22/11/2010 14:42:27
Ouverture ce lundi du procès de Jean-Pierre Bemba devant la CPI
LA HAYE (AP) — Le procès pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité de l'ancien vice-président de la République démocratique du Congo (RDC) Jean-Pierre Bemba s'ouvre ce lundi après-midi devant la Cour pénale internationale (CPI).
NouvelObs
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Jean-Pierre Bemba est accusé par le ministère public d'avoir autorisé sa milice, le Mouvement de libération du Congo (MLC), à commettre des exactions en République centrafricaine en 2002 et 2003, après que le président de l'époque, Ange-Félix Patassé, eut demandé son aide afin de lutter en vain contre les rebelles emmenés par l'ancien chef d'état-major des armées François Bozizé.

Le procureur Luis Moreno Ocampo a estimé que l'affaire créérait un précédent quant à la conduite d'un conflit, où qu'il ait lieu. "La définition des responsabilités d'un commandant par les juges constituera une mise en garde pour tous les commandants militaires à travers le monde", a-t-il dit aux journalistes. "Ils doivent comprendre ce qui est légal et ce qui est illégal", a ajouté le procureur. "La loi fait une différence entre un commandant et un criminel".

Le procès de Jean-Pierre Bemba accusé de viol, meurtre et pillage est le troisième à se tenir devant la CPI depuis le début des travaux de la juridiction en 2002.

L'accusation devrait appeler 40 témoins, dont plus de dix ont été victimes de viols, lors du procès. Environ six mois devraient lui être nécessaires pour présenter ses preuves.

La défense de Jean-Pierre Bemba a tenté en vain d'éviter le procès, avançant qu'il avait déjà fait l'objet d'une enquête en République centrafricaine et faisant valoir que ses opposants politiques souhaitaient le voir juger à La Haye pour l'écarter de leur route.

Aujourd'hui âgé de 48 ans, Jean-Pierre Bemba a été l'un des chefs de guerre de la RDC, contrôlant un vaste secteur du pays pendant le conflit dans l'ex-Zaïre entre 1998 et 2002, avec le soutien de l'Ouganda voisin. Après l'accord de paix qui mit fin au conflit, il devint l'un des quatre vice-présidents de la RDC réunifiée.

En 2006, il perdit face à Joseph Kabila lors de la présidentielle. Elu sénateur, il refusa de démanteler sa milice, conduisant à des affrontements avec les forces de sécurité qui firent au moins 300 morts en mars 2007. Accusé de trahison, Bemba choiit l'exil au Portugal et en Belgique, où il fut arrêté en mai 2008, avant son transfert à la CPI en juillet suivant. AP

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