06/01/2011 03:49:39
Ni John Fru Ndi : la fin d'un mythe
Et voilà le chairman Ni John Fru Ndi. Il est tout aussi aux anges, prêt à serrer la main au chef de l'Etat Paul Biya...
Le Messager
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« Voilà le chairman Ni John Fru Ndi. Il est tout aussi aux anges, prêt à serrer la main au chef de l'Etat Paul Biya. Que les choses ont changé ! Le leader du Sdf au palais d'Etoudi, qui l'eût cru ? Lui qui disait à qui voulait l'entendre qu'il n'entrerait au Palais d'Etoudi qu'après avoir délogé Paul Biya ». Dans une buvette à la montée Ane rouge, il a suffi que s'exclame ainsi Atangana Fidèle, une bonne bouteille de bière à la main, presque seul attentionné devant le petit écran, à regarder la retransmission en direct de la cérémonie de présentation des vœux au chef de l'Etat, Paul Biya, pour que tout le monde s'accroche à la télé, pour « vivre le miracle ». De Yaoundé à Garoua en passant par Kribi, Douala, Bafoussam, Bamenda, Foumban, Ngaoundéré..., partout où se trouvent les hauts lieux de la souffrance et la perdition, on a vu le chairman Ni John Fru Ndi à la télé. Habillé non plus en costume sombre comme le 10 décembre 2010, lorsque, à la faveur de la célébration des cinquante ans de l'armée camerounaise, il a été reçu par le chef de l'Etat Paul Biya à Bamenda. Mais cette fois-ci, plutôt vêtu d'une tenue traditionnelle d'apparat, le leader du Social democratic front (Sdf), qui des sources dignes de foi, a plusieurs fois décliné l'invitation de Paul Biya à Etoudi, est allé présenter les vœux et faire acte d'allégeance au locataire d'Etoudi, après près de deux décennies de radicalisme. Ni John Fru Ndi  n'a pas fait que saluer Paul Biya, il s'est évanoui dans les salons feutrés d'Etoudi, souriant sans cesse, et échangeant avec tous les autres convives de Paul Biya. En le voyant tout aise, on aurait pensé qu'en même temps qu'il découvrait le palais d'Etoudi, il se voyait happé par les émotions d'y séjourner comme président de la République.

Avec un peu de recul, doit-on penser ou croire qu'il a suffi que Paul Biya rencontre le leader du Sdf pour que certaines de ses « nobles » ambitions et son radicalisme d'antan face à la gestion de Paul Biya qu'il a toujours décriée, s'effondrent comme un château de cartes ? Ni John Fru Ndi a-t-il compris sur le tard que la loi des extrêmes est un leurre, une simple vue de l'esprit qui a jusqu'ici ouvert un boulevard politique au chef de l'Etat Paul Biya et président national du Rdpc, au détriment de sa formation politique ? En répondant à l'invitation de Paul Biya au palais d'Etoudi, Ni John Fru Ndi  découvre à ses dépends, une sagesse bien connue, qui nous renseigne qu'il est imprudent de dire : « fontaine, je ne boirai jamais de ton eau ». Que de temps perdu ! Quel gâchis en termes d'énergie ! « Nous avons perdu 20 ans pour rien. Si Ni John Fru Ndi avait mis de l'eau dans son vin en acceptant faire des concessions avec le régime en place, il y a longtemps que se seraient dissiper la morosité et le mauvais vent politique qui ont contribué à pourrir ce pays. Et les conditions de vie des populations s'en seraient trouvées améliorées » s'indigne Matip Grégoire.

A quelques mois du prochain scrutin présidentiel, le Sdf fait-il alliance (enfin) avec le régime du parti au pouvoir, dans son désir d'éterniser le président Paul Biya (qui dirige le Cameroun depuis le 6 novembre 1982) à la tête de l'Etat ? Ni John Fru Ndi  tente-t-il ainsi d'accompagner le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), dans sa volonté de  stériliser la vie politique à sa taille, lorsqu'on sait que toutes les stratégies mises en place restent personnelles ou partisanes dans le sens où, elles prennent le pas sur les lois de la République ? Qu'en est-il de la bataille du Sdf pour la légitimité et la crédibilité de Elections Cameroun (Elecam), l'organe chargé d'organiser et d'animer le processus électoral ? Après avoir snobé ses adversaires politiques à travers une mésintelligence qui lui a permis de remettre en cause l'immuabilité de la constitution et la limitation des mandats présidentiels, Paul Biya s'offre au souper le chairman Ni John Fru Ndi . Que voulez-vous, les plus forts ont aussi leurs moments de faiblesse. Mêmes les durs épurent...

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