21/12/2010 04:10:00
Pour que les Américains visitent le Cameroun
Le nouvel ambassadeur des Etats-Unis au Cameroun, Robert P. Jackson fait le tour des officiels du pays. La semaine derrière, il a été au ministère du Tourisme où il a rencontré le ministre Baba Hamadou.
Le Messager
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Il était question pour le chef de la mission diplomatique américaine à Yaoundé de prendre connaissance des projets du gouvernement sur le tourisme et de voir ce qui peut-être fait pour attirer le plus grand nombre de ses compatriotes au Cameroun. Il s’agit, pour ce faire, de mener une bonne campagne d’information, promouvoir la destination Cameroun aux Etats-Unis, notamment les sites susceptibles d’aguicher les potentiels visiteurs. Il s’agit aussi d’alléger les procédures d’obtention du visa d’entrée au Cameroun.

Il faut dire que le Cameroun est un pays béni de Dieu. Le Cameroun n’a rien à envier aux destinations touristiques les plus réputées du continent à l’instar du Kénya, du Sénégal, du Mali, de l’Egypte, de la Tunisie, de l’Afrique du Sud, etc. Les richesses touristiques du Cameroun ne demandent qu’à être viabilisées et à faire connaître comme on l’a fait dans les autres pays. Dans le seul estuaire du Wouri les îles de Manoka, Cap-Cameroun et Suellaba sont abandonnées aux pêcheurs étrangers avec des vestiges du passé colonial qui ne demandaient qu’à être restaurés et entretenus. Manoka qui a été jusqu’en 1970 un pôle du commerce du bois, a encore les restes d’un chemin de fer complément rouillé de nos jours.

A Bimbia, dans le Sud-Ouest, à Bonamatoumbè (Douala IV), et sans doute ailleurs, les routes des esclaves disparaissent sous l’effet corrosif temps. On les ignore parce que l’éco-tourisme ne fait pas partie des préoccupations du gouvernement. Si oui, quels sont les sites viables vendus à l’étranger comme à l’intérieur ? Les rivages camerounais de l’Atlantique de Kribi à Campo, à Yoyo (Mouanko) et à Limbé sont peu ou prou aménagés. Seuls les hôtels et les restaurants sont « tenus à l’œil » parce que à tout moment et si souvent les fonctionnaires du ministère du Tourisme peuvent y effectuer des raids d’armaque sous le couvert des contrôles administratifs.

Même les parcs nationaux du grand Nord, les mieux vendus il y a un peu plus de 20 ans, la sont de moins en moins. Le tourisme camerounais est aussi particulièrement desservi par une infrastructure routière lamentable. Les routes Douala-Yaoundé, Douala-Nkongsamba-Bafoussam-Bamenda, et Yaoundé-Bafoussam-Bamenda sont étroites et  mal tracées. Elles ont toutes les trois la particularité de ne pas être éclairées de nuit. Ce qui en fait des théâtres d’accidents mortels. Celles du Nord sont hantées par des bandits de grand chemin appelés à juste titre « coupeurs de routes ».

A ces insuffisances se greffent les tracasseries et l’arnaque de la police et de la gendarmerie le long des routes, voire dans les centres urbains où il n’est pas rare que des touristes soient interpellés uniquement pour des prises de vue. Chaque année à l’occasion de la journée mondiale du tourisme, ces fléaux font l’objet des débats dont les résolutions sont vite enfermées dans les tiroirs. De timides initiatives des opérateurs privés ont du mal à faire tache d’huile. Quand un pays comme le Cameroun a peu de cartes postales et autres objets touristiques il y a de quoi se demander si le gouvernement a des ambitions pour ce secteur. On peut se demander pour rigoler ou pour s’en émouvoir ce qui a été fait pour le tourisme lors du septennat des grandes  ambitions qui s’achève.

Peut-être que l’ambition de l’ambassadeur Robert P. Jackson qui entend promouvoir le tourisme camerounais dans son pays et attirer ici le plus grand nombre de visiteurs américains va secouer le laxisme en vigueur dans ce département ministériel et dans les autres car la promotion du Tourisme interpelle outre le ministère qui en a la charge, ceux de la Culture, des Finances, de l’Economie, de la Défense, des Travaux publics, de l’Artisanat, du Commerce, des Transports, la Délégation générale à la Sûreté nationale etc. On peut comprendre aisément pourquoi ça ne décolle pas car comme on le dit chez nous, plusieurs cuisiniers gâtent la sauce. Mais ailleurs on fait comment ?

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