13/12/2010 04:34:27
Côte d'Ivoire: les camps se durcissent
Le camp du président sortant ivoirien Laurent Gbagbo a accusé dimanche les pays occidentaux qui ont reconnu l'élection d'Alassane Ouattara de semer la division au sein de l'armée. Ce dernier a pour sa part annoncé qu'il n'accepterait de discuter avec son rival que si celui-ci reconnaissait sa défaite.
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"Depuis plusieurs jours, des membres des services diplomatiques civils et militaires occidentaux à Abidjan essaient de prendre contact discrètement avec des officiers de l'armée nationale", a déclaré à la télévision le ministre de l'Intérieur du gouvernement Gbagbo, Emile Guirieoulou. "L'objectif est de trouver des soldats et des policiers, de les inciter à déclarer leur soutien à Alassane Ouattara (...) et de les embarquer dans un projet de déstabilisation et de fragmentation de la paix et de la cohésion sociale", a-t-il dit.

Le ministre français de la Coopération, Henri de Raincourt, a repoussé ces attaques. "Il n'y a pas d'ingérence, il n'y aura pas d'ingérence. Ca ne correspond pas à la vision de la politique de la France sur ce continent", a-t-il déclaré à des journalistes à Bobo Dioulasso, capitale économique du Burkina Faso.

Alassane Ouattara a pour sa part réclamé que son rival concède sa défaite avant toute reprise de dialogue. "Nous n'avons jamais été contre le dialogue mais il faut commencer par la reconnaissance d'Alassane Ouattara comme président", a déclaré Patrick Achi, porte-parole du gouvernement d'Ouattara installé dans l'Hôtel du Golf, protégé par des casques bleus de l'Onu.

L'armée, un enjeu important

Laurent Gbagbo contrôle la télévision publique et l'armée lui a prêté allégeance. L'armée régulière se trouve en effet au centre de l'épreuve de force entre Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara.

Les chefs de l'armée loyaliste - qui ne contrôle que le sud du pays depuis qu'une rébellion, baptisée plus tard Forces nouvelles (FN), a pris le Nord après son coup d'Etat manqué de 2002 contre Laurent Gbagbo - ont rapidement fait allégeance au président sortant dans cette nouvelle crise.

Mais dans son ensemble l'armée est "aussi divisée que les politiciens", souligne un journaliste sous couvert d'anonymat. Conscient de cette "fracture" au sein de la "Grande muette", Alassane Ouattara s'emploie à faire basculer dans son camp certains officiers.

Pour la première fois jeudi, son premier ministre et chef des FN, Guillaume Soro, a appelé l'armée, composée officiellement de 18'000 hommes, à se placer sous l'autorité d'Alassane Ouattara.

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