des discours écrits qu’il lit chaque fin d’année,  à la fête de la jeunesse et du 20 mai.
 
Que retenir et quoi faire en 2011?
En fait, à un moment donné de la vie, il faut prendre dignement et dans le calme sa retraité afin de mériter le respect de tous les citoyens. Pour se reposer, pour écrire ses mémoires, pour entreprendre une œuvre de charité, telle une
bibliothèque ou une fondation, qui sera laissée pour la postérité.
À ce titre, on peut reprendre le Président Paul Biya dans son discours à l’Assemblée nationale le 20 juin 1987, reconnaissant très bien et en connaissance de cause que : « la retraite n’est pas une sanction, c’est l’aboutissement normal d’une carrière passée au service de l’État; elle correspond à une aspiration légitime au repos» avait-il insisté il y a 23 ans.
M. Biya précisait ainsi et de façon on ne peut plus claire que personne ne devrait être angoissée de prendre sa retraite. Qui plus est, dans ses discours à la jeunesse camerounaise chaque 11 février, le président Paul Biya insiste très souvent sur l’importance du changement, donc de l’alternance politique. Mais comment se fait-il qu’aujourd’hui, lui-même à peur de l’appliquer? La retraite doit être acceptée par tous pour être mieux préparée.

Offrir un bon repos à Paul Biya
En 2011, par les urnes et dans la paix, les camerounais doivent donner la chance à Paul Biya de prendre une retraite bien méritée comme les ivoiriens l’ont indiqué à M. Bédier. La génération future a besoin des mémoires de Monsieur Biya. On doit aussi lui donner la possibilité de passer plus de temps avec ses enfants sans charge présidentielle. On doit surtout lui montrer de son vivant comment on l’aime, comme il a façonné le Cameroun. Seules les urnes en 2011 peuvent lui dire merci pour tous les services rendus aux Cameroun, notre chère Patrie. Contrairement à son entourage alimentaire qui le maintiendra au pouvoir même sous respiration artificielle, en vrai peuple, soucieux de sa santé, disons merci à M. Biya par la paix des urnes en 2011.
 
Martin Stéphane Fongang
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Martin Stéphane Fongang

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