24/01/2011 04:18:08
Les deux visages de Paul Biya Ebolowa
En plus de convaincre définitivement les derniers sceptiques qu’il sera candidat à sa propre succession à la présidentielle de 2011, le chef de l'Etat du Cameroun, en ne fixant ni la date encore moins le lieu du prochain comice, tire un trait sur l'organisation de pareil évènement regroupant le monde paysan.
Le Messager
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" A quand la date et le lieu du prochain comice ? ", s'est précipité le journaliste Charles Ndongo, croyant obtenir le "scoop " du président de la République. Embarrassé , Paul Biya ne s'est jamais senti aussi mal à l'aise ; au point de balbutier en indiquant au directeur de l'information à la télévision nationale, que la question n'était pas prioritaire en ce moment où ne venait que de commencer le comice d'Ebolowa. Pendant toute la durée de l'évènement, le chef de l'Etat ne s'est pas senti dans l'obligation d'une quelconque astreinte, ni même à ressusciter une habitude qui date de 22 ans, celle pendant laquelle, au sortir d'un comice, on annonçait à grand renfort de publicité, la date et le lieu de la tenue du prochain comice.

L'émérite journaliste qui croyait bien faire a détruit le filet de sécurité, car c'est à Jean Nkuété que cette question aurait pu être posée ; quitte à ce que Paul Biya intervienne en sapeur pompier pour arrondir les angles. Mais doit-on penser que c'est la fin des rencontres du monde paysan et que Ebolowa, évènement tiré par les cheveux, est le dernier comice ? Après avoir mis 23 années pour enfin tenir le rendez-vous d'Ebolowa, le chef de l'Etat a-t-il laissé le soin à la postérité d'envisager la tenue d'un tel évènement.

Résolument prêt pour le prochain mandat

Le troisième visage de Paul Biya à Ebolowa, celui par lequel il s'est montré requinqué, fringant et très en forme, réside dans la démonstration de sa témérité, son courage, sa persévérance et sa force." Le symbolisme est né à Ebolowa, par la volonté de reprise en main des choses par le chef de l'Etat. Comme un serpent qui fait sa desquamation, en faisant plus de cinq heures de marche dans les stands, le chef de l'Etat a fait sa propre repentance ", explique un membre influent du Rdpc. Pour apporter la preuve qu'il est encore apte à gouverner, pour démentir toutes les opinions qui jusque là pensaient que" le chef de l'Etat " est fini, il a bravé toutes les épreuves, en visitant le maximum de stands, en prolongeant son séjour, en tenant debout le maximum de temps qu'il n'était prévu. Certains de ses collaborateurs, plus jeunes que lui, n'y ont vu que le feu ; certains ont même démissionné à mi parcours. Comme à Bamenda (à l'occasion de la célébration du cinquantenaire des armées), où, il a mis plus de temps que prévu lors du repas de corps, à Ebolowa, le chef de l'Etat a apporté la preuve, s'il en était encore besoin, qu'il est résolument prêt pour le prochain mandat. Avis à ses prochains adversaires.

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