08/12/2010 18:27:15
Hommage du président Biya son armée
Entre promesses et appels à la reconnaissance, le chef de l’Etat camerounais a rassuré les forces armées camerounaise à Bamenda
Journal du Cameroun
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Un fort hommage rendu aux militaires
Le président Paul Biya du Cameroun est actuellement à Bamenda dans la région du Nord ouest, où il célèbre avec l’armée, le cinquantenaire de son existence. Si cette présence prend une portée particulière, c’est parce que depuis 26 ans qu’il l’avait quittée lors de la création du RDPC (Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais) en 1984, le chef de l’Etat camerounais ne s’était plus rendu dans cette région, qui est devenu entre temps le fief d’un des plus puissants partis d’opposition de ces 20 dernières années, le Social Democratic Front (SDF) de John Fru Ndi. La présence de Paul Biya et de l’armée dans cette ville est donc tout un symbole, qui marque une petite victoire de l’institutionnel sur la volonté populaire. Le président a tenu à rendre hommage à l’ensemble des forces armées camerounaises

"L’histoire et les générations futures retiendront que l’armée camerounaise a toujours été loyaliste et républicaine. Chaque fois que les circonstances l’ont exigé, elle a fait son travail, tout son travail et rien que son travail (...) J’exprime ma sympathie aux soldats blessés et salue la mémoire de ceux qui sont morts sur le champ de bataille. Je puis garantir à leurs familles que leurs sacrifices ne seront jamais oubliés." PAul Biya

A côté de ces hommages, le président de la république à annoncé une série de changements qui devront intervenir dans le corps des forces des défenses camerounaises. Sur le plan de la gestion des carrières, le quatrième grade de Capitaine et de Lieutenant de vaisseau (pour la marine), sera désormais supprimé, pour permettre un passage de grade plus facile. Une mutuelle des militaires sera créée afin de permettre une meilleure assurance maladie au profit des soldats. Le président Biya a aussi fait savoir qu’il avait instruit au ministre de la défense de finaliser des « négociations », avec le Crédit Foncier, pour que des logements soient rapidement construits pour l’habitation des officiers soldats, et que des militaires puissent accéder aisément à la propriétaire immobilière.

Les anciens combattants entendus
Deux promesses du chef de l’Etat à l’endroit des forces armées retiennent l’attention. Le président Biya a annoncé la création d’un secrétariat d’Etat aux anciens combattants. Une victoire pour ces anciens soldats et victimes de guerre du Cameroun, qui jusqu’ici étaient gérés dans le cadre d’un Office (ONACAM) sous tutelle administrative du ministère de la défense. Une petite victoire aussi pour le Colonel Alfred Fuller, actuel Directeur Général de l’ONACAM. Ce dernier a toujours milité pour une gestion plus autonome de la situation des anciens combattants. Un autre aspect important de l’intervention du président Biya aura été l’annonce de l’harmonisation des âges de départ à la retraite. Une réelle épine dans le pied de l’ensemble des ministres de la défense. Cependant, le président n’a pas clairement indiqué dans quel sens devrait se faire l’harmonisation, et si cette harmonisation concernait aussi le corps des généraux.

Le chef de l’Etat a aussi confirmé la création de la croix du mérite camerounais à l’endroit des militaires les plus méritants. Plusieurs des membres de ce corps l’ont reçu ce jour soit à titre effectif, soit à titre posthume. Le discours du président de la république sera cependant diversement apprécié. De nombreuses voix se sont souvent soulevées pour critiquer le rôle des forces armées dans les années 1992, alors que l’opposition renaissait avec force au cameroun. La mort de nombreux civils à Bamenda durant cette époque comme partout au Cameroun, est souvent attribuée à l’action des forces armées envoyées pour gérer la situation. Aucune enquête n’a jamais pu démontrer cette implication directe.

Cependant, les partisans d’un cameroun anglophone libre pourraient y trouver un argument sérieux de critique. De même, le président Biya a soigneusement évité de parler de l’armée d’avant son accession à la magistrature suprême, et du rôle que celle-ci a joué dans la répression du maquis, avec son lot, on le découvre aujourd’hui, d’atteintes aux droits de l’homme. La célébration à la place des fêtes de Bamenda s’est achevée par un défilé militaire, la remise des cadeaux au président de la république et à son épouse et le partage d’un vin d’honneur.

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