26/01/2011 01:51:26
Les Non-dits: Ama Tutu Muna soupçonnée de plagiat
La ministre de la Culture est suspectée d’avoir contrefait le projet portant  création d’un mobilier  national spécial en vue de meubler l’administration et d'immortaliser le couple présidentiel.
Le Messager
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Décidément, les rapports entre Ama Tutu Muna et les créateurs d'œuvre de l'esprit sont houleux. Rien ne va plus entre la ministre de la Culture (Mincult) et certains artistes. La litanie des griefs formulés contre ce membre du gouvernement va crescendo. Après Marco Mbella qui accuse Ama Tutu Muna de l'avoir roulé au sujet du financement de son dernier album intitulé "Cameroun indépendant" au titre du compte d'affectation spéciale au soutien à la politique culturelle et Prince Afo Akom qui est courroucé pour ce que la patronne de la culture au Cameroun n'aurait pas tenu à ses promesses après que le chanteur a été récompensé lors de l'édition 2009 de "Canal 2 or", une initiative de la chaîne de télévision à capitaux privés, Canal 2 International, un troisième larron est rentré dans le concert des plaintes. Luc Buwouo Kammognié, artiste ébéniste, promoteur de l'établissement "Rustico presidente" spécialisé dans l'ameublement, soupçonne la Mincult d'avoir plagié son projet de mise sur pied d'un mobilier national spécial et de l'immortalisation du couple présidentiel.

En effet, Luc Buwouo Kammognié se proposait de réaliser des meubles sculptés qui expliqueraient d'une part, les emblèmes nationaux, mettraient un point d'honneur sur les richesses culturelles du Cameroun et d'autre part, immortaliseraient le couple présidentiel Chantal Pulchérie et Paul Barthélemy Biya sous l'appellation "Couronne Biya". Pour implémenter ce projet, l'artiste au mois de mai 2008, a sollicité du ministère de la Culture , une demande de financement au titre du compte d'affectation spéciale au soutien à la politique culturelle. Selon les termes de la correspondance  adressée à Ama Tutu Muna dont Le Messager a pu avoir copie de la décharge qui porte l'estampille  du service courrier du Mincult, datée du 02 octobre 2008, sous la référence N° 9516, le sieur Luc Buwouo Kammognié, promoteur du "Rustico presidente", souhaite avoir un "appui financier de 6 millions Fcfa pour deux créations, soit 3 millions par création". Après plusieurs entrevues avec la ministre, moult séances de travail avec ses collaborateurs, notamment le conseiller technique n°2, M. Koanyo Maurice, une kyrielle de relances sans suite, le promoteur du projet apprendra plutard qu'un autre dossier similaire aurait été monté au nom du mobilier national avec les mêmes termes de références.

Epée de Damoclès

D'où le soupçon de plagiat contenu dans la note que Luc Buwouo Kammognié adresse à Ama Tutu Muna le 9 octobre 2009 référencée sous le N° 7992 en ces termes : "(…) vu la disparition mystérieuse du dossier à la référence 9516, de votre souhait que les meubles dudit dossier passent par votre canal, de la déclaration verbale de votre conseiller technique n° 2 qui dit que vous avez demandé que ce dossier soit monté au nom du Mobilier national tout en prenant les mêmes exemples que j'ai utilisés pour expliquer en début 2008" écrit l'ébéniste. Ce dernier par la même occasion a saisi le Premier ministre Philémon Yang, le directeur du cabinet civil de la présidence de la République , Martin Bélinga Eboutou, le secrétaire général à la présidence de la République , Laurent Esso… et d'autres membres du gouvernement. Pour ne pas faire les choses à moitié, Luc Buwouo Kammognié a adressé une requête au Contrôle supérieur de l'Etat, dans laquelle il sollicite "une enquête relative au financement d'une collection de meubles ou tableaux destinés à la présidence en provenance du Mincult (projet soupçonné de plagiat)" peut-on lire dans une lettre qu'il dépose au Contrôle supérieur de l'Etat le 26 juin 2010 et dont la copie a pu parvenir à la rédaction centrale du Messager.

Les démarches que le reporter du Messager a entreprises durant une semaine pratiquement, à l'effet de joindre la ministre Ama Tutu Muna, se sont avérées vaines. A la décharge de la patronne de la culture au Cameroun, la tenue du Comice agro-pastoral d'Ebolowa où elle a été active dans l'animation du volet culturel du rendez-vous des Seigneurs de la terre. Jusqu'à hier mardi 25 janvier 2011 dans l'après-midi, Ama Tutu Muna était toujours aux abonnés absents. On espère qu'après la publication des soupçons qui pèsent sur sa tête, comme un épée de Damoclès, elle sortira enfin de son mutisme et clarifiera définitivement l'opinion publique et les artistes qui fulminent à longueur de journées.

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