27/01/2011 14:06:39
Soro Compaoré : Les secrets d'une rencontre
Déstabilisation de la côte d'ivoire. Les informations émanent de sources concordantes proches de la rébellion armée.
Notre voie
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 Après le Mali où il a rencontré Amadou Toumani Touré pour le persuader à s'associer à une attaque armée contre la Côte d'Ivoire afin d'installer Alassane Dramane Ouattara au pouvoir par la force, le chef visible de la rébellion armée ivoirienne, Guillaume Soro, a été reçu, le dimanche 23 janvier dernier, dans l'après-midi, a-t-on appris, par Blaise Compaoré. L'objectif de cette rencontre était de faire le point de l'appui du Burkina Faso à la rébellion armée et d'exhorter Compaoré à s'engager résolument aux côtés des rebelles pour installer Ouattara au pouvoir par les armes. Le colonel-major Gilbert Diendéré et le colonel Zilba Sawadogo, de très proches collaborateurs du chef de l'Etat du Faso, auraient participé à ces échanges.
Concernant la phase pratique de l'attaque contre la Côte d'Ivoire, Guillaume Soro aurait confié à ses interlocuteurs qu'il est heureux d'avoir appris de l'ambassadeur de France au Burkina Faso, le général Emmanuel Beth (ancien patron de la Licorne), que c'est «l'attaque nocturne qui est préconisée». Ce d'autant que, pour les autorités françaises qui redoutent la mobilisation des jeunes patriotes, il serait impératif de faire l'opération tard dans la nuit, entre 2h et 5h du matin. Après quoi la radio RFI pourra, dès 6h livrer l'information relative au succès de l'opération.
Selon les sources, de nombreux proches du Président Laurent Gbagbo (des officiers supérieurs, des ministres, des élus etc.) pourraient être arrêtés et même liquidés durant cette opération nocturne. Soro aurait promis, au cours des échanges à Ouagadougou, d'établir la liste exhaustive des proches de Gbagbo concernés et de la livrer aux exécutants de l'opération sur le terrain.
Guillaume Soro et Blaise se seraient accordés sur le point qu'une fois le Président Gbagbo délogé du pouvoir, qu'il faudra pacifier le pays par une terreur inouïe pendant 3 mois afin que le pouvoir d'Alassane Ouattara soit imposé à tous les Ivoiriens.
Selon Soro, l'ambassadeur de France en Côte d'Ivoire, Jean-Marc Simon, a informé son homologue du Burkina Faso, le général Beth, que le Président Gbagbo envisageait de s'absenter d'Abidjan entre le 20 et le 24 décembre 2010. Ils se préparaient, avec l'appui de l'ONUCI, à occuper les positions stratégiques de la capitale économique ivoirienne en son absence afin d'empêcher Gbagbo de revenir. Malheureusement, cela n'a pu se faire.

Licorne fait du renseignement pour l'attaque

Guillaume Soro aurait assuré Compaoré que si le Président Gbagbo lève le blocus autour du Golf Hôtel, de nombreux officiers des FDS qu'il dit proches de la rébellion armée viendraient s'installer dans l'hôtel.
Interrogé sur la lenteur du déclenchement de l'opération à Abidjan, Soro aurait rétorqué que ses hommes attendent de contrôler les poudrières des casernes militaires de la capitale avant d'attaquer. Après avoir demandé au colonel-major Diendéré qu'il souhaiterait rencontrer le général français, Emmanuel Beth, Guillaume Soro aurait souhaité que l'opération nocturne ciblée visant à renverser le Président Gbagbo se fasse la veille du sommet de l'Union africaine (UA) ou pendant le sommet (qui doit se tenir à la fin de ce mois de janvier). Puisque, poursuit Soro, «le clan Gbagbo sera concentré sur le sommet». Il exhorte donc la France via le Burkina Faso de les aider au plus vite à exécuter le coup.
Les sources précisent que le colonel Sawadogo, qui s'était rendu en France avec Blaise Compaoré lors de la rencontre de Sarkozy et Compaoré à l'Elysée, a dit à Soro que la France est prête à fournir toutes les informations nécessaires à la CEDEAO pour une attaque armée contre la Côte d'Ivoire dans le cadre de l'Ecomog. D'autant que la force Licorne installée en Côte d'Ivoire fait du renseignement à cet effet. Des renseignements qui pourront aussi servir à la rébellion armée et à ses mercenaires. Cependant, concernant l'envoi de l'Ecomog en Côte d'Ivoire, la rencontre de Ouagadougou a relevé qu'il y a des divergences entre les pays membres de la CEDEAO. Le colonel Sawadogo aurait souligné qu'en dépit de cela, la France souhaite qu'il y ait un coup de force contre Laurent Gbagbo, même si cela ne doit pas être fait par l'Ecomog.

Le Burkina Faso contre la Côte d'Ivoire et l'Angola

Dans sa logique d'inciter Blaise Compaoré à poursuivre sa croisade contre la Côte d'Ivoire, Guillaume Soro aurait affirmé que, depuis le déclenchement de la crise post électorale, il y aurait 1000 morts, dont des ressortissants burkinabé en masse. Autre argument, Soro estime que renverser le président Laurent Gbagbo du pouvoir serait un double gain pour le Burkina Faso. D'une part, il se serait débarrassé d'un adversaire et, d'autre part, il aurait pris le dessus sur l'Angola qui soutient Laurent Gagbo. Pour Guillaume Soro, étant donné que le Président angolais, Edouardo Dos Santos, hait Blaise Compaoré, évincer le Président Gbagbo du pouvoir signifierait que «le Burkina Faso est certes un petit pays, mais un pays à redouter».
Les relations entre le Burkina Faso et l'Angola sont exécrables depuis plusieurs dizaines d'années à cause du soutien apporté par Compaoré à la rébellion armée que conduisait le maquisard Jonas Savimbi en Angola. Des sources affirment même que le Président du Faso a gardé par devers lui des armes et des pierres précieuses provenant de Savimbi que le Président Dos Santos aurait réclamé en vain après la mort du maquisard.
Au cours de leurs échanges, Blaise Compaoré aurait également soutenu à Soro que certains chefs d'Etat africains l'appellent pour exposer leur accord pour le recomptage des voix du second tour de l'élection présidentielle en Côte d'Ivoire comme voulu par le Président Laurent Gbagbo. Soro a rétorqué que son patron Alassane Ouattara et lui sont opposés au recomptage des voix. Il aurait accusé Laurent Gbagbo d'avoir falsifié les documents électoraux. Avant de dire que c'est le représentant spécial du secrétaire général de l'ONU, Young J. Choi (leur allié), qui possède les documents «originaux» qui donnent Ouattara vainqueur. Soro et son «parrain» Compaoré se seraient séparés en s'accordant sur l'attaque contre la Côte d'Ivoire.

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