02/02/2011 00:40:12
Sommet de l'Union africaine: Pourquoi Paul Biya n'est pas allé Addis-Abeba
Des sources introduites essaient de justifier l'attitude de Paul Biya.
Le Messager
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Le 16è sommet de l'Union africaine s'est achevé le 31 janvier dernier à Addis-Abeba. Paul Biya, le chef de l'Etat camerounais annoncé et attendu à ce sommet ne s'est plus rendu dans la capitale éthiopienne. Pourquoi ? Une mission avancée pour préparer sa participation à cette rencontre annuelle des chefs d'Etat africains, membres de l'Union africaine se trouvait pourtant déjà à Addis-Abeba. Des sources introduites essaient de justifier l'attitude de Paul Biya. Il y a d'abord le passage au Cameroun les 28, 29 et 30 janvier dernier de Joseph Deiss, président de la 65è Assemblée générale de l'Onu. Ce dernier qui a rencontré Paul Biya au cours de sa visite aurait longuement parlé de la situation de la crise en Côte d' Ivoire. Nos sources rapportent que Joseph Deiss aurait expliqué à Paul Biya la position de l'Onu qui ne reconnaît qu'Alassane Dramane Ouattara comme nouveau président élu de la Côte d'Ivoire. A ce propos, le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-Moon, souhaiterait que le chef de l'Etat camerounais joue un rôle, " face à son expérience d'exercice de pouvoir en Afrique. Le président est considéré comme un sage en Afrique ", pour reprendre les propos d'une source diplomatique.

En réalité, nos sources au sein du sérail affirment que " le gouvernement de l'Onu " (Comme certains l'appellent au Minrex) aurait fait dire au chef de l'Etat l'embarras qu'il suscite par le manque de clarification de sa position sur la crise postélectorale en Côte d'Ivoire. " Vous savez que le président avec ses collaborateurs qui s'occupent des questions diplomatiques aussi bien en Afrique que dans le monde prennent toujours le temps d'analyser la situation conflictuelle avant de donner une position. Ce n'est pas parce que la France , les Etats-Unis ou l'Onu ont pris position sur une question encore en conflit que le Cameroun doit suivre automatiquement. Le Cameroun est un pays souverain, qui a sa politique diplomatique et sa personnalité diplomatique. Nous sommes un pays de paix qui fondons notre démocratie sur la promotion de la paix ", explique un diplomate en poste au ministère des Relations extérieures.
 
Prévenir une émeute de la faim ?

Il est connu de tous que Paul Biya n'affectionne que très peu les sommets de l'Union africaine. Au ministère des Relations extérieures du Cameroun, la plupart des diplomates contactés par Le Messager indiquent donc que la question de la non participation du chef de l'Etat au dernier sommet n'est pas une surprise au regard d'une certaine attitude adoptée par Paul Biya depuis des années. Cependant, selon des informations obtenues auprès de certains hiérarques du landerneau politique non confirmées par nos sources au Minrex, la présence du chef de l'Etat était importante à Addis-Abeba. Un de ces hiérarques explique : " Il faut savoir que la situation ambiguë qui est celle du Cameroun sur la crise postélectorale en Côte d'Ivoire n'était pas favorable à un voyage diplomatique serein. Pendant la cérémonie des vœux, on le sait, l'ambassadeur de Côte d'Ivoire au Cameroun n'a pas été invité. Une semaine après, pour l'ouverture du comice agropastoral il a été invité au même titre que les autres diplomates. De plus, en Côte d'Ivoire, M. Ouattara a organisé une cérémonie de présentation de vœux. Il n'y a que les ambassadeurs des pays de l'Union européenne en majorité qui s'y sont rendus. L'ambassadeur du Cameroun n'y était pas. C'est tout dire. Le président Paul Biya n'aime pas discuter dans la pression. Il y avait beaucoup de va-t-en-guerre qui se sont rendus à Addis-Abeba. Le président semble avoir choisi de laisser  d'abord faire les choses au cours du sommet, en donnant sa position qui est celle du dialogue et de l'apaisement pour résoudre la crise postélectorale en Côte d'Ivoire. "  Et de poursuivre : "  Il ne faut pas oublier que dans ce contexte, il se passe des choses en Tunisie, et en Egypte. Il n'est pas exclu qu'il y ait effet de contamination. Il vaut mieux rester chez soi. Car ces grandes puissances sont capables de bien de choses ".

Peut-on alors croire, que les Etats-Unis, la France ou dans une certaine mesure l'Onu, auraient mis en garde Paul Biya qui, à bientôt 78 ans, pourrait connaître les mêmes émeutes populaires dans les prochains mois qui pourraient l'amener subitement à quitter le pouvoir ? Difficile à dire. Tout ce qu'on sait est que hier, alors que les pouvoirs publics se sont montrés très ouverts au dialogue citoyen avec les syndicats des transports urbains et interurbains, le chef de l'Etat a pris d'autres mesures dynamiques qui visent à prévenir les émeutes de la faim (voir article ci dessous). Est-ce vraiment gratuit ? 

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