19/11/2010 19:40:28
Rsf: En flagrant délit d'arbitrage sur le Cameroun
... C’est l’avis d’un universitaire convaincu du reflexe mercantiliste de l’empire façonné par Robert Menard, il dévoile et dénonce les schémas de nuisance de l’ONG, ainsi que son manque d’objectivité et de décence.
Camerpress
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En classant abusivement le Cameroun au 129e rang des pays du monde les moins confortables pour la liberté de la presse, Reporters Sans Frontières (RSF) trahit son instinct d’impartialité, autant qu’il exhibe sa dévotion à la manip, et des desseins de déstabilisation politicienne...

C’est l’avis d’un universitaire convaincu du reflexe mercantiliste de l’empire façonné par Robert Menard, il dévoile et dénonce les schémas de nuisance de l’ONG, ainsi que son manque d’objectivité et de décence.

Depuis la publication du Classement 2010 des pays par niveaux de liberté de la presse, la controverse et l’indignation s’amplifient aux quatre coins du monde. Comme si, le classement inhérent à la liberté de la presse avait lui-même perdu sa liberté et laissait transparaitre des velléités d’intelligence entre certaines puissances économiques – toujours aux premières loges – et Reporters Sans Frontières, dorénavant érigé en un groupe de pression manutentionné par Robert Menard. Autant le dire d’emblée, jamais par le passé, pareil classement n’avait atteint un tel pic de ressentiment. Le tollé vient de partout, du moins des pays qui prêtent encore une oreille attentive aux borborygmes d’une ONG en perte de vitesse et de crédibilité.

A force de parcourir le monde sous le prétexte noble de solliciter la libération de tel journaliste ou d’Untel reporter photographe, au sortir de certaines audiences officielles, RSF semble s’être compromis. Ses dirigeants perdent progressivement de leur verve de combattant, en gonflant insidieusement leurs carnets d’adresses. A RSF on préfère désormais les vols en First Class et les salons douillets des palaces, plutôt qu’à porter secours aux confrères enfouis au tréfonds des tranchées de guerres que l’ONG attise au lieu d’en éteindre les départs de feux. En tout cas, là n’est pas son rôle prépondérant, bien que ce soit pendant les incendies que les pyromanes jouent très souvent les sapeurs pompiers. 

A force de peindre l’irréel, les derniers classements de RSF ont fini par avoir un effet boomerang sur la crédibilité de cette structure. L’ONG de la rue Vivianne s’est fait déclassée parmi les organismes bénéficiant de la présomption de probité et d’objectivité. Son classement ne fait plus autorité. D’où la qualification récurrente de « machin » qui la caractérise au fil des bévues. A force de patauger dans la fange, RSF semble s’être détourné de ses prérogatives originelles, au point de confondre la protection de la profession avec le protectorat de quelques profanateurs. La même confusion obstrue sa raison sociale de la fonctionnalité de son action. Cette association est-elle un syndicat larvé ? Toujours est-il que son engagement sans frontière se confond avec son insolence langagière.

Et le dédain qu’affiche cette organisation envers l’hémisphère Sud est autant manifeste que les suspicions d’intelligence mercantiliste que l’empire Menard entretiendrait avec certaines puissances économiques. A ce propos, le journaliste Maxime Vivas[1] paraît très amer envers Reporters sans Frontières. « Le titre d’ONG est contestable à RSF... RSF est une épicerie obnubilée par la recherche d’argent. En 2003, 7 % de cet argent seulement était redistribué à des journalistes qui avaient besoin d’aide. Depuis 2003, RSF ne donne plus ce pourcentage sur son site. Lorsque l’on dit qu’elle semble défendre la liberté d’expression, elle « semble », en effet ».

Dans son livre, La face cachée de Reporters Sans frontières, M. Vivas épilogue largement sur les sources de financements de l’ONG, via certaines « sociétés écrans spécialement conçues à cet effet ». Il cite longuement ses sources, les chiffres au dollar près, les dates des versements. Pis, Vivas donne des exemples multiples qui montrent que RSF se tait sur les problèmes de la presse dans certains pays tout comme cette ONG tente systématiquement de dédouaner certains massacres de journalistes dans quelques pays. La conséquence de cette partialité est du reste graduelle. RSF n’émeut plus grand monde. Des pays et des organismes ont rompu avec l’association des journalistes, à l’instar de l’Unesco qui a arrêté toute collaboration avec RSF et ses dirigeants. Vivas égrène avec force que « RSF tente d’utiliser toutes les organisations reconnues. Hier, pour l’aider à se créer, MSF. Puis l’ONU, l’UNESCO. Toutes se sont démarquées, parfois avec colère de RSF. Dans le cas récent de l’UNESCO, RSF utilisait son parrainage pour l’entraîner dans un combat partisan que l’UNESCO a refusé… »[2]

Ainsi qu’on peut tristement le constater, le ministre camerounais de la Communication, Issa Tchiroma n’est ni le premier, ni le seul à reprouver les méthodes générales de stratification de RSF, et à s'insurger contre le classement du Cameroun. A sa suite, et en tant que Camerounais, sans forcément être péremptoire sur le paradis que serait mon pays pour le plus beau métier du monde, et à l’instar de millions de contemporains, je suis blessé par les critères ainsi que les classements fantaisistes que se contente d’aligner RSF comme des lames de couteaux contre les démocraties africaines. Pour le cas particulier qui suscite ma réaction, le classement 2010 de l’ONG fondée en 1985 par les journalistes Rémy Loury, Jacques Molénat, Émilien Jubineau et Robert Menard frise ostensiblement la manipulation et le dénigrement contre le Cameroun. Ma contribution intellectuelle, aussi modeste fut-elle, est une objection personnelle contre le classement peu objectif de RSF ».

En classant abusivement le Cameroun au 129e rang des pays du monde les moins confortables pour la liberté de la presse, RSF a fait décliner le pays des Lions indomptables de 20 places par rapport au classement de 2009. Entre temps, si l’on s’en tient aux critères de RSF, le Cameroun est curieusement devenu un enfer bagdadien où citoyens et journalistes pataugent dans une insécurité martiale. D’où le rang de 129e occupé devant l’Irak (130e). Avouons que la mort somme toute regrettable d’un journaliste en incarcération, et la détention préventive de deux autres dans le cadre de la même instruction est loin d’équivaloir avec le nombre de journalistes tués, kidnappés et incarcérés en Orient. Ce rang est indigne pour le Cameroun. Un peu de sérieux please !

Pour qui connaît le Cameroun, ou y a séjourné, il faut être de mauvaise foi pour affirmer que la liberté d’expression relève de l’invraisemblance. Même si toute comparaison n’est pas raison, allez lire avec quelle circonspection on « écrit » ailleurs, au point que certains s’étonnent de l’impétuosité du ton qu’use la presse camerounaise. Sa liberté est sans bornes. Cette liberté glisse exagérément vers le libertinage, au point d’en indigner l’UJC (Union des journalistes du Cameroun) et les syndicats d’autorégulation de la profession. Combien de pays hébergent une presse aussi acerbe que le Cameroun ? Dans quels pays du continent peut-on voir une presse satirique caricaturer le président de la République dans des postures aussi abjectes que chez nous ?

Dans un pays qui compte une centaines de titres, une nation où aucune contrainte de censure judiciaire ne se fait a priori, un gouvernement qui fait confiance au bon sens des journalistes, ce pays où la censure administrative n’existe pas, et où tout le monde peut créer son canard en contrepartie de la plus simple des procédures administratives (le dépôt de Déclaration à la préfecture), dans ce pays-là, c’est injuste de recevoir pareil camouflet de la part de ceux qui sont très mal placés pour nous instruire un code de déontologie, en sus d’un quelconque code éthique. Sur ce chapitre, RSF est loin d’être une référence.

Tel est pris, qui croyait prendre.

La stratégie de classement de RSF repose sur une conception éhontée de la liberté de penser. Face à la multiplicité des protestations qu’elle engendre, un constat attristant de ses errements a tôt fait de discréditer des classements subjectifs, lesquels semblent sous influence pécuniaires. Seuls les intérêts de l’ONG que dirige Jean François Julliard comptent. A force de flirter avec des financements opaques, les professionnels de la profession et l’opinion publique toute entière ont finit par comprendre que l’édification des classements de RSF s'arrête là où commence son sponsoring à outrance. Il compte donc pour de l’argent. C’est la mamelle nourricière de l’ONG.

Que comprendre des critères de classement de RSF, lorsqu’elle n’est pas elle-même transparente sur son fonctionnement ? Comment être un bon soldat de la liberté d’expression si RSF bafoue elle-même les règles de la transparence dans sa gestion interne, autant que cette ONG entretient un flou brumeux sur la liste de ses principaux donateurs ? L’éthique et la crédibilité des classements de RSF s’en trouvent écornés. Des sources sont assez disertes sur sa tenue des caisses. En termes de pourcentage, les financements de RSF frôlent régulièrement la barre des 80% de son budget équivalent à 4.1 millions d’euros en 2009. Dans cette logique, le Continent africain en particulier est le parent pauvre de la clientèle de luxe de RSF. Le Cameroun figure parmi les pays n’adhérents pas à la tontine de l’ONG en question. Du coup, il devient aussi une cible de choix, eu égard à ses relations conflictuelles, et réputées tendues avec RSF. La rancune de l’organisation située Rue Vivienne émane également du peu de « considération » en espèces sonnantes et trébuchantes que le gouvernement réserverait aux dirigeants de ladite association au cours de leurs différentes visites en terre camerounaise…

Au Cameroun, justement, les journalistes ne sont pas contraints de se faire accompagner par des gardes du corps ou même d’utiliser des gilets pare-balles et tout autre matériel garantissant leur sécurité. Les correspondants locaux de RSF sont connus et exercent leur métier, bien que partial, en toute liberté, tant, au Cameroun, aucune surveillance n’est pratiquées sur certains journalistes par l’Etat, à travers la mise sur écoutes téléphonique des entreprises de presse, de même que la filature des journalistes. Combiens de journalistes étrangers ont-ils été expulsés ou empêchés d’entrer dans le pays ? Au Cameroun, les médias privés sont libres dans leur ligne éditoriale. Bien au contraire, la presse qui tance au quotidien l’action gouvernementale bénéficie des insertions publicitaires de l’administration publique, sans compter l’aide publique à la presse privée ainsi en six ans, près de 1.5 milliards de Francs CFA ont été reparti. L’accès à l’internet est libre. Est-ce donc de ce Cameroun-là qu’il s’agit dans les élucubrations fantaisistes de RSF ?

Au regard de ce qui précède, et sans toutefois dédouaner le Renouveau de son florilège d’inaccessibilité en matière d’accès aux sources, une tare dont se plaignent d’ailleurs les professionnels de l’information et de la communication sociale, il est injuste de contrarier l’existence de la liberté d’expression au Cameroun. La presse s’autorégule progressivement et sa liberté de publier ce qu’elle veut ne souffre d’aucune contestation. Les procès contre certains journalistes relèvent des initiatives civiles et privées. A fortiori, on ne saurait assimiler le Cameroun à un enfer, sauf si le classement de RSF obéît à d’autres desseins de nuisance politicienne, par exemple, à quelques mois de la Présidentielle 2011. Dans ce dernier cas, on n’est loin d’être sorti de l’auberge, tant le jeu successoral vaut la chandelle et les enjeux dépassent la simple arène visible qu’est le combat pour la liberté de la presse, pour devenir le maillon d’une chaîne pernicieuse dont le but inavoué, pressent-on, à présent, participe de la strangulation du Renouveau… C’est un complot qui a contextuellement le malheur d’être irréel dans le chapelet des libertés au Cameroun.

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