25/01/2011 18:40:55
Revendication: Des jeunes Bassa réclament la tête de leurs élites à Biya
C'est la substance d'un manifeste adressé hier au président de la République. Ils lui donnent jusqu'au 11 févier pour réagir faute de quoi, ils lanceraient  la révolte de la jeunesse Bassa.
Le Messager
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Ce sont les installations de la chefferie Mbondjock par Eséka qui ont accueilli le conclave d'une quatre vingtaine de ces jeunes Bassa – Mpo'o- Bati. La réunion qui s'est tenue dimanche 23 janvier 2011 a débouché sur la rédaction et la signature d'un manifeste dit, " du mouvement de réveil de la jeunesse bassa- Mpo'o-Bati ". La substance de ce document qui a été servie à Sandi Robinson, le préfet du Nyong Ekellé à sa résidence d'Eséka dans la même nuit du 23 janvier 2011 porte sur le courroux de ces jeunes qui disent  regretter sans réserve " le recul, le refus, le manque de volonté, et/ou l'incapacité de [leurs] élites (ministres, députés, directeurs généraux, ambassadeurs,...) à pouvoir rassembler leurs intelligences dans une dynamique de solidarité, capable d'exercer une magistrature d'influence, nécessaire pour la défense et la prise en compte des préoccupations et intérêts locaux à l'échiquier national ".

Le chef de terre aurait confié à ses visiteurs, avoir pris acte du manifeste en se réservant le droit de croire que la jeunesse bassa se limite à moins d'une centaine de personnes. Le mandataire du Mouvement de Réveil de la jeunesse bassa, Joseph Raoul Makondo lui a  alors confié en guise de réponse que si rien n'est fait avant le 11 février, fête de la jeunesse au Cameroun, l'on va assister à une révolte populaire dans le Nyong Ekellé et la Sanaga Maritime. " Les évènements d'Akom 2 le 6 novembre 2010 n'apparaîtraient que comme un jeu d'enfant si nous ne sommes pas écoutés avant cette date. Et là, on saura s'il s'agit d'un phénomène isolé ", renchérit  le mandataire de cette organisation qui s'est présenté à la rédaction du Messager de Yaoundé hier, 24 janvier 2011.

Manifestation

Hier toujours, une copie de ce manifeste a été adressée au président de la République via le service du courrier du palais de l'Unité. Dans une missive qui accompagne, ces jeunes écrivent à leur illustre interlocuteur qu'il leur plaît " très sincèrement et humblement, de venir auprès de [sa] très haute autorité, transmettre le Manifeste du mouvement de réveil du peuple bassa- Mpo'o –Bati ". Ils expliquent dans le même courrier que " ce mouvement qui a été créé spontanément par un groupe de jeunes solidaires, républicains et citoyens, est un cadre de concertation ".

Ce que refuse d'avouer ces jeunes au reporter du Messager, c'est qu'ils entendent interdire toute manifestation politique organisée par leurs élites comme cela se dit dans les rues d'Eséka. Ces activistes se contentent d'affirmer qu'ils ne veulent pas dévoiler leur stratégie pour l'instant. Mais " jurent solennellement devant Dieu Tout-Puissant que la non prise en compte de cette requête citoyenne et républicaine de cette jeunesse méprisée, clochardisée et transformée exclusivement en bétail électoral et ce dans des délais raisonnables, ouvrira la voie à une série d'activités qui pourraient frapper l'imaginaire collectif par leur imprévisibilité ". Un avant-goût de tout cela aurait pu être servi à Mbondjock dimanche dernier n'eut été l'appel au calme du chef de cette localité et de quelques patriarches qui ont imploré les jeunes excités d'y surseoir.  Pour l'instant, les jeunes qui ont écouté les supplications de leurs aînés  disent se contenter de mener un lobbying permanant pour mobiliser les jeunes le 11 février prochain.
 
Jeunes manipulés

Contactés par Le Messager, un proche du député Libock du Nyong Ekellé croit savoir qu'il s'agit d'une gesticulation d'une bande de jeunes opportunistes et manipulés par une " certaine opposition ". Pour sa part, le président du conseil départemental de la jeunesse pour le Nyong Ekellé, Petit Pierre Ngwett dit avoir été prévenu de la préparation du mémorandum de ses pairs. Seulement, il ne partage pas leur méthode de revendication et fait prévaloir la concertation avec les élites dans un cadre légal et dans l'esprit républicain. Mieux, il indique que même si à son niveau la question du sous-développement du pays bassa revient tout le temps, il souhaite que ces difficultés qui ne sont pas l'apanage de ce peuple soient abordées de manière concertée à travers le conseil départemental de la jeunesse.

Mais en face, Cabral Libii Li Ngué (délégué de l'arrondissement de Makak) et Richard Ma Mbeb Makon (délégué de l'arrondissement de Dibang) tous deux, doctorant et cadres d'appui à l'université de Yaoundé II et cosignataires du manifeste estiment que la kyrielle de concertations avec l'élite intérieure et extérieure du pays bassa en gros, n'ont encore rien donné. " Les élites n'ont jamais rien fait contre l'enclavement multiforme et honteux du pays bassa tout entier ; contre la mort de toutes les entreprises situées chez nous (Cellucam, Sopame) ou encore, l'absence des projets structurants à caractère agricole, technique et industriel en pays bassa etc. Il est temps qu'on change de cap", tempêtent-ils.

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