29/11/2010 18:44:57
Lutte contre la corruption: la politique du régime Biya remise en question?
Opération épervier, affaire (Albatros) Yves Michel Fotso: Soucis de vérité ou témoignage de manque de vision de développement du régime Biya ?
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Avec la corruption grandissante et galopante au Cameroun et tous les maux que cela a entraîné jusqu'à ce jour, les Camerounais ont vu en l’opération épervier une action salutaire devrant permettre non seulement de recouvrer les importantes sommes détournées mais aussi et surtout de redonner confiance en la chose publique et relancer le développement du Pays. 6 ans après le lancement de l’opération épervier, les Camerounais continuent à s’interroger sur les opportunités et retombées de cette vaste opération dite d’assainissement.

Opération épervier et Affaire Albatros

Lancée en 2004 sous la houlette du Premier ministre Ephraïm Inoniavec la pression des bailleurs de fond, l’opération épervier a connu jusqu'à ce jour de nombreuses arrestations de hauts commis de l’Etat. De nombreuses personnes notamment Mounchipou Seidou, Pierre Désiré Engo, Michel Thierry Atangana Abega, Emmanuel Ondo Ndong, Gilles Roger Belinga, Joseph Edou,Alphonse Siyam Siwé, Edouard Nathanaël Etondè Ekoto qui jadis étaient considérées comme des intouchables sont aujourd’hui derrière les verrous. S’il est ingambe pour la finance publique que les dignitaires de ce rang se trouvent à ce niveau, on reste encore sur sa faim sur le recouvrement des sommes spoliées par ces acteurs. On se serait attendu, qu’autant il y a le tapage médiatique autour des arrestations et procès, autant qu’il yen ait sur les recouvrements des fonds ainsi que sur les mécanismes de gestion et de transparence mis désormais en œuvre pour que de telles délinquances ne se reproduisent plus ou tout au moins à un seuil marginal, au plus haut sommet de l’Etat. Jusqu’ici, on a presque rien vu, ce qui laisse très interrogatif !

Au delà des pressions des institutions financières internationales, on se rappelle que l’opération épervier avait été lancée en 2004, après que l’avion présidentiel Albatros lors de son vol inaugural ait eu une panne technique qui a créé un désarroi au Président ainsi qu’à sa famille qui se trouvait à bord de cet aéronef. Aujourd’hui, avec le recul des faits, de nombreux Camerounais sont encore à se demander si la quintessence de ces arrestations ne se trouve pas cachée dans la volonté du chef de l’Etat de punir tous ceux qui, de près ou de loin lui ont créé une frénésie à travers cette action.

Yves Michel Fotso, Camair et Affaire Albatros

Pendant son passage à la tête de la Camair (2001-2003), M. Yves Michel Fotso a eu mandat d’effectuer l’achat d’un jet privé pour les services du chef de l’Etat. De nombreuses sources confirment qu’il a pendant cet exercice commandé à travers la société GIA un jet neuf à hauteur de 72 milliards de dollars et effectué une avance sous forme de caution remboursable de 31 milliards de dollars. L’avion en question aurait été fabriqué et même réceptionné virtuellement par le gouvernement mais pour des raisons seulement connues par ceux qui dirigeaient ce dossier au plus haut niveau de l’Etat, cet avion aurait été remplacé au moment de sa livraison par le fameux avion Albatros. Si la majorité des Camerounais reconnaissent en cela une affaire foireuse, comment pour une question aussi sensible qui a créé une hantise au Président et à sa famille, on n’arrive pas après 6 ans à établir les responsabilités des uns et des autres et de condamner définitivement les coupables comme on l’a fait pour d’autres dossiers. Comment les gestionnaires en charge de ce dossier expliquent-ils les retraits de passeport à grand renfort médiatique sans qu’aucune issue ne soit donnée après et qu’on se plait à parler assez souvent de rebondissement? Si nul n’est au dessus de la loi et que chaque citoyen passible de détournement de dernier public devrait rendre compte, il reste que l’Etat a la responsabilité de gérer des dossiers avec intégrité et célérité pour assurer la prospérité du pays. M. Yves Fotso est parmi les principaux hommes d’affaire de notre pays et le condamner s’il était coupable (faudra bien le prouver) ou le disculper définitivement pour vaquer de façon libre à ses occupations serait bénéfique pour notre Pays qui a plus que jamais besoin des initiatives privées pour sa relance. L’Etat a en outre la mission de garantir l’épanouissement et la prospérité de ses citoyens et du Pays. Comment peut-on expliquer la relance de ce dossier au moment des grandes échéances pour la restructuration de la CBC et où le groupe Fotso est entrain de marquer des pas importants dans la mondialisation de la finance au Cameroun ? Qui paierait les frais des impacts psychologiques et des conséquences financières pour son groupe si sa culpabilité n’était pas en fin de compte établie ?

Classement mondial Cameroun pour la corruption

Avec l’opération épervier et le programme de lutte contre la corruption entrepris depuis quelques années par le gouvernement Camerounais, on se serait attendu à un recul de l’indice de pauvreté au Cameroun. Avec une gestion des dossiers avec manque d’intégrité comme c’est encore le cas, il n’est pas étonnant que le classement Transparancy International de l’année 2010 positionne encore le Cameroun parmi les derniers en Afrique avec un indice de 2,3.

Développement du Cameroun

Le développement du Cameroun doit passer par l’assainissement de l’environnement des affaires à travers une lutte véritable contre la corruption avec une volonté réelle et une plus grande intégrité, au delà de la création des institutions. Ainsi, nous devons apprendre dans notre pays de faire la promotion de bons exemples plutôt que de les martyriser pour que chaque fils de ce Pays grandisse avec des idées qu’avec des efforts honnêtes, on peut arriver à la prospérité.

Adrien Djomo

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