01/02/2011 03:11:34
Les Non-dits:Un collectif d'artistes veut chasser Odile Ngaska
Il dénonce l'échec de la présidente du conseil d'administration de la société civile de l'art musical (Socam).
Le Messager
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C'est au détour d'une conférence de presse donnée jeudi 27 janvier 2011 à Douala que le collectif des artistes musiciens pour la renaissance du droit d'auteur au Cameroun a tenu à marquer son existence. Au centre de cette sortie médiatique, la situation du droit d'auteur au Cameroun. Le ton est donné par Ebeny Donald Wesley qui a la réputation d'être le "papa" des batteurs camerounais. "Je suis très amer. L'artiste camerounais souffre. Nous sommes dans une strate douloureuse. Nous voulons développer des stratagèmes qui permettent aux artistes de vivre décemment. Nous voulons illuminer des sentiers" note-t -il, tout dépité. Alain Mboulé, un autre auteur compositeur frappera sur le même clou. "La situation du droit d'auteur est lamentable. Les ayant-droits ne perçoivent plus leurs droits ou tout au moins, au meilleur des cas, les montants perçus sont dérisoires. Pour noircir le tableau peu reluisant, le piratage des œuvres de l'esprit prend de l'ampleur. Pourtant la Socam est belle et bien existante et ne se préoccupe pas de la question".

Parlant de la société civile de l'art musical (Socam), des voix ont retenti sous la forme d'un concerto pour tirer à boulets rouges sur Odile Ngaska, la présidente du conseil d'administration, dont le constat d'échec à la tête de cette société de gestion du droit d'auteur a été unanimement reconnu par nombre d'artistes présents à cette rencontre avec les chevaliers de la plume et du microphone. Louis de Koum va dans ce droit fil monter au créneau et appuyer sur la gâchette. "Nous reprochons à la Pca le non respect des statuts de la Socam. En trois ans de mandat, Odile Ngaska n'a pas cru devoir convoquer une assemblée générale. Pas de budget de fonctionnement élaboré, pas une seule assemblée générale pour approuver la gestion et au cas échéant donner le quitus de gestion. Plus grave, la Socam a fait 5 répartitions sur 18 possibles en trois ans. L'échec d'Odile Ngaska est retentissant. Son équipe a fait pire que toutes les autres sociétés de gestion de droit d'auteur qui ont existé".

La légitimité du collectif

Nul doute que Louis de Koum s'appuie sur l'article 27, alinéa 2 des statuts de la Socam dont Le Messager a pu avoir quelques extraits, pour bâtir son argumentaire. "L'assemblée générale se réunit une fois par an en session ordinaire sur convocation du président du conseil d'administration..." Face au constat d'échec, Henri Njoh, actant comme président du collectif annonce que lui et son groupe vont prendre langue avec la commission permanente de médiation et de contrôle (Cpmc) en vue de convoquer une assemblée générale extraordinaire. "A l'issue de cette concertation, une date pourra être avancée. Pour l'heure, nous avons mobilisé les artistes qui nous ont d'ailleurs accordés leur signature. Le quorum est atteint. Depuis trois mois, nous essayons de ratisser large" relève Henri Njoh. Seulement, sous cape, d'autres artistes, ayant requis l'anonymat, notent que la mise sur pied du collectif et la tenue de la conférence de presse, ont été financièrement soutenues par Elvis Kemayou, candidat déclaré au poste de Pca de la Socam. Une idée que le collectif a balayé d'un revers de la main en indiquant qu'il ne roule pas pour un candidat parmi la pléthore des candidatures déclarées à l'instar de celles d'Ekambi Brillant, Elvis Kemayou, Roméo Dicka, Esso Essomba, Devis Mambo entre autres. "Il s'agit pour nous d'aller désormais à Yaoundé en rangs serrés lors des prochaines assises", précise Henri Njoh  avant de céder le crachoir à Missè Ngoh François : "La pléthore des candidatures n'est pas en soi, une mauvaise chose. Au sein du collectif, nous déciderons, le moment venu, de soutenir x ou y. Pour l'instant, nous préparons le terrain".

Jointe au téléphone, Odile Ngaska, sur un lit d'hôpital après avoir récusé la légitimité et la crédibilité de ce collectif, a référé le reporter du Messager au responsable de son cabinet à Douala, le nommé Djènè Djento. Ce dernier explique que l'assemblée générale ordinaire n'a jamais été convoquée depuis trois ans à cause de la bataille juridico-judiciaire qui a opposé la Cameroon music corporation (Cmc) de Sam Mbendé à la Socam. Plus grave, pendant un an et demi, "Sam Mbendé et son équipe ont mis les bâtons dans les roues de la Socam à travers des lettres et tracts qui affirmaient l'illégalité de la Socam. Conséquence , la Socam n'a pas fonctionné normalement" note Djènè Djento qui ne passe pas par quatre chemins pour préciser que le "budget de fonctionnement de la Socam est fait sur la base des 30% des sommes perçues et 70% reparties aux artistes". Concernant les droits de reproduction mécanique (Drm), le collaborateur d'Odile Ngaska relève que "la répartition des Drm ne se fait pas parce que les artistes ne timbrent pas eux-mêmes leurs supports. Seuls les artistes produits par Massema production perçoivent parfois par anticipation ces droits. Massema productions payent normalement les Drm", précise Djènè Djento qui fait savoir que la Pca donne des grandes lignes au directeur général de la Socam qui la gère au quotidien. Autant dire que la Socam continue de défrayer la chronique et ne finit pas de faire des gorges chaudes.


Henri Njoh : le mouton noir

Le collectif des artistes musiciens pour la renaissance du droit d'auteur au Cameroun est porteur des germes de sa propre destruction. A peine goupillée, l'initiative vole en lambeaux à cause de l'argent qui divise. "Henri Njoh n'est pas le président d'un quelconque collectif. Il y a trois semaines environ, Elvis Kemayou est venu à Douala nous informer qu'il est candidat au poste de Pca de la Socam. Il nous a demandé de le soutenir à tout prix. Je lui ai fait savoir que je n'étais pas favorable à cette candidature parce que le mandat d'Odile Ngaska n'est pas à son terme. Un chèque d'un million cinq cent mille est signé au nom de Njoh Njoh Henri. Djènè Djento, Mbella Njoh, François Missè Ngoh et Henri Njoh devraient gérer cet argent au titre de la campagne pour la candidature d'Elvis Kemayo. Je leur ai dit que je ne suis pas avec vous. Pour distraire les gens, Henri Njoh(Photo) et ses complices ont organisé une conférence de presse où il a fait venir des gens qui ne sont même pas membres de la Socam. J 'apprends que lorsqu'on lui a demandé des comptes, il aurait dit que cet argent est épuisé. Personnellement, je ne vois pas sur quoi on fonde des accusations sur la Pca de la Socam " déclare Djènè Djento qui jure la main sur le cœur que le collectif, si tant est que la bande à Henri Njoh se fait appeler ainsi, roule pour Elvis Kemayo qui voudrait, vaille que vaille, remplacer Odile Ngaska au poste de président du conseil d'administration de la Socam. C ‘est dire qu'en attendant la fin du mandat de la Pca et la convocation d'une assemblée générale ordinaire probablement élective, les langues vont continuer à se délier.

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