10/01/2011 04:44:02
Car Podium : Panique dans les rangs d'Ama Tutu Muna
Le ministère de la Culture recherche désespérément une somme de 100 millions, pour remettre sur pied l'instrument de campagne acheté à 300 millions, en vue d'une éventuelle participation au rendez-vous du monde rural à Ebolowa.
Le Messager
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L'état de santé du car podium, dernière gâterie de la ministre de la Culture Ama Tutu Muna est chancelant. L'imposante automobile dont l'achat a coûté une faramineuse somme de trois centaines de millions, débloquée des fonds publics et des collectes des impôts des Camerounais est presque une épave, abandonnée en pièces détachées dans un coin de l'esplanade de ce qui tient lieu du musée national (l'ancien palais présidentiel) à Yaoundé. Après une première (et unique sortie ?) à l'occasion des festivités marquant la célébration  du cinquantenaire des armées dans la ville de Bamenda, le véhicule à multiples usages a perdu sa voiture au cours d'une randonnée à Bangangté, à l'Ouest du pays. Des restes de l'engin plus que l'espace de scène de 100 mètres carrés, subdivisé en trois plateaux amovibles pour les concerts de musiques, les représentations théâtrales et les projections cinématographiques. A première vue, il ne reste de cette curieuse voiture que les deux loges et la cabine technique pour les différentes modulations des lumières.

L'objet du délire qui a coûté une faramineuse somme de 300 millions de Fcfa n'est plus à même, en son état actuel, de permettre le moindre déploiement. Ne dit-on pas que quand la tête est grippée, c'est tout le corps qui s'enrhume. En l'absence de la locomotive, il est difficile pour ledit véhicule d'activer ses fonctionnalités, à l'instar du groupe électrogène et de l'équipement permettant de recevoir une ligne Télécom, un émetteur Fm radio, une provision en écran géant. Après le report du comice agropastoral d'Ebolowa pour le mois de janvier 2011, dans les rangs d'Ama Tutu Muna, on avait logiquement pensé que le sursis pouvait permettre de remettre le car podium sur pied, en vue de sa participation au comice agropastoral pressentie comme la 2ème destination « tape à l'œil » de la mascotte « électorale et propagandiste » pour flatter le chef de l'Etat Paul Biya. Mais depuis le communiqué de la présidence de la République annonçant la tenue du rendez-vous du monde paysan du 17 au 22 janvier prochain, la sérénité n'est plus de mise chez les plus proches collaborateurs de la ministre de la Culture. Le désenchantement est profond et affligeant. A moins d'un miracle, le déplacement du car podium pour la ville d'Ebolowa est hypothétique. « Il semble même impossible, d'autant qu'on est à la recherche d'une solution alternative, comme de la construction d'un podium ordinaire en vue des animations culturelles », confie un haut cadre du ministère de la Culture. 

 100 millions pour sauver la face

Des sources dignes de foi affirment que le car podium ou ce qui désormais en tient lieu, n'est jamais revenu en entier. La voiture (tête) avait été abandonnée en chemin. « Fortement endommagée, cette pièce centrale de l'engin était irrécupérable et non fonctionnelle. Ce qui explique son abandon dans un garage » commente un agent en service au musée national. Et d'ajouter que la seule solution qui restait au ministre, était de trouver une somme de 100 millions pour passer la commande d'une nouvelle tête en Chine. Acheté à coût de plusieurs millions et présenté à grand renfort de publicité aux médias, le véhicule que la ministre Ama Tutu Muna a présenté comme une commande spéciale du chef de l'Etat, Paul Biya, n'a pas donné les services à la mesure des attentes. Il a existé le temps de la célébration du cinquantenaire des armées à Bamenda et puis, plus rien. Trois centaines de millions prélevés dans les poches du contribuable sont allés en fumée. Si l'on s'en tient aux priorités et diverses interpellations qui dorment dans les coffres de la ministre de la Culture, on aura du mal à comprendre ce qui a bien pu motiver l'acquisition d'un tel engin. Sauf à penser que la gabegie qui donne les vertiges n'est rien d'autre que l'aspect visible de l'ostentation et du niveau d'accaparement des biens publics en pays sous dévéloppé.

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