01/12/2010 14:48:46
Côte d'Ivoire : La CEI otage des contestations
L’opposition et le pouvoir ivoiriens handicapent sérieusement la Commission Electorale Indépendante (CEI) avec leurs accusations mutuelles de « fraude » et autres contestations à propos du second tour du scrutin présidentiel dont les résultats ne sont toujours pas disponibles, en dépit des deux rendez-vous (manqués) que la commission a donnés en vue de proclamer le verdict des urnes.
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1.500 ex-rebelles replient de la zone gouvernementale

Le porte-parole de la Commission Electorale Indépendante (CEI) Bamba Yacouba n’a pu livrer mardi soir les résultats provisoires mais partiels du second tour de l’élection présidentielle organisé le dimanche 28 novembre 2010.

M. Bamba Yacouba en a été empêché physiquement par deux représentants de La majorité présidentielle du président sortant Laurent Gbagbo, ils sont des commissaires membres de la commission centrale de l’institution.

Ces messieurs visiblement en colère ont tout simplement déchiré les fiches de résultats que tenait le porte-parole, au motif que « les commissaires de la CEI ne sont pas informés (du contenu des documents) » et que « les procédures et mode opératoire (de délibération) n’ont pas été respectés ».

Ils dénoncent « un hold-up électoral » que la CEI orchestre selon eux derrière la « forfaiture » de M. Bamba Yacouba, qu’ils accusent aussi d’avoir proclamé lundi des résultats partiels « non consolidés » ou non consensuels de 16 pays où vit la diaspora ivoirienne.

Ces faits se sont déroulés sous les yeux de nombreux journalistes de la presse nationale et internationale que le porte-parole a pris à témoin de l’attitude de ses collègues en regrettant en ces termes : « vous voyez bien que des commissaires sont venus déchirer des résultats ».

L’infortuné porte-parole s’est défendu, disant que « les résultats (qu’il s’apprêtait) à annoncer sont des résultats qui ont bel et bien été consolidés et validés »

Cette scène digne d’un jeu puéril est tout simplement l’atmosphère extériorisée qui enveloppe depuis dimanche soir la salle de délibération de la CEI d’où des éclats de voix ont maintes fois fusé, attestant l’hypothèse que l’institution éprouve de réelles difficultés à proclamer les résultats provisoires.

De sources dignes de foi, le président de cette institution a consulté « au moins deux fois » dans la seule matinée de mardi, le chef du gouvernement qui lui est le maître d’ouvrage du processus électoral au regard de l’Accord Politique de Ouagadougou.

Deux jours entiers se sont donc écoulés sans que la commission électorale « seule habilitée » à proclamer les résultats électoraux provisoires et majoritairement tenue par l’opposition du Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la paix (RHDP) n’ait été en mesure d’annoncer le verdict des urnes.

Cet état des choses fait forcément planer un danger sur la validité des résultats, car la loi électorale n’accordant que « soixante douze heures » soit trois jours à la CEI pour proclamer ces données en questions et au décompte il ne reste plus qu’un seul jour, ce mercredi, pour faire un passage en force.

Youssouf Bakayoko parviendra-t-il à opérer cette surprise astreint qu’il à faire une déclaration officielle médiatisée à laquelle vont inévitablement prendre part ses collaborateurs réfractaires aux chiffres qu’ils disent controversés.

Là est l’équation que doit absolument résoudre ce jour même avant minuit le maître d’œuvre du processus électoral, au risque que demain jeudi le Conseil Constitutionnel ne s’empresse légitiment de constater l’incapacité de la CEI à assumer son devoir et à prendre acte de l’absence de résultats provisoires passé le délai légal de soixante douze.

S’il n’y a pas encore péril en la demeure selon le certificateur onusien, Young Jin CHOI, Représentant spécial du Secrétaire Général des Nations Unies, selon lequel des incidents sont « localisés », contrairement d’ailleurs aux « faits graves d’empêchements de vote, de séquestration de militants » que dénonce LMP et RHDP, force est de craindre l’invalidation de droit du second tour du scrutin par le Conseil Constitutionnel.

Or, LMP et RHDP sont pleinement conscients que la persistance de contestations, la dénonciation de « nombreuses irrégularités » par des observateurs africains dont l’ancien premier ministre togolais Joseph Koffigo et la réalité d’un pays sommairement réunifié confortent le Conseil Constitutionnel à invalider une élection à conflits.

Voir les photos de l’altercation mardi à la Commission électorale (CEI)

Photos : Damana Adia Pickass , représentant de Laurent Gbagbo, arrache la feuille de résultats partiels de l’élection présidentielle enCôte d’Ivoire des mains du porte-parole de la Commission électorale, le 30 novembre 2010 à Abidjan © AP via Abidjan.net

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