27/01/2011 01:04:09
Elecam: Pierre Titi Nwel et Fonkam Azu'u parlent sans se comprendre
Le médiateur social général et coordinateur national de la commission électorale citoyenne indépendante, présente au président du conseil électoral l'envers de leurs missions et suggère des propositions pour un processus électoral transparent.
Le Messager
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Fonkam Azu'u, président du conseil électoral d'Elections Cameroon (Elecam), a le 03 janvier dernier, reçu en audience la délégation de la commission électorale citoyenne indépendante (Ceci) conduite par son coordinateur national, Pierre Titi Nwel qu'accompagnaient Cyrille Bechon, directrice exécutive de Nouveaux droits de l'Homme Cameroun (Ndh) et  Hilaire Kamga. Le président  du Conseil électoral qui répondait ainsi à une sollicitation du Coordinateur national de la Ceci , a été sensibilisé sur la mission essentielle de cette structure qui est celle de l'éveil de la conscience citoyenne des Camerounais pour leur pleine participation au processus électoral, dans le respect de la loi. Pierre Titi Nwel lui a également présenté le point de vue de la Ceci   sur le déroulement actuel des inscriptions sur les listes électorales, la question du contentieux électoral et la nécessité de la refonte du fichier électoral.

S'agissant des questions sur le processus d'inscription des électeurs sur les listes électorales, Pierre Titi Nwel fait observer, à la faveur des rapports qui lui viennent des agents de la Ceci sur le terrain que  les commissions d'inscription prévues par l'article 7 de la loi n°2006/011 du 29 décembre 2006 portant création, organisation et fonctionnement d'Elections Cameroon (Elecam), modifiée et complétée par la loi n°2010/005 du 13 avril 2010, et dont la composition a été constatée par le directeur général des élections, n'existent nulle part sur le terrain.

A en croire la Ceci , seuls les chefs d'antennes Elecam aidés par quelques collaborateurs, font le travail, en l'absence des membres attitrés des commissions d'inscription, notamment les représentants des partis politiques. En milieu  urbain, les lieux où se font les inscriptions sont mal connus des électeurs. Les distances entre ces lieux et certains points d'habitation des électeurs sont longues. Sur le contentieux électoral, la Ceci pense qu'au vu de la structuration actuelle d'Elecam, seule la direction générale des élections à travers ses démembrements, est représentée du sommet à la base ; le Conseil constitutionnel n'existe qu'au niveau régional. S'agissant de la question de la refonte du fichier électoral, Pierre Titi Nwel  affirme qu'en héritant du fichier électoral confectionné par le Minatd, Elecam a endossé la réputation de ce ministère dans l'organisation et la gestion des élections au Cameroun. " On le sait : la création d'Elecam résulte des failles passées du processus électoral ; il importe donc qu'Elecam se démarque ostensiblement des habitudes établies, s'il entend bénéficier de la confiance des électeurs en ses missions ". L'une des voies pour parvenir à cela, selon la délégation de la Ceci , serait qu'Elecam engage carrément la refonte du fichier électoral.

Dialogue de sourds ou simple diversion ?

En réaction à ces préoccupations,  le président du Conseil électoral se dit conscient de l'absence des représentants des partis politiques dans les commissions d'inscription. Il les accuse d'exiger d'être pris en charge par le budget d'Elecam qui ne prévoit pas cette dépense à l'instant. En ce qui concerne les difficultés liées à la distance des bureaux d'inscription par rapport aux lieux d'habitation des électeurs, Fonkam Azu'u précise que des équipes mobiles sont actuellement déployées sur le terrain et que ces équipes ont pour mission de faire le maximum d'efforts pour inscrire les populations. Il estime que la délégation de la Ceci a une interprétation très large de la loi sur l'élection présidentielle et que sa proposition n'est pas acceptable. Sur le contentieux électoral, le président du Conseil électoral avoue être au fait de la délicatesse du problème du contentieux électoral, qu'il est en train, en ce moment, d'y réfléchir avec son équipe et que des solutions seront trouvées pour rendre pratique la présence du Conseil électoral sur le terrain. Quant à la question de la refonte du fichier électoral, Fonkam Azu'u estime que refondre le fichier électoral n'est pas une prérogative d'Elecam.

Au cours de la rencontre du 05 janvier 2011 avec Erik Essoussè, directeur général adjoint d'Elecam, la délégation de la commission électorale citoyenne indépendante a remis sur la table la question du processus électoral, de la révision et de la refonte des listes électorales. Selon la Ceci , les commissions de révision n'existent pas, les partis politiques sont absents. Pierre Titi Nwel affirme par exemple que dans la ville de Bokito, le Rdpc crée ses propres comités locaux d'inscription qui ont tendance à se substituer aux commissions installées par Elecam. Réagissant à ce propos, le directeur général adjoint pense que les membres du Rdpc débordent des limites du travail qui leur a été demandé par leur hiérarchie et cela crée des problèmes à Elecam plus qu'il ne l'aide. " Sur la possibilité d'initier en ce début d'année électorale la refonte des listes électorale plutôt que de continuer l'opération engagée en 2010, la réponse du directeur général adjoint est celle-ci : une refonte est une opération très lourde et difficile à gérer pour Elecam qui vient de naître et dont les cadres n'ont pas encore une expérience certaine. Une refonte est comme le recensement de la population : impossible d'engager cette opération pour la première élection organisée par Elecam " conclut Pierre Titi Nwel.

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