21/01/2011 03:24:06
Lettre ouverte Achille Mbembe et Elikiah Mbokolo
Peut-être votre titre de « grand universitaire » pourra nous aider à faire la différence entre la France  qui soutient le petit Faure Gnassingbé, et la France qui sanctionne Le Président Gbagbo !
Le Post
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Chers frères,

C'est avec  un certain étonnement que  nous avons lu la position  de quelques universitaires va-t-en guerre dont vous avez cosigné l'appel ce mardi 18 janvier 2011 sur le site du monde.fr.

Tout d'abord, permettez nous de constater que c'est au mépris du travail de certains émissaires, qui s'engagent en ce moment pour que la Côte d'ivoire ne tombe pas dans les mains des fauves  qui se cachent sous des sigles  aux acronymes insoupçonnés, que vous avez choisi de faire connaître votre position. En ces moments où le peuple de Côte d'Ivoire a besoin que ses frères  le tiennent debout, vous avez jugé bon d'appeler  à la diversion, et à la division. Messieurs les universitaires, notre constat aurait un goût d'inachevé si nous omettons de  relever vos incohérences.

Au-delà de la carence argumentaire, votre parti pris n'est pas moins inattaquable. Quand vous accusez le Président Laurent Gbagbo de ne pas céder aux sirènes de la Communauté Internationale, pouvez-vous nous dire de quelle communauté vous faites mention? Celle qui a béatifié Faure Gnassingbé, Paul Biya, Ali Bongo,  Denis Sassou Nguesso, Kabila,Omar Guelleh… ? La  liste est désespérément longue, vous en conviendrez ! Vous n'êtes pas sans savoir que cette injuste position de la communauté internationale à Abidjan est celle de la France. De grâce, ne nous dites pas que la « Communauté Internationale » est un concept hors-sol, vous qui maîtrisez si bien les minuties académiques. Je m'excuse de vous rappeler que c'est cette même France qui soutenait mordicus Ben Ali  au détriment du peuple Tunisien qui se faisait déchiqueter en direct.

Chers frères, votre position relève presque du militantisme partisan ou d'une analyse volontairement hémiplégique.C'est pourquoi, je voudrais ici me permettre de vous poser quelques questions pour finir : vous parlez en début de votre texte des « résultats certifiés » par l'ONU et la Communauté Internationale, épargnons le bilan bien connu de l'ONU en Haïti. Vous connaissez peut-être  les méthodes de déportation des Africains du régime Sarkozy ! Sans parler des soi-disant ‘‘sans papiers'' qui ont récemment marché de Paris à Nice, pour demander le droit à l'humanité. Une situation que Vous avez certainement oublié. Non ce n'est pas un amalgame,  l'un ne va pas sans l'autre.

Je constate donc que vous avez bien suivi la crise ivoirienne depuis un certain temps.
Messieurs les universitaires, où étiez-vous lorsque la guérilla meurtrière de Guillaume Soro financée par Alassane Dramane Ouattara s'est emparée de la cote d'ivoire ? On ne vous a ni lu ni remarqué pour avoir condamné cette agression monstrueuse.

Messieurs les démocrates, où étiez-vous lorsqu' en novembre 2004, les forces françaises massacraient de jeunes Ivoiriens aux mains nues devant l'hôtel Ivoire ?Personne ne vous  a entendu, sur ce crime non plus. Qu'attendez-vous pour dénoncer Faure Gnassingbé qui s'attable aussi pour parler d'élections en Côte d' Ivoire, alors que sous son fauteuil à Lomé se tapit le sang épais encore tiède de TAVIO AMORIN, et celui de milliers de jeunes Togolais assassinés par le régime Gnassingbé. Ce n'est pas grave au fond me direz vous, "il est reconnu" par la Communauté Internationale et surtout par la France.

Messieurs, aujourd'hui vous apparaissez et vous vous présentez comme les justiciers, les défenseurs des droits de cette même France et de ses alliés qui ont toujours préféré les sanguinaires dociles à la dignité de l'Afrique. Vos arguments peuvent paraître conséquents, mais les interrogations ci-dessus vous rendent suspects.  Peut-être votre titre de « grand universitaire » pourra nous aider à faire la différence entre la France  qui soutient le petit Faure Gnassingbé, et la France qui sanctionne Le Président Gbagbo ! Non,La France ne peut pas continuer à nous humilier chez elle et en Afrique.

Fait à Paris, le mardi  18 Janvier 2011 par Le Collectif Socialiste Panafricain.

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