01/02/2011 02:26:18
Cameroun ? Nations unies: Les dessous de la visite de Joseph Deiss
Le président de la 65è Assemblée générale des Nations unies est entre autres venu demander à Paul Biya de jouer un rôle plus dynamique dans la résolution des conflits en Afrique. Tout en lui parlant aussi de la nécessité de transparence électorale au cours de la prochaine élection présidentielle au Cameroun.
Le Messager
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Il s'est agi d'une visite officielle. Le centre ville de Yaoundé a pratiquement été bloqué pendant les trois jours du séjour camerounais de Joseph Deiss. Le Boulevard du 20 mai et son Hilton, l'hôtel où est descendu l'hôte du chef de l'Etat et sa suite, a été interdit de circulation de toute nature. Les éléments de la garde présidentielle armés jusqu'aux dents y veillaient de jour comme de nuit. Cette disposition sécuritaire a fini par exaspérer les citoyens de la capitale, dont la plupart n'arrivaient pas à mesurer l'importance de la visite d'un président de l'Assemblée générale des Nations unies à leur pays. Certains avaient même pensé qu'il s'agissait ni plus ni moins du secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-Moon.

 En tout cas, Joseph Deiss a eu droit au tapis rouge et à un déjeuner d'Etat au palais de l'Unité, le 28 janvier dernier. Ce fut l'occasion des échanges. Paul Biya a rappelé l'importance qu'il attache à l'Onu dont il s'est montré assez assidu ces dernières années. " Mon pays place beaucoup d'espoirs dans l'Organisation des Nations unies. Il estime qu'elle est le lieu par excellence où la démocratie internationale peut s'exercer et où, en principe, tout pays, grand ou petit, a voix égale au chapitre. Bien sûr, nous sommes réalistes et nous savons bien que, pour les décisions importantes, les grandes puissances ont plus de poids que les autres."  Et de poursuivre : " Néanmoins je crois qu'il faut maintenir ce principe d'égalité entre les Etats, qui peut apparaître comme une " fiction " mais qui n'en est pas moins conforme à l'esprit de la charte et, j'ose le dire, à la morale ".

Louanges pour le Nnom Ngii

On peut retrouver dans le propos du chef de l'Etat, comme une position que Mouammar Kadhafi avait défendue en septembre 2009 à la tribune de l'Onu. Le leader de la Jamahiriya libyenne avait longtemps critiqué le fait que certains Etats membres du Conseil de sécurité de l'Onu, s'arrogent le droit d'imposer leurs états d'âme aux autres pays membres de l'Onu. Joseph Deiss, très ému par l'accueil qui lui a été réservé, et la décoration honorifique qui lui a été accordée par le chef de l'Etat camerounais, n'a pas tari d'éloges vis-àvis du président Biya. Se fondant sur les vertus de " grandeur " que procure le titre de Nnom Ngii, le président de la 65è Assemblée générale des Nations unies a vanté la paix et la stabilité qui existent au Cameroun, et qui de son point de vue, sont l'œuvre du président Paul Biya, l'invitant " à poursuivre cette œuvre au-delà du Cameroun pour le bien  du continent africain ".

C'est lors de la conférence publique qu'il a tenue à l'Institut des Relations internationales du Cameroun (Iric) que Joseph Deiss a laissé deviner les dessous de sa visite au Cameroun. Notamment lorsqu'il a expliqué à l'auditoire venu l'écouter que l'Onu encourage les regroupements régionaux à travers le monde, et particulièrement en Afrique, pour résoudre les conflits. Il a fait remarquer qu'il apparaît assez difficile de mettre 122 Etats sur la même table pour conduire des négociations de paix. Cela aboutit assez difficilement à des solutions acceptées par tous. " Avec 122 Etats sur la table, les négociations sur des conflits pourraient durer des mois. Or, dans les regroupements régionaux du genre Cedeao, Cemac, et autres, on pourrait avancer plus efficacement " a-t-il ensuite indiqué.

Dans les coulisses de cette visite, on a également appris que lors des entretiens qu'il a eus avec le chef de l'Etat, Joseph Deiss aurait évoqué la situation de la future élection présidentielle qui aura lieu au Cameroun cette année, et les conditions dans lesquelles elle va être organisée. Notamment  sur la délicate question de transparence électorale à laquelle l'Onu souscrit désormais. Il faut être naïf pour croire que l'Onu n'est pas au courant de la composition partisane d'Elecam, l'organe en charge de la gestion du processus électoral au Cameroun. Et de tout le débat houleux qu'il y a autour. On imagine donc que ce haut responsable d'une organisation internationale qui a pour mission essentielle de prévenir les conflits, a dû évoquer avec le président du Cameroun cette question de transparence électorale gage de paix et de stabilité. Tout comme avant de quitter le Cameroun pour Addis Abeba, Joseph Deiss a évoqué avec le président camerounais, la situation en Côte d'Ivoire et le rôle que ce dernier pourrait y jouer.

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