30/01/2011 17:51:48
Côte d'Ivoire : Les « différences d'opinion » de l'UA déroutent l'ONU
Le secrétaire général de l’ONU semble déchanter devant le changement d’opinion par nombre d’observateurs africains sur la crise que vit la Côte d’Ivoire après le second tour de l’élection présidentielle, le 28 novembre 2010.
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« Je suis préoccupé parce que quelques différences d’opinion apparaissent » au sein de l’Union africaine, ce qui n’est pas « souhaitable », a observé à Davos, vendredi, le Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, Ban Ki-Moon.

Il ne cache pas la gêne de l’ONU devant une crise qu’elle aborde depuis deux mois avec une fermeté sans pareil, maintenant à excéder Laurent Gbagbo aux affaires en Côte d’Ivoire, que le pouvoir doit échoir sans délai au rival Alassane Ouattara.

M.Ban n’entend pas concéder à d’autres intelligences qu’il faut laisser de côté les réactions épidermiques pour essayer de regarder les choses avec de façon différente, comme l’a indiqué lundi face aux délégations des pays membres du G20 le président français Nicolas Sarkozy.

Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon reste alors d’attaque contre le président Gbagbo contesté par la communauté internationale, vendredi à Davos, il l’a exhorté à "respecter la volonté » du peuple ivoirien.

"J’appelle une nouvelle fois le camp de Gbagbo à respecter entièrement la volonté du peuple ivoirien", a-t-il expliqué à une conférence de presse lors du Forum économique mondial dans l’est des Alpes suisses.

Le rappel à l’ordre devrait a priori recadrer l’assaut de sanctions, d’interpellations, de condamnations contre le camp de M. Gbagbo, isolé diplomatiquement et financièrement au niveau international et national ; pour rappel, la sous-région africaine a décidé de fermer les agences de la Bceao (Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest) en Côte d’Ivoire.

Mais des « dirigeants africains clé » ont une opinion toute différente de celle du secrétaire générale, des soutiens se sont dégagés pour Laurent Gbagbo avant le sommet de l’Union africaine à Addis Abeba, dimanche en Ethiopie.

Le Sud-africain Jacon Zuma, l’Ougandais Yuwéri Museveni, le Malawite Ngwazi Bingu Wa Mutharika, l’Equato-guinéen Theodro Obiang NGuema, le Capverdien Pedro Pires, le Libyen Muammar El Kadhafi, le Béninois Yayi Boni, le Gambien Yaya Yameh, le Ghanéen John Atta Mills,… La liste des soutiens à Laurent Gbagbo est longue, tous sont pour l’option pacifique mais militent pour le « recomptage des voix » proposée par leur "ami" en vue du règlement de la crise post-électorale.

Même la Cedeao (Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest) ne fait l’unanimité autour de l’option militaire qu’elle envisage déclenchée contre l’entêtement de M. Gbagbo et son gouvernement.

La conférence des chefs d’Etat et de gouvernements avaient décidé, à cet effet, le 24 décembre à Abuja d’expédier en Côte d’Ivoire la force de contact Ecomog. L’activation de cette option musclée et impopulaire est cependant suspendue à la caution de l’ONU après que l’UA lui aura elle-même donné son aval.

Du coup, cette alternative radicale dite de « dernier recours » est menacée d’être reléguée aux calendres grecques même si des troupes ouest-africaines seraient présentes en précurseurs dans le Nord de la Côte d’Ivoire, selon la presse pro-Ouattara.

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