12/01/2011 02:50:45
Paul Ayah: " Des groupes de voyous usent de faux dans le Rdpc"
Quelques jours après sa "fracassante" démission du Rdpc, l'honorable Ayah Paul Abine s'est mis au travail. Son Q.g. de Buea ne désemplit pas. L'Etat major est en place pour préparer le lancement de sa campagne électorale.
Le Messager
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Jusqu'à hier tard dans la nuit, nous avons eu du mal à nous entretenir avec lui. L'homme qui a pris ses libertés avec le parti au pouvoir sait qu'il sera attendu au tournant, surtout par ses compatriotes cadres du parti, membres du gouvernement et assimilés de la Manyu division, au nombre desquels Agbor Tabi, qui entendent désamorcer la bombe Ayah Paul Abine dans le Sud-ouest. Nous l'avons rencontré afin de faire le point sur sa démission qui somme toute est considérée comme inédite.

Honorable, vous avez écrit au président national du Rdpc pour lui annoncer votre démission du parti. Qu'est ce qui fonde exactement votre acte ?

  Des projets de ma circonscription prévus dans le budget d'investissement public sont bloqués, quelques-uns depuis huit ans. Depuis 2007, je ne suis plus membre d'aucune association nationale ou internationale de la diplomatie parlementaire: en fait, je n'ai pris part, même à un séminaire interne à l'Assemblée nationale. Le président  m'a ôté le droit de prendre part aux débats à l‘Assemblée depuis près de deux ans. Des groupes de voyous dans la hiérarchie du parti ont fait usage du faux pour s'opposer à ma candidature, contrairement  à la loi et au bon sens avec impunité. Il est fort probable que la hiérarchie du parti s'abstient à organiser un congrès ordinaire pour que je puisse présenter ma candidature au poste du président national du parti et logiquement le candidat du parti à la présidentielle de 2011…


Officiellement soixante-dix élites de votre circonscription administrative se sont, par écrit, désolidarisés de votre comportement « antiparti » et réaffirmé leur soutien indéfectible à Paul Biya. Ne vous sentez-vous pas marginalisé face à la toute puissante machine du Rdpc ? Quelle a été la réaction de vos camarades au niveau de votre base?

C'était une joie incalculable! On dirait qu'ils attendaient ma démission depuis fort longtemps. Que d'appels téléphoniques! Que de messages, de lettres, de commentaires sur Facebook! Le Rdpc n'a pas de machine puissante. Si nous avons une élection libre et transparente, le Rdpc ne pourra pas m'égaler. J'en suis sûr.

 

Pour garder une certaine éthique n'était-il pas aussi nécessaire de démissionner de votre siège au Parlement  pour notamment rendre au Rdpc son investiture? Techniquement êtes-vous toujours député du Rdpc ?

L'éthique ne se limite pas à moi ! Lors de la dernière législature, Honorable Ngwasiri a démissionné du Sdf. Il est resté à l'Assemblée jusqu'au terme de la législature. Ceci conformément aux dispositions constitutionnelles qui stipulent qu'on est député de la nation après l'élection. La Constitution dispose également que le mandat impératif est interdit. Je ne peux pas aller à l'encontre des dispositions expresses de la Constitution alors même que je suis magistrat de carrière instruit à appliquer la loi. Je sais qu'il y a une loi qui dispose qu'on perd son siège à l'Assemblée si l'on démissionne de son parti. Mais ladite loi est anticonstitutionnelle, et par conséquent inapplicable.

Maintenant si le Rdpc décidait de tout mettre en œuvre pour retirer votre mandat et le donner à votre suppléant que feriez-vous?

Il ne peut pas le faire étant donné que c'est un parti de démocratie avancée. Mais s'il advenait qu'il viole une fois de plus la constitution, des nouvelles données entraîneraient de nouvelles mesures conséquentes.

Comme candidat indépendant à la prochaine présidentielle, comment comptez-vous obtenir les signatures requises à cet effet ? Sinon sous la bannière de quel parti allez-vous vous présenter?

Il n'y a que le Cameroun qui dévoile sa stratégie avant le combat. Mais moi, je fais exception. Vous le verrez vous-même le moment venu. Je n'ai dit à personne que je serai candidat indépendant. Je suis en train d'examiner les options qui me sont ouvertes. Le moment propice venu, je prendrais la position idéale.

Faire une campagne électorale, cela coûte cher, ne serait-ce que pour aller vers les électeurs sur toute l'étendue du territoire. Avez-vous des soutiens qu'il faut et pour quelle idéologie politique et quel programme?

Je n'ai pas d'argent. Mais que vous croyez au miracle ou non, vous verrez le moment venu. Il semblerait qu'Obama n'était pas mieux nanti que moi au début de sa campagne. Quant à mon idéologie et programme politiques, je vous renvoie à « Ma Vision d'un Cameroun Nouveau » sur mon Facebook et sur mon site – www.ayahpaul.net.
 
Qu'est ce que l'honorable Paul Ayah voudrait exactement apporter au Cameroun s'il devient président de la République?

Réconciliation nationale; reconnaissance des héros nationaux avec Ahmadou Ahidjo en tête; une fédération de dix états; des gouverneurs élus; moins de gaspillages des ressources publiques; répartition équitable des ressources nationales; bilinguisme absolu; égalité des sexes; emploi des jeunes; reconnaissance et participation de la diaspora comme le onzième Etat; agriculture subventionnée et mécanisée; patriotisme accentuée; lutte acharnée contre la corruption...

Vous avez critiqué, il y a quelques jours, le discours de nouvel an du chef de l'Etat Paul Biya, qui est aussi le président du Rdpc. Que lui reprochez-vous ?

Gaspillages des ressources de l'Etat. Des promesses, des promesses et des promesses  non tenues. L'abandon de la jeunesse. L'inertie. La corruption bien répandue...
 
Ayah Paul Abine est entré à l'Assemblée nationale du Cameroun en août 2002. Huit ans  après vous rendez votre tablier. Il a fallu du temps pour vous rendre compte de ce que vous dénoncez aujourd'hui ?

Pendant tout le temps que je suis à l'Assemblée, je n'ai jamais cessé de critiquer les anomalies. Je me disais toujours qu'il n'est jamais trop tard d'obtenir un changement. Mais comme vous le savez,  Dieu le tout puissant était arrivé à  bout de  patience avec Lucifer.

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