03/02/2011 03:27:18
France: Michèle Alliot-Marie dans de beaux draps
Le "Canard enchaîné" révèle que Michèle Alliot-Marie a profité fin décembre du jet d'Aziz Miled, un homme d'affaires. La ministre francaise, "meutrie", rejette toute démission.
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La ministre des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie, accusée d'avoir profité lors de vacances en Tunisie de largesses d'un homme d'affaires lié au clan Ben Ali, a rejeté mercredi toute idée de démission, réclamée par l'opposition, se disant toutefois "meurtrie".

"Pour des choses qui sont fausses, pour des assertions, non, pas du tout", a déclaré Mme Alliot-Marie, interrogée sur une éventuelle démission. La ministre, 64 ans, membre de l'exécutif depuis 2002, dirige la diplomatie depuis deux mois et demi et est depuis trois semaines en difficulté à propos du dossier tunisien.

Elle a annoncé mercredi soir qu'elle recevrait vendredi à déjeuner pour la première fois son nouvel homologue tunisien, Ahmed Abderraouf Ounaïs.

L'opposition française (socialistes, Verts et communistes) a réclamé son départ après la révélation qu'elle avait bénéficié fin 2010, lors de vacances effectuées en Tunisie, du jet privé d'un ami homme d'affaires tunisien, présenté comme proche du clan Ben Ali, ce que la ministre a contesté.

"Si je prends mes vacances parfois en Tunisie, c'est à mes frais, voyages et hôtels", a-t-elle assuré devant l'Assemblée nationale, soulignant à Canal+ avoir "le droit d'avoir des amis".

"Je n'ai pas pensé à mal", a précisé sur France 2 la ministre, en ajoutant qu'au vu de la "polémique" et "l'émotion" suscitées, elle ne referait pas un tel voyage dans ces conditions. "Je n'ai pas fait attention, probablement parce qu'il s'agissait d'amis", a-t-elle admis, en se disant "meurtrie de voir" ce dont elle est accusée.

Elle avait pris un vol commercial pour Tunis, lors des fêtes de fin d'année, avant d'être invitée avec sa famille par cet ami tunisien à partager son jet jusqu'à la ville de Tabarka. Elle a ensuite séjourné dans un hôtel appartenant à ce même Tunisien, Aziz Miled, et dit avoir réglé la note.

Pour l'opposition socialiste, la ministre s'est "totalement disqualifiée" et n'a "plus sa place au gouvernement" avec ce séjour dans un pays alors en révolte contre son président.

Michèle Alliot-Marie a rétorqué qu'il "n'y avait aucune répression à ce moment-là". L'utilisation du jet tunisien, avec ses parents et son compagnon, Patrick Ollier, ministre des Relations avec le Parlement, a été révélée par Le Canard Enchaîné. Aziz Miled y est présenté comme un proche de Belhassen Trabelsi, beau-frère de l'ex-président Ben Ali. Cet homme d'affaires figure sur une liste de personnalités tunisiennes dont la Suisse a gelé les avoirs le 19 janvier.

Pour M. Ollier, Aziz Miled est au contraire "une victime" du clan Ben Ali, "spolié" par les Trabelsi, la belle-famille de l'ex-président. Le ministre des Affaires européennes, Laurent Wauquiez, a dénoncé une "campagne indigne d'acharnement" contre la chef de la diplomatie.

"Quand on est dans un gouvernement, on n'a pas à utiliser des moyens privés" liés à une famille controversée, avait estimé dans la matinée sur RTL la dirigeante du Parti socialiste, Martine Aubry. "Partez !", a demandé Yves Cochet du parti Europe Ecologie-Les Verts, un appel repris par les communistes.

Ministre depuis plus de huit ans (Intérieur, Défense et Justice), Michèle Alliot-Marie avait déjà été critiquée après son offre le 11 janvier d'une coopération policière au régime de l'ex-président tunisien, alors que les manifestations se multipliaient.

Elle a aussi été accusée "de ne pas avoir dit la vérité" sur la réalité de la coopération policière franco-tunisienne, qui s'effectuait, selon elle, "essentiellement dans le cadre d'Interpol" alors que des informations ont fait état de l'achat par la Tunisie de grenades lacrymogènes françaises.

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