20/01/2011 04:35:28
Cameroun : base arrière de la rébellion Centrafricaine
Selon le consul de la République centrafricaine, trois mille ressortissants centrafricains vivant au Cameroun sont membres de la rébellion contre le pouvoir de Bangui. Leur objectif : détruire la Centrafrique à partir du Cameroun.
Le Messager
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Peur sur le déroulement des élections centrafricaines à Douala

Les membres du Front pour la démocratie du peuple centrafricain (Fdpc) et ceux du Mouvement pour la libération du peuple centrafricain (Mlpc) entendent nuire au scrutin s'ils n'y sont pas admis.

La double consultation électorale du 23 janvier 2011 République centrafricaine revêt une importance certaine et suscite de nombreuses tensions chez les ressortissants de ce pays, à travers le monde. A en croire le média en ligne « Le journal de Bangui.com », les ressortissants centrafricains du Ghana, du Sénégal, de la Chine et des Etats-Unis d'Amérique manquent de mots pour exprimer leur mécontentement face à "oubli par de la commission électorale indépendante ". Selon cette source, de nombreux Centrafricains à travers le monde  estiment qu'« aucune disposition électorale » n'a été prise au niveau de ces pays pour permettre aux Centrafricains de voter. Une onde de désapprobation qui gagne les Centrafricains résidant au Cameroun.

C'est à travers les colonnes de l'agence chinoise de presse que l'ambassadeur de Centrafrique au Cameroun enclenche la sonnette d'alarme. Son Excellence Louis Oguéré-Ngaïkoumon laisse entendre que les tensions perceptibles au sein de la communauté centrafricaine du Cameroun datent des remous provoqués par l'organisation même de la double consultation présidentielle et législative prévue le 23 janvier prochain. « Je puis vous assurer que c'est suite à cette organisation, dont l'inscription sur les listes électorales, qu'il y a eu les évènements de Douala (en novembre 2010). » Des évènements qui ont provoqué le décès d'un ressortissant centrafricain à Douala.

La tension est de nouveau à son comble au sein de la communauté centrafricaine de Douala. Les membres et sympathisants du Mouvement pour la libération du peuple centrafricain (Mlpc) entendent peser de leurs poids pour faire avorter le vote des ressortissants centrafricains à Douala. Selon des sources proches de ce parti politique, « il est inadmissible que nous soyons exclus du vote pour notre appartenance ou notre sympathie pour un parti politique autre que celui de François Bozizé (Photo). » Ainsi pas moins de trois mille ressortissants sont exclus du processus. Selon cette source ayant requis l'anonymat « les autorités consulaires de la Centrafrique au Cameroun usent de subterfuges pour exclure près de trois mille ressortissants centrafricains du vote. » Une version que ne partage pas le consul de la Centrafrique à Douala. Selon les statistiques de la commission électorale indépendante (Cei) de la République centrafricaine, 496 Centrafricains ont participé à l'élection centrafricaine de 2005 à partir du Cameroun.

Marie Louis Denis  Magnonde affirme que lesdits ressortissants seraient des réfugiés sous la responsabilité du Haut-Commissariat pour les réfugiés (Hcr) et ne disposant pas du droit légal de vote. «Cet activisme est la suite de la rébellion de 2004.» La même source précise que les auteurs de cette agitation sont des membres du Mlpc et du Fdpc. « Des partis proches de l'ex-chef de l'Etat Patassé et de Martin Ziguélé. » Précisions de la même source, « en ce qui concerne le Mouvement pour la libération du peuple centrafricain, il s'agit d'une formation politique  qui a refusé de se rendre au dialogue politique et inclusif de Bangui en 2004. » D'autres part, le consul de Centrafrique à Douala stigmatise également le rôle du Front pour la démocratie du peuple centrafricain (Fdpc), un parti actif dans la rébellion au Nord-Est de la capitale Bangui, dans la région de Birao proche de la zone soudanaise du Darfour.

Cameroun : base arrière de la rébellion centrafricaine

Selon le consul de la République centrafricaine, trois mille ressortissants centrafricains vivant au Cameroun sont membres de la rébellion contre le pouvoir de Bangui. Leur objectif : détruire la Centrafrique à partir du Cameroun. Sur la question, le consul de la République centrafricaine à Douala ne s'embarrasse pas de formule diplomatique. Selon Marie Louis Denis Magnonde « 80% de la communauté centrafricaine au Cameroun est issue de la rébellion active dans ce pays. » A en croire cette source, il s'agit des Centrafricains issus de la région de l'ouhan-Tende proche des régions camerounaise de Kenzou et de Garoua Boulaï. Une région acquise au Mouvement de libération du peuple centrafricain (Mplc) réputé être proche de l'ex-président Ange Félix Patassé et de Martin Ziguélé.

Les autorités camerounaises seraient saisies. A Yaoundé comme à Douala, la représentation diplomatique de la Centrafrique affirme avoir saisi le ministère des Relations extérieures et le gouverneur de la région du Littoral. « Nous sommes dans un pays souverain et nous nous remettons aux autorités camerounaise pour trouver une solution à ce problème. » Certes avec quelques retenues, le consul de Centrafrique à Douala laisse entendre que lesdits groupes se seraient organisés et des réunions « secrètes » se tiendraient régulièrement dans les deux capitales.

La mobilisation de la rébellion  centrafricaine au Cameroun ne s'en tient pas au boycott de l'élection du 23 janvier prochain. Les sources diplomatiques de ce pays croient savoir que « leur objectif est de déstabiliser la République centrafricaine à partir du Cameroun. »

La représentation centrafricaine estime à trois mille le nombre de personnes résidant au Cameroun et « soupçonnées » d'entretenir des liens avec la rébellion centrafricaine. Pour l'essentiel, les présumés rebelles auraient une stratégie bien huilée. Officiellement la majorité dépend du Haut-Commissariat pour les réfugiés (Hcr). Mais précise le diplomate, « ils s'arrangent à avoir trois pièces d'identités. » bien que connus de certaines autorités camerounaises, nombre de ressortissants centrafricains vivant au Cameroun possèdent, à la fois, des cartes d'identité de réfugiés délivrées par le Haut-Commissariat pour les réfugiés, celles du Cameroun ainsi que leurs pièces d'identité centrafricaines.

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