23/11/2010 03:22:43
Cameroun : Voyage au coeur d'un système éducatif corrompu
A l’instar des autres secteurs d’actualités, le système éducatif Camerounais est miné par la corruption, la médiocrité, des tares malheureusement érigées en pratiques quasi institutionnalisées.
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On peut mentionner pour s’en indigner les irrégularités observées aux concours d’entrée dans les grandes écoles telles que l’EMIA (Ecole militaire inter-armés) ; l’Enam (Ecole nationale d’administration et de magistrature), l’Ecole Supérieure de police, etc, des écoles où les places sont systématiquement verrouillées et réservées prioritairement aux proches des pontes du régime pour lesquels le concours n’est généralement qu’une banale formalité, un trompe-l’œil  au grand dam de la majorité des autres candidats des autres honnêtes et méritants camerounais que la nature n’a pas malheureusement voulu qu’ils soient ressortissants du « pays organisateur », c’est-à-dire la panoplie de tous les profiteurs sans vergogne, sans scrupules qui gravitent autour de l’inamovible président à vie de la république (cf multiples tripatouillages de la constitution pour rendre le président éligible à vie), des profiteurs qui tirent avantage de manière inouïe et éhontée de leur position de privilégiés.

Que peut-on bien attendre de ces individus dont la promotion sociale ne répond à aucun critère objectif sur le plan axiologique et docimologique ? Certainement pas grand chose si ce n’est pour agir au nom de leur égoïsme et leur népotisme criards ; c’est ce qui explique la médiocrité au rendement de ceux-ci, la qualité approximative, en tout cas déplorable des services qu’ils rendent moyennant des rémunérations pourtant mirobolantes parce que faisant partir de la caste des privilégiés.

La situation se corse davantage quand on se rend compte qu’aujourd’hui au Cameroun, l’admission, l’inscription dans un lycée n’est plus forcément assujettie par exemple à la réussite au concours d’entrée en 6è (peut-être pour quelques rares cas isolés, insignifiants) mais simplement à la capacité des uns et des autres à pouvoir graisser la patte a M. le proviseur à concurrence de 100 000 frcs CFA au minimum pour les plus chanceux. La classe de 6ème est d’ailleurs désormais présentée dans les lycées comme la chasse gardée de M. le proviseur. C’est une pratique qui ne date pas d’aujourd’hui : elle date de plusieurs décennies ; elle est connue des autorités et a pignon sur rue sur toute l’étendue du territoire camerounais, curieusement au moment où la lutte contre la corruption est devenue une rengaine soporifique dans les discours politiques. Quelle démagogie! Peut-être les autorités ne se préoccupent-elles pas à éradiquer cette autre forme de corruption, de pratique malsaine parce qu’elles ne voient pas en quoi elle pourrait constituer un danger pour le système en place au  Cameroun dont la préoccupation majeure, fondamentale n’est désormais que la consolidation de son pouvoir et rien de plus ; un pouvoir conservé par des méthodes, des pratiques qui font penser à un régime militaire et féodal masqué.

    Ce contexte, à la limite chaotique permet de se rendre compte que le pays est engagé dans une sorte de voie sans issue ; le pays est dans une sorte de fixité rétrograde qui n’augure pas des lendemains meilleurs. Car si la corruption s’étend jusqu’au secteur éducatif qui doit par essence façonner dès le départ la personnalité de base de l’individu, lui inculquer les valeurs contemporaines fondamentales devant ré décrépitude tous azimuts de la société qui est ainsi amorcée.

    Les Etats modernes, épanouis aujourd’hui sont ceux qui ont compris que le développement de la matière grise est primordial dans le processus d’épanouissement global de l’homme et qui ont par ricochet fait   de la formation, de l’éducation de leurs peuples des priorités sacrées avec lesquelles on ne saurait ruser. De grâce, que le Cameroun puisse enfin comprendre cela, qu’il puisse enfin se libérer des gérontocrates imbus du pouvoir pour le pouvoir, qu’il puisse enfin cesser de se laisser dévorer par une poignée de politiciens véreux pour procurer réellement une éducation de qualité à ses enfants, pour s’occuper de leur avenir. En tout cas, nous avons foi en la renaissance africaine, en la renaissance du Cameroun et tous les sinistres personnages qui s’entêtent à la torpiller doivent d’ores et déjà se rendre à l’évidence que l’histoire est en marche, irréversiblement et qu’elle ne les absoudra jamais.

Gayori

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