23/11/2010 15:43:21
L'ange gardien israélien du Président Paul Biya trouve la mort dans un crash d'hélico
Le tout-puissant « colonel » Abraham Avi Sivan brutalement disparu ce matin.
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Le lieutenant-colonel israélien, Abraham Avi Sivan, patron du Bataillon d’Intervention Rapide (BIR), aurait trouvé la mort ce matin, 22 novembre 2010 à 09h00, lors d’un crash d’hélicoptère survenu entre Yaoundé et Bamenda d’ou il revenait.

Aux dernières nouvelles, le corps de l’ancien officier de réserve de Tsahal n’avait pas encore été retrouvé. Seuls ceux d’un certain Ojong, commandant du BIR dans le Nord-Ouest, et celui d’un autre officier israélien auraient été conduits à l’hôpital général de Yaoundé.

Ancien officier supérieur retraité de Tsahal (l’armée israélienne), le colonel Avi Sivan a d’abord travaillé comme attaché de défense de la mission diplomatique israélienne au Cameroun. Il s’est, ensuite, définitivement mis à la disposition du chef de l’État camerounais, Paul Biya, pour de nombreuses opérations spéciales, sous la supervision de l’ancien commandant de l’état-major particulier du chef de l’État, le général de brigade Blaise Bénaé Mpécké – décédé en janvier 2007 et jamais remplacé.

Avec la disparition de Bénaé Mpeckè, le colonel Avi Sivan a pris le contrôle réel aussi bien de la Garde Présidentielle (GP), que du BIR, alors devenu armée personnelle du président. Cette occurrence a suscité de sérieux problèmes de préséance avec l’Armée régulière, notamment avec le Ministre délégué à la présidence de la République en charge de la défense nationale.

Sorti depuis du contrôle stratégique israélien au profit des Américains, dit-on, le colonel Avi Sivan s’est vu confier l’essentiel de la sécurité présidentielle, sans partage.

Et l’ancien modeste Bataillon Léger d’Infanterie (BLI) de Maroua-Salak qui, sous lui, a été transformé en tout-puissant BIR, dédié à l’origine à la lutte contre le grand banditisme armé, a tout arraché : toute l’opération Delta - notamment la surveillance de la péninsule de Bakassi après les opérations de restitution territoriale, l’Armée régulière y étant accusée d’incompétence notoire et de corruption généralisée ; la... surveillance des unités de l’armée régulière, appauvrie par un chef de l’État ne lui faisant guère confiance; .

Businessman de haut vol…

Businessman de haut vol à côté d’une efficacité incontestée, Avi Sivan n’a surtout pas oublié de devenir multimilliardaire, initiant personnellement, à coups de milliards de francs Cfa, tout l’approvisionnement du BIR en matériel de guerre et civil.

Chanteur occasionnel de karaoké au cabaret Le Sénat à Douala, pêcheur suréquipé dans le Golfe de Guinée, et acteur de la préservation de la biodiversité via son épouse Talila Sivan, « le colonel » dirigeait son Monde avec « son ami » Paul Biya à partir du téléphone satellitaire, sans intermédiaire.

Les proches de Paul Biya trouvaient cet homme de confiance essentiellement encombrant. D’autant que sa montée en puissance au Palais faisait ombrage à tous : aux stratèges français de la défense - chez lesquels il était demeuré sur orbite; aux proches du « Chef », qui se sont vite rendu compte que ce dernier, malin, s’offrait par l’Israélien affairiste une protection complexe...

La plupart des observateurs pensent que le décès de Avi Sivan qui fut lui-même l’acteur principal de son système de tueries (le BIR) ne devrait être sans conséquence sur le système et sur la succession au trône – si il n’en est déjà la cause.

À commencer par la stratégie sécuritaire à envisager lors de la prochaine visite du chef de l’État à Bamenda – une visite initiée de bout en bout par Joseph Atanga Nji, le nouveau patron de Conseil National de la Sécurité, celui-là même qui a convaincu le Palais de sa capacité à neutraliser Ni John Fru Ndi, le (toujours) leader de l’opposition. 

JMS

Jean Marc Soboth

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