22/11/2010 05:00:14
«Biens Mal Acquis»: un dragon à plusieurs têtes
La question des « biens mal acquis » doit être prise non seulement au sérieux mais surtout elle nécessite d’être traitée sans passion et avec beaucoup de diplomatie. Il en va de l’avenir de notre pays voire de notre continent.
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Le 09 novembre dernier, la Cour de Cassation décidait que la plainte portée par l’ONG Transparency International France pouvait être recevable après de nombreux soubresauts. C’est dire qu’après la désignation d’un juge d’instruction indépendant, il va être ouvert une enquête visant à éclaircir les conditions d’acquisition du patrimoine immobilier et mobilier des trois chefs d’état indexés dans cette affaire.

La question des « biens mal acquis » doit être prise non seulement au sérieux mais surtout elle nécessite d’être traitée sans passion et avec beaucoup de diplomatie. Il en va de l’avenir de notre pays voire de notre continent.

Aussi, face aux nombreuses interventions légères voire impertinentes enregistrées les unes à la suite des autres depuis la publication de la décision de justice de la Cour de Cassation de France, nous pensons qu’il y a lieu de se ressaisir très rapidement avant qu’il ne soit trop tard. On ne va pas en guerre avec des coutelas quand nos adversaires voire nos ennemis possèdent des mitraillettes, des chars de tous genres et même la bombe atomique.

Encore une fois de plus, le son des souffleurs de vent ou des VuvuZéleurs sonnent plus fort que la réflexion profonde et porteuse. Comme quoi les tonneaux vides font vraiment beaucoup de bruit.

Nombreux sont nos compatriotes qui n’ont même pas pris la peine de regarder tous les contours de cette affaire avant d’en faire leur chou gras. Et c’est bien dommage car un tel sujet mérite la mise en place de véritables groupes de réflexion dans lesquels on pourrait retrouver des juristes, des avocats, des officiers supérieurs, des communicateurs, des politologues, des sociologues et des hommes d’affaires.

Cette brochette d’individus pourrait réfléchir sur des stratégies porteuses de stabilité à court, moyen voire long terme. Ils seront les seuls à s’exprimer sur le sujet afin que les différentes interventions n’aillent pas dans tous les sens. Car face à des hommes intelligents et malins, il faut opposer ou proposer le même dispositif. Ce n’est pas en alignant des aboyeurs aux milliers de casseroles que l’on pourra faire face aux fins stratèges de la belle et vieille France qui en plus est dans son droit.

Par conséquent, pour s’exprimer publiquement sur ce sujet et surtout au nom d’une institution, il est plus que nécessaire de maîtriser les tenants et les aboutissants de cette affaire mais aussi de se poser les bonnes questions afin de trouver les meilleures réponses face à un problème aux nombreuses têtes.

1. Qui engage la plainte sur le patrimoine des trois chefs d’état pointés ?

A cette première question il y a lieu de connaître qui est Transparency Internationale France. Quel est son rôle ou ses objectifs ? Quels sont ses statuts. Par qui a-t-elle été créée ? Quels sont les pays dans lesquels cette ONG est implantée ? Quels sont ses liens avec les organisations internationales comme l’ONU ou l’Union Africaine ? Qui finance ou subventionne cette organisation ?
Ce n’est qu’après avoir maîtrisé ces différents éléments qu’on peut se poser la question de savoir :

2. Pourquoi cette ONG engage une plainte contre ces trois présidents en exercice ?

Face à cette seconde interrogation, il y a lieu de se demander quelles sont les motivations réelles ou les réelles motivations de cette structure ? Pourquoi et sous ordre de qui, il a été mené au préalable une enquête visant à rechercher toutes les informations sur le patrimoine de ces chefs d’état accusés ?

3. A quel moment Transparency Internationale France décide de porter plainte contre Omar BONGO ONDIMBA, Denis SASSOU NGUESSO et Théodoro OBIANG NGUEMA ?

On peut alors se demander quelle est la situation politique, diplomatique et économique entre les réseaux affairistes et ces trois hommes d’état au moment où la plainte intègre les murs de la justice française ? Ou n’est pas la suite logique de l’affaire Elf qui suit son cours ?

4. Transparency International France est-t-elle apte ou bien placée pour déposer cette plainte ?

Selon ses objectifs et selon les lois en vigueur dans le pays où est déposé la plainte, cette ONG a-t-elle le droit de se lancer dans une telle aventure ? Peut elle se porter partie civile dans cette plainte ? Quel est son intérêt ?

5. La justice française a-t-elle lu et respecté le droit ou est elle dans son droit ?

6. Nos trois chefs d’état ont-ils acquis « légalement » les biens mis en accusation ?

7. Que vise réellement la plainte des biens mal acquis ?


La fin de règne de Nicolas Sarkozy ? La fin des réseaux « francafricains » ? La fin de l’impunité pour les dirigeants africains moins dociles ? La fin des « démocratures » en Afrique Centrale ? Le retour à cette vieille forme de dépendance des états africains riches en sous sol ?

8. Y a-t-il un lien entre cette plainte de Transparency Internationale France et la Francafrique ? C’est quoi la Francafrique ?

Comment expliquer la naissance et l’émergence de cette alliance trouble et obscure ? Comment comprendre la chute de Jean Marie BOCKEL après ses déclarations tapageuses sur la francafrique ? Pourquoi le rapport du député UMP Jean Louis CHRIST a subi de nombreuses retouches et pris un retard considérable avant sa publication ?

9. La décision sur l’exportation des grumes ou sur les conditions d’acquisition des 42 blocs pétroliers en mer profonde gabonaise est elle liée à cette exhumation de l’affaire dite des biens mal acquis ?

Toutes ces questions dont la liste est non exhaustive nous invitent à prendre très au sérieux cette bataille qui s’annonce rude et qui promet de nombreux retournements.

Cependant, dans un souci de clarté, nous pouvons quand même dire que l’ONG Transparency Internationale France est bel et bien dans l’exercice de ses prérogatives et qu’il ne sert à rien de s’attaquer maladroitement à la justice à travers des injures injustifiées de la part de certains compatriotes gabonais en quête de reconnaissance.

Par ailleurs, les autorités gabonaises peuvent et ont le droit d’appliquer un processus de réciprocité en engageant des enquêtes visant à mettre en lumière les conditions d’enrichissement d’un certain nombre de citoyens français ayant vécu ou vivant sur son sol. Cette démarche semble plus intelligente que les nombreuses sorties qui empoisonnent les négociations diplomatiques encore possibles de ce dossier.

De plus, dans cette affaire il n’y a nullement d’ingérence. La loi française est claire à ce sujet. Il suffit tout simplement de bien lire la décision de justice qui a été rendue pour mieux comprendre les motifs qui ont alimentés une telle conclusion prise au détriment des rapports entre les différents chefs d’état et la France. Y a-t-il plus d’ingérence que la présence d’une base militaire française dans notre pays ?

Qu’à cela ne tienne, il faut préciser que ce n’est pas parce qu’une plainte est dite recevable que les accusés sont coupables d’un quelconque délit. Alors, laissons la justice avancer.

Il n’y a pas lieu de paniquer ou de s’agiter si nos chefs d’état affirment par le biais de leurs avocats qu’ils ne se reprochent de rien dans cette affaire.

Ainsi, nous espérons que dans un futur proche d’autres enquêtes seront engagées contre d’autres personnalités influentes de la planète qui ont également acquis d’importants biens en France afin que cela puisse véritablement ressembler à de la Justice.

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