03/07/2009 15:33:20
Afrique centrale : Des bons du Trésor pour soutenir les économies
Une réunion extraordinaire de l'Union monétaire de l'Afrique centrale s'est tenue hier à Douala.
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Au regard des délais, les ministres des Finances des pays de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (Cemac) n'avaient plus le choix. La séance de travail de l'Union monétaire de l'Afrique centrale (Umac) tenue hier, 02 juillet 2009 dans la salle de conseil de la Banque des Etats de l'Afrique centrale (Béac) à Douala, avait donc un caractère urgent. Une session extraordinaire, en fait, qui se déroulait en plus dans un contexte marqué par l'atteinte par la République centrafricaine (Rca) du Point d'achèvement de l'initiative Ppte. Ainsi, malgré la diversité des points inscrits à leur ordre du jour, les membres du l'Umac ont prioritairement planché sur la question des banques appelées à opérer dans la première phase de mise en œuvre des récentes décisions de la Béac, notamment en ce qui concerne l'émission des titres publics, et précisément des bons du Trésor.

Dans les réformes de la Cemac, il a en effet été convenu qu'à partir du 1er juillet 2009, les pays de la sous-région vont avoir à réduire leurs tirages, c'est-à-dire les quantités d'argent obtenues en prêts auprès de leur Banque centrale. Lesquels tirages représenteront désormais 20 % des recettes réalisées l'année antérieure. La période ciblée ici est celle limitée à fin décembre 2008. Ceci, pour encourager les pays de la Cemac à financer leurs budgets respectifs en se retournant vers les marchés financiers, Douala Stock Exchange (Dsx) et la Bourse des valeurs mobilières d'Afrique centrale (Bvmac), encore très peu animés dans la sous-région. A cet effet, une première liste de banques qui serviront d'intermédiaires dans cette opération, a été dressée au cours de la session extraordinaire de l'Umac tenue hier à Douala. Elle sera rendue publique dans les jours qui suivent.

Le Gouverneur de la Béac, M. Philibert Andzembe, avait d'ailleurs déjà révélé lors de la récente réunion du Comité de politique monétaire tenue dans la capitale économique camerounaise, que la mise en œuvre du projet d'émission des titres publics à souscription libre dans la Cemac était imminente. Pour cela, le Comité de politique monétaire de la Béac a convenu de "geler les plafonds d'avances de la Banque centrale aux Trésors nationaux dès le démarrage des émissions des titres publics prévu au cours du second semestre 2009 ; d'adopter le principe de la réduction des plafonds d'avances statutaires par cinquième chaque année ; et proposer au choix de chaque Etat de rembourser les utilisations au-delà du plafond d'avances réajusté, soit en une seule fois, soit par consolidation sur un an maximum au taux d'intérêt des appels d'offres et à échéances trimestrielle".

Dans l'optique d'une meilleure animation de son marché financier, on sait cependant que le gouvernement camerounais prépare le lancement d'un emprunt obligataire à la Dsx, la Bourse des valeurs mobilières de Douala. Un projet d'ailleurs confirmé par le ministre des Finances hier. Toutefois, a précisé M. Essimi Menye, "il y a un processus de préparation, et nous sommes en train de travailler là dessus. Nous avons déjà définie la stratégie. Maintenant, il faut recruter une ou deux banques pour jouer les arrangeurs. Il faudra notamment préparer une documentation y relative, il faudra faire la publicité, etc. Ce qui, naturellement, demande un peu de temps".
En attendant, poursuit le ministre des Finances, "la Béac va émettre les bons du Trésor pour aider les pays à tirer de l'argent du marché, à hauteur de 20 % des recettes de l'année dernière. Comme 20 % de nos recettes en 2008 c'est 418 milliards Fcfa environ, le Cameroun pourrait donc tirer environ 83 milliards Fcfa sur le marché. Mais, ceci ne se mélange pas avec l'emprunt obligataire, qui, lui, répond à d'autres conditions...".

Sur un tout autre point, l'Umac a examiné les travaux d'audit spécifique ordonné par la conférence des chefs d'Etats de la Cemac le 30 janvier dernier à Libreville (Gabon), suite au problème du placement à problème effectué par la Béac à la Société Générale. A en croire le ministre Essimi Menye, "cet audit se poursuit normalement…". Parmi les points techniques abordés, il y a aussi la création d'un groupe de travail au sein de la Banque africaine de développement (Bad), qui regrouperait les six pays de la Cemac plus la République Démocratique du Congo (Rdc), le Burundi et Sao Tomé. Objectif visé : négocier collectivement auprès de la Bad pour le financement de grands projets économiques, qui bénéficieraient à toute l'Afrique centrale.

Eugène Dipanda

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