03/02/2011 01:10:01
Justice: Un fonctionnaire obtient gain de cause face l'Etat
La Chambre administrative de la Cour suprême a annulé la décision du ministre des Enseignements secondaires qui le relevait de ses fonctions de chef de Brigade de contrôle des établissements secondaires privés.
Le Messager
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Il a fallu quasiment cinq années de lutte acharnée pour qu'enfin justice soit rendue à ce fonctionnaire. Le verdict de l'affaire qui opposait Jean Bosco Talla, chef de Brigade de contrôle des établissements secondaires privés, depuis 2007 à l'Etat du Cameroun est tombé mercredi 12 janvier dernier. La Chambre administrative de la Cour suprême, a-t-on appris, a annulé la décision n°261/07/Minesec/Cab du 24 avril 2007 qui le relevait de ses fonctions de chef de Brigade de contrôle des établissements secondaires privés. Tout commence 35 jours après sa nomination au poste de chef de Brigade de contrôle des établissements secondaires privés, soit le 24 avril 2007. Jean Bosco Talla est en mission de contrôle à Kribi lorsque « j'apprends aux journaux parlés de 17 heures, 19 heures et de 20 heures que je suis relevé de mes fonctions pour "nécessités de service ».

Troublé, l'enseignant joint son supérieur hiérarchique pour en savoir plus. Celui-ci est tout aussi étonné et ne peut lui donner d'explications. Le « 25 avril, je rentre sur Yaoundé. Mon supérieur hiérarchique reste sans voix. Il n'a pas vu la décision et attend lui aussi la notification pour savoir ce qui passe ». Cette notification, ils l'attendront en vain pendant des semaines. Las d'attendre, Jean Bosco Talla écrit le 21 juin 2007 au ministre des Enseignements secondaires pour solliciter la notification de la décision le relevant de ses fonctions. Entre temps, il mène une enquête au cours de laquelle « camarades et collègues m'apprennent que le 24 avril, une délégation de quatre personnes venues de la présidence de la République était arrivée au Minesec et avait rencontré le secrétaire d'Etat d'alors, Cathérine Abéna, et le ministre Bapès. C'est après leur départ que le ministre a pris la décision me relevant de mes fonctions. Parmi les personnes qui ont fait une descente au Minésec, il y avait Jean Stéphane Biatcha ». Le secrétaire exécutif de l'Ong panafricaine Synergies africaines est accompagné de Jean Christophe Foé Ndi, intendant principal du palais, Dominique Awono Essama, chef du protocole d'Etat, actuellement ambassadeur du Cameroun en Italie. Le nom de la dernière personne n'a pas été révélé.

Expédition punitive

En utilisant les casquettes de président de l'Observatoire déontologique de l'Enseignement et président de Human rights initiatives, JB Talla introduit une demande d'audience auprès de Jean Stéphane Biatcha. L'objet est : « Recouper une information sur un trafic d'influence que vous aurez exercé sur le Minésec ». Lequel « sans savoir que j'étais leur victime, confirme leur descente au Minésec. Il m'informe que c'est parce que ce monsieur, fonctionnaire de son état, a écrit contre la première dame dans le journal Le Front, qu'ils sont descendus demander au Minesec de le relever. Aussi affirme-t-il que la première dame était très courroucée ». Le 29 juin 2007, un recours gracieux est introduit auprès du Minésec. Le 3 juillet 2007, il écrit au couple présidentiel Paul et Chantal Biya pour dénoncer les agissements de l'entourage de la Première dame. « Ce même jour, je saisis le chef de l'Etat, sous couvert du ministre d'Etat, secrétaire général de la présidence de la République  ».

Face au silence du Minésec, JB Talla introduit le 5 octobre 2007 un recours contentieux auprès de la Chambre administrative de la Cour suprême, conformément aux dispositions des articles 9 et 12 de l'ordonnance n°072 du 26 août 1972 portant saisine et procédure de la Cour suprême en matière administrative. « Mon recours contentieux est envoyé à l'Etat (Minésec). Après deux rappels à l'ordre, l'Etat introduit le 19 août 2008 son mémoire de défense. Ce mémoire m'est transmis le 17 décembre 2008. Le 23 décembre 2008, j'introduis le mémoire en duplique ». L'affaire est inscrite au rôle de la session des audiences publiques ordinaires du 5 janvier 2011, puis renvoyée au 12 janvier 2011. C'est au cours de cette dernière audience que le tribunal décide d'annuler la décision le relevant de ses fonctions.

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