03/02/2011 14:06:08
Lettre ouverte Me Alice Nkom
Il réagit à l'interview donnée le 17 janvier dernier par l'avocate des minorités dans le quotidien camerounais Le Jour.
Le Journal du Cameroun
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Madame,
Dans une interview publiée par le quotidien Le Jour, du Lundi 17 Janvier 2011, vous avez ouvertement critiqué le Ministre des Relations Exterieures, à la limite de l'insulte, concernant la position du gouvernement camerounais sur le financement des associations homosexuelles au Cameroun. Comme il fallait s'y attendre, vous vous êtes répandue à travers certains médias (chaînes de télévision, émettant de la capitale économique du Cameroun) pour défendre votre opinion sur l'existence de cette catégorie sociale. Votre discours, autant le préciser, n'est nouveau ni dans la forme ni dans le contenu.
Avant de vous livrer le fond de ma pensée, je voudrais vous révéler mon identité, et la posture sur laquelle je construis cette réaction. Retenez madame que j'appartiens à cette catégorie de jeunes camerounais qui se situent dans la trentaine d'années et qui nourrit un idéal social basé sur la probité, l'intégrité, le mérite, les valeurs éthiques et morales pour bâtir une République solide et durable. Cette catégorie de jeunes que certains veulent transformer en troupeaux, en bétail de vices pour assouvir leurs calculs pernicieux au détriment d'une génération qui se bat pour résister... et exister.

Voyez- vous Me NKOM, J'appartiens aussi à cette catégorie de jeunes qui sans état d'âme a su résister aux sirènes de l'argent facile, exhibé par de pseudo-mentors qui ont choisi d'émasculer l'Etre et l'Essence des jeunes dans une pauvreté entretenue pour mieux les assouvir. Je ne vous cache pas, que je sers, au même titre que nombreux de jeunes concitoyens, la République, ses valeurs éthiques, morales et citoyennes pour une Nation forte et performante. Par ces lignes, vous apprendrez sans doute à mieux me connaitre.
Après la sortie musclée du Ministre des Relations Exterieures, sur le financement des associations homosexuelles au Cameroun, j'ai suivi avec beaucoup d'intérêt, votre fameux argumentaire que vous essayez de distiller au sein de l'opinion publique. Je choisis, pour les besoins de sources documentaires, de vous répondre, au sujet de cette interview publiée au quotidien Le Jour.

Mais avant, je voudrais relever ici la vacuité et l'amalgame qui caractérisent vos propos. Je vous épargne vos écarts de comportements où vous poussez votre impolitesse au point d'insulter une Institution, celui qui l'a représente, et par delà, toute la République. Bien que vous perdiez de vue que c'est sur la foi de ces mêmes Institutions que vous piétinez, qu'il vous est possible d'exercer votre métier d'avocat, où vous prétendez défendre les valeurs (!?). Madame NKOM, argument pour argument, vous dites que les engagements du Cameroun dans le domaine des conventions et traités ne sont pas connus du Ministre des Relations Exterieures, et dans votre développement, vous évoquez des financements obtenus par le gouvernement du Cameroun du fonds mondial de lutte contre le Sida, la tuberculose et le Paludisme. Vous paraphrasez avec des propos douteux, attribués au Ministre de la Santé Publique, ce qu'il en a dit sur l'utilisation de cet argent. En laissant le soin à cette autorité du gouvernement, d'apprécier l'opportunité ou non de vous poursuivre pour diffamation devant une juridiction, Je voudrais pour votre gouverne que vous vous fixiez sur la compréhension des textes que vous évoquez pour mettre un terme à la confusion que vous voulez créer dans l'esprit des citoyens.

Me NKOM, dans vos propos- sans être précise- vous faites référence, pèle mêle, à la constitution du Cameroun (article 45), la déclaration universelle des Droits de l'Homme qui fait partie du bloc de constitutionnalité ainsi que la protection des minorités et du domicile. Hormis la déclaration universelle des Droits de l'Homme sus-citée, vous ne citez aucun instrument juridique international que le Cameroun aurait ratifié et qui protège le Droit des homosexuels. Sans être juriste, (notez que je suis journaliste), mes pré- requis de culture générale dans le domaine du Droit et des Relations Internationales me suggèrent quelle que réaction. En assimilant les homosexuels aux minorités qui bénéficieraient de fait, de la protection constitutionnelle ainsi que le mentionne le préambule, au même titre que les populations autochtones par exemple, je vous fais remarquer que vous dévoyez, soit par ignorance, soit par subterfuge la notion de minorité, au sens de la loi camerounaise. Retenez donc chère Maître que les minorités dont il s'agit ici, constituent une catégorie bien déterminée, caractérisée par une communauté de race, de religion et de culture. Par ailleurs, en Droit International précisément, une minorité est un groupement de personnes liées entre elles, par des affinités religieuses, linguistiques, ethniques, politiques englobées, dans une population plus importante qu'est l'Etat .C'est de ces minorités dont font allusion les textes internationaux de l'ONU et de l'UNESCO (Droits des minorités ethniques, religieuses).Vous me permettez de ne pas développer davantage, sur ce volet, cet exposé pour lequel vous n'avez souscrit aucune rétribution à me reverser. Je me ferais volontiers le plaisir de vous envoyer une facture, si vous souhaitez en savoir davantage. Retenez en un mot que l'usage du concept de minorité pour designer les personnes homosexuelles, n'est pas reconnu en Droit International. Arrêtez le rafistolage et sortez de l'obscurantisme !!

De plus, Me Alice NKOM, vous évoquez la méconnaissance des instruments juridiques internationaux, ratifiés par le Cameroun et qui ont une valeur supérieure aux lois internes de notre pays. S'il est vrai que la déclaration universelle des Droits de l'Homme fait partie du Droit de constitutionnalité par le jeu de l'article 65 de notre constitution, il reste, chère maître, qu'elle ne fait nulle part allusion à la question de l'orientation sexuelle. Elle se limite, tout comme le pacte international relatif aux Droits civils et politiques à condamner les discriminations fondées sur le sexe, la race, la Religion etc. Même en évoquant l'article 2 de la charte africaine des Droits de l'Homme et des peuples, nous restons sur le même registre. Cette disposition « interdit toute discrimination fondée sur la Race, la Religion, l'Ethnie, la couleur, le Sexe, la Langue ».En résumé, la condamnation des discriminations fondée sur le sexe concerne le genre (gender) mais absolument pas, l'orientation sexuelle. Honte à vous chère maître, parce que vous dévoyez le sens et l'interprétation de cette déclaration. Le faites-vous pernicieusement ou par ignorance ?
Si vous le désirez, poussons la réflexion sur l'une des dernières actualités sur le sujet : « Le protocole de Maputo [qui] n'autorise ni l'avortement ni l'homosexualité » selon la position du gouvernement camerounais (septembre 2009).Même en évoquant l'article 14 de ce protocole, il « ne se dégage aucune orientation licencieuse ou pernicieuse. » Ratifié le 28 Mai 2009 par le Cameroun, ce texte prohibe toutes discriminations à l'égard de femmes, entendu comme « Toute distinction différenciée fondée sur le Sexe, et qui ont pour but ou pour effet de compromettre ou d'interdire la reconnaissance, la jouissance ou l'exercice par les femmes, quelle que soit leur situation matrimoniale, des Droits humains et des Libertés fondamentales dans tous les domaines de la vie ».Sérieusement, maître Alice NKOM, comment pensez-vous pouvoir pousser la conjecture jusqu'à voir dans ce texte un hymne à l'homosexualité ?Même en forçant l'inclusion des femmes lesbiennes dans cette catégorie- puisqu'il s'agit de protéger la femme dans ses droits de reproduction- il restera les hommes pédés. Qu'allez-vous en faire ? Ou allez-vous les transformer en sexe féminin pour bénéficier de ces dispositions ?
Retenez donc que vos interprétations ne sont qu' « alternatives », à la vérité dévoyantes.

Plus loin, dans les lignes de votre interview, vous assimilez les homosexuels aux couches vulnérables, au même titre que les malades atteint de VIH SIDA, Tuberculose, Paludisme. A ma connaissance et je vous pose la question si vous le voulez bien, depuis quand l'homosexualité est-elle une maladie ? Si c'est le cas, montrez-moi le traitement clinique qui la guérit. Vous voulez aussi focaliser votre opinion sur la discrimination dont seraient victimes les homosexuels dans notre société. Décidément vous détonnez par votre mauvaise foi. Les homosexuels ne peuvent être nullement considérés comme une catégorie entièrement à part. Cette catégorie n'a aucune existence légale au Cameroun. Ne faites pas l'amalgame entre des individus et une pratique considérée comme déviante, illégale sanctionnée et condamnée par la loi (article 347 bis du code pénal).L'Etat punit toute forme de discrimination conformément aux lois et valeurs de notre société, et protège chaque individu en tant que composante sociale dans ses droits civils et politiques, à condition qu'il soit en règle avec les lois et règlements en vigueur dans notre pays. Les homosexuels sont des hors la loi. Ils sont passibles de poursuites judiciaires, sans plus. Le reste n'est qu'élucubrations.

Dans la même interview, vous vous fendez en émotions à l'idée que l'on vous conteste votre prérogative devant le prétoire. Encore une fois, MeAlice NKOM, vous tentez une autre dérobade. Peut-être vous êtes vous engluée vous-mêmes dans vos propres turpitudes. Vous êtes avocate de profession, personne ne vous conteste l'exercice de défense du client de votre choix. Mais vos frontières se limitent à la surface de votre prétoire. Sinon en fait ? Que défendez-vous ? Les individus accusés d'homosexualité ou l'homosexualité elle-même ? Vous comprenez pourquoi vous êtes la victime de la confusion que vous alimentez de manière malicieuse. La preuve, vous créez et faites créer en 2003, des associations de défense des droits des homosexuels (SID'ADO, ADEFHO) au mépris de la loi, et peut être par légèreté ou inadvertance de l'autorité compétente. Si vous êtes parvenue à passer entre les mailles de la régulation administrative, sachez qu'à tout moment, vos associations peuvent être attaquées devant un juge administratif, voire dissoutes (art.13, alinéa2.loi du 19 déc. 1990) pour exercice illégal et atteinte à l'ordre public... Vraisemblablement, selon nos sources, vous seriez en train de dévoyer-encore une fois -l'objet initial de ces associations qui seraient à l'origine (lors de leur déclaration auprès des services du Ministère de l'administration Territoriale et de la Décentralisation – MINATD) destinés à la défense des malades de VIH SIDA, de couches vulnérables et défavorisées.
Voyez-vous Me NKOM, depuis quatre ans, j'arpente les milieux de jeunes, à travers les campus des universités au Cameroun, par le moyen d'une émission connue sur le petit écran. J'ai le privilège de côtoyer mes congénères jusqu'aux confins de leurs confidences sur le poids des difficultés de leur quotidien. Avez-vous jamais fait un tour dans les dédales de la promiscuité de bonamoussadi ? (zone de résidence universitaire à Yaoundé, rien à voir avec celle des nantis que vous connaissez à Douala).Connaissez vous les odeurs de ces quartiers de prolétaires où résident ces jeunes, chaque jour qui déchantent sur leur avenir? Avez-vous tendu, une seule fois, oreille aux lamentations de ces autres jeunes fragiles et frappés du déséquilibre familial, parfois abandonnés sans le moindre sou pour poursuivre leur scolarité ? Au fait, quels droits défendez-vous ? Ceux de ces jeunes fragilisés que certains pervers réussissent à coups de billets de banque à amadouer dans une vie de débauche ? Mais enfin, de quelles libertés parlez-vous ? Celle de s'auto-détruire ou celle de spolier les valeurs d'une société hétéroclite et riche en essence ? Mais bon dieu ! D'où sortez-vous avec tous ces sacrilèges ? D'Europe, d'Océanie ou d'Amérique, ou de cette Afrique où se situe le Cameroun qui abrite des régions telles la Sanaga Maritime, le Nyong Ekellé, terres d'hommes d'honneur ,intègres, intrépides, à la probité morale incommensurable. Sans être natif de ces régions, comme vous (je suis mbamois d'origine) j'y ai tout de même reçu les fondements de mon éducation. Certains prévaricateurs moraux ont tôt fait d'ériger l'homosexualité en fonds de commerce ou d'y établir un moyen d'expiation de résidus ésotériques et rituels, en transformant des jeunes innocents en porcherie humaine. La naïveté, l'inconscience, mêlées à la précarité morale, spirituelle et surtout matérielle ont poussé ces jeunes congénères dans les bras des prédateurs, tapis dans leur manteau social, qui ont choisi d'avilir ces Etres vulnérables de leur condition humaine.

Me Alice NKOM, l'idée de perdre sans doute le contrôle et la gestion de ce gros pactole des puissances et lobbies étrangers, peut vous donner à vous et vos complices, le tournis. Mais retenez une chose. vous pouvez servir de bras séculiers à des réseaux de pervers en mal de repères, protéger des émissaires débarqués d'occident à l'exemple de cette française, nommée Catherine, venue prétendument en touriste au Cameroun, alors qu'elle venait tourner une caricature de ce qu'elle a appelé documentaire (en réalité, un tissu de conjectures sur les lois et la société camerounaise, méprisant jusqu'à la règle la plus élémentaire, de la déontologie journalistique, à savoir le respect du principe de l'équilibre dans le traitement d'un sujet) ;recevoir des mannes de quelque nature que ce soit pour soutenir cette abomination, il reste que la société camerounaise ne veut pas de l'homosexualité. Evitez donc de transformer les jeunes en dépotoirs d'une activité ignoble qui annihile et avilit l'Etre humain dans son essence.
Je vous annonce pour terminer, la création dès ce jour, de l'Association nationale de lutte contre l'homosexualité, et de promotion de l'éthique et des valeurs citoyennes. Nous n'aurons pas les financements de vos mentors et protégés, mais nous aurons l'appui des volontés des camerounais touchés dans leur intégrité, prêts à protéger leurs progénitures et pérenniser leurs descendances. Figurez-vous madame, deux semaines après votre incartade dans les médias ,1225 personnes ont exprimé leur adhésion. Vous êtes avertie.
Tous mes hommages.

Alain Amassoka

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