01/12/2010 05:01:23
Le corps du colonel Abraham Avi Sivan a été rapatrié Tel-Aviv
Considéré comme l’ultime verrou sécuritaire pour atteindre le Président Paul Biya, l’ancien officier des forces spéciales israéliennes avait fait l’objet, avant le crash du 22 novembre 2010, d’au moins deux attentats, affirme-ton.
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Après une demande officielle faite à cet effet au chef de l’Etat camerounais, Paul Biya, dès le décès, le 22 novembre 2010, du colonel israélien Abraham Avi Sivan, une mission spéciale israélienne s’est déportée à Yaoundé par un vol spécial la semaine dernière pour récupérer la dépouille mortelle de l’ancien patron du Bataillon d’intervention Rapide (BIR) et de la Garde Présidentielle (GP).

Une levée de corps suivie d’honneurs militaires à l’Hôpital général de Yaoundé (Hgy) ont précédé le transfert à Tel-Aviv du corps de l’ancien officier des forces spéciales de Tsahal (l’armée israélienne), en présence d’une poignée d’homologues, de diplomates et d’officiels venus d’Israël.

C’est le journal israélien Haaretz qui avait annoncé l’intention de l’État hébreu d’enterrer en terre d’Israël le puissant conseiller technique du Palais. Car nonobstant ses relents de noceur invétéré à la sauce bantoue, Abraham Avi Sivan n’était pas n’importe qui en Israël.

D’après Haaretz, le protecteur des Palais présidentiels était l’un des fondateurs de Duvdevan (en français, la cerise), une unité des forces spéciales des plus prestigieuses de Tsahal, particulièrement connue pour ses opérations spéciales contre les militants palestiniens - les soldats de Duvdevan conduisent des véhicules civils modifiés et portent des vêtements arabes en déguisement ; la devise de cette unité armée en dit d’ailleurs si long : « c'est par la ruse que vous mènerez la guerre »...

En relation d’affaires avec un certain Sami Meyuhas, marchand d’armes israélien qui avait conservé, jusqu’à il y a dix ans, l’exclusivité de l’exportation de matériel de guerre israélien, Avi Sivan s’est enrichi par la fourniture, à coups de milliards de francs Cfa, du matériel de guerre de grande vélocité aux unités de la présidence camerounaise – grâce à des autorisations françaises (!) -, en l’occurrence des fusils d’assaut de marque Galil, des pistolets mitrailleurs Uzzi, des mitrailleuses Imi, etc.,

Version africaine de Duvdevan. La dépouille mortelle du colonel Avi Sivan n’ayant pas été retrouvée immédiatement sur les lieux du crash de l’hélicoptère transportant l’équipée, des stratèges ont spéculé sur l’hypothèse d’une « opération spéciale de retrait de l’ancien officier de Tsahal dans le cercle d’un chef d’État africain désormais gênant, parce que manifestement fragilisé, et dont la succession fait déjà l’objet de projets géostratégiques ». Cette hypothèse a d’autant été alimentée par une transaction sépulcrale d’État à État à Yaoundé sur un cercueil, et dont peu peuvent rendre compte du vrai contenu. Cette hypothèse, bien que cohérente, n’est pas évidente à confirmer.

Il n’empêche. La disparition du requin des forces spéciales israéliennes a provoqué une vraie panique au Palais. Le bref report de la commémoration du cinquantenaire des forces armées, initialement prévue du 29 au 30 novembre 2010 à Bamenda, aurait été déterminé, pour une large part, par le retrait du « colonel » du casting sécuritaire.

Le chef de l’État avait besoin que les « lieutenants » de l’Israélien le rassurent sur leur capacité à assurer la continuité du service. Mais malin est qui, aujourd’hui, serait capable de prédire, après Bamenda, l’avenir de cet entourage sans son kabbaliste principal!

Le colonel Avi Sivan avait tenté de reproduire une version africaine du Duvdevan à Yaoundé. C’est-à-dire, une unité capable de produire « ses propres renseignement, soutien, sauvetage, équipes médicales, extraction, tireurs embusqués, démolitions ; une unité capable d’exécuter des arrestations à haut risque, des raids, assassinats ciblés, des enlèvements et une gamme d'autres opérations de guerre urbaines ».

Business plan à l’appui, il eut l’ambition d’en faire une véritable pieuvre surarmée, suréquipée et au dessus de l’État de droit dans la périphérie des forces de défense, allant jusqu’à suggérer entre autres la surveillance des quelques milliers de kilomètres de frontières du Cameroun avec les pays limitrophes.

Des stratégies concurrentes s’opposèrent à ce projet coûteux. Qui avait néanmoins la bienveillance d’un « chef » auto-destiné à un règne à vie à la Bongo Ondimba. Et Avi Sivan n’échappa guère à moins de deux attentats, fomentés du sein même du système Biya, de sources exclusives.

La logique la plus élémentaire veut simplement que si lui, le dernier verrou vers Paul Biya, a été victime d’attentats, cela implique au minimum une hypothèse : il y existe une suite au scénario...

Jean Marc Soboth

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