04/02/2011 01:02:21
Quand nous sommes descendus du cocotier
Eux qui n'ont inventé ni la poudre ni la boussole ; eux qui sont descendus du cocotier il n'y a pas si longtemps ; eux qui ont les mains sales, ces putschistes vont se faire remettre des revolvers, des chapeaux à larges bords et des bottes de cowboy pour aller jouer "Django, le vengeur à... Abidjan" !  On appelle cela le transfert de technologie...
Le Messager
TEXTE  TAILLE
Augmenter la taille
Diminuer la taille

Tous les forestiers vous le diront : pour atteindre le bubinga ou le bois d'ébène, il faut abattre des dizaines d'arbres tout autour. C'est la même technique employée par Bush père fils pour se farcir Saddam Hussein.

Le génie américain est en panne depuis Kennedy. La nature ayant horreur du vide, les Etats-Unis ont donc produit coup sur coup deux cowboys qui rêvaient de rejouer "la bataille de fort Alamo" pour Bush père et "il y aura du sang sur la montagne", avec Bush fils comme acteur principal.

Dans leur méditation magico-religieuse, Satan a dû leur apparaître en songe avec comme mission : délivrer l'Amérique en ...Irak.

Le premier a commencé par la guerre du Koweït. Le second s'est attaqué directement à Bagdad. Pour atteindre Saddam Hussein, comme les forestiers, ils ont dû massacrer des milliers d'Irakiens. Quel courage, mon oncle. Quelle témérité !

Eviter le choc frontal ; tuer sans se faire tuer ; bombarder de plus en plus haut pour éviter les éclats de verre des napalms et les cailloux des arabes, si prompts à faire l'intifada à tort et à travers...

Quel courage, ces cowboys de père en fils.

Depuis, ils ont fait des émules.

La Cedeao et l'Ua, dont on ignore encore les hauts faits dans la libération de l'Afrique des peuples du joug de la misère, veulent mimer les cow-boys américains, version nègre.

Eux qui n'ont inventé ni la poudre ni la boussole ; eux qui sont descendus du cocotier il n'y a pas si longtemps ; eux qui ont les mains sales, ces putschistes vont se faire remettre des revolvers, des chapeaux à larges bords et des bottes de cowboy pour aller jouer "Django, le vengeur à... Abidjan" !

On appelle cela le transfert de technologie.

Avec camera, en direct, ils vont  se payer, comme des forestiers, des ivoiriens qui ne leur ont rien fait, pour atteindre  Gbagbo Laurent...

La France, l'Onu et cette nouvelle race aryenne baptisée communauté internationale, actionnent les leviers du nouveau désordre mondial, version pistolero créé par les Bush : pan, pan ! Yeah !!!

Mais rien ne prouve que comme la communauté internationale le redoutait, si Gbagbo avait gagné sans coup férir, la Côte d'Ivoire aurait été sauvée pour autant d'une guerre de sécession, avec un pays coupé en deux. La preuve ? Ils ont imposé une élection sans désarmer les forces dites nouvelles. La preuve ? Les déclarations d'Axel Poniatowski, le président de la Commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale française, invité de l'émission " Internationales " sur Rfi, qui avait estimé que la solution de cette crise passe peut-être par la " partition " du pays.

Les présidents africains n'ont qu'à bien se tenir. "Kiravi today, Kwatta tomorrow" disait une ancienne rengaine scout.

La rue arabe est en train de prouver qu'en Tunisie comme en Egypte et bientôt ailleurs, la chair à canon peut tout aussi bien affronter et même battre les mitrailleuses. Rien ne s'invente : les Perses l'avaient déjà expérimenté en boutant dehors le chah d'Iran.

La victoire ne sera donc plus au bout du fusil, mais dans le souffle dévastateur de plusieurs poitrines qui en écho, s'offrent à l'holocauste pour que demain soit mieux qu'hier et aujourd'hui.

Alors comment rester au pouvoir et s'y accrocher jusqu'à ce que mort naturelle s'en suive, tout en assurant protection à ses ayant-droits chargés de perpétuer le système ? C'est la question que se posent nos chefs d'Etats à l'heure actuelle.

Dans les palais, on se serre les fesses et on concocte des parades, des stratégies, des embuscades, des mises à l'abri de "lingots d'or", véhicules luxueux, bijoux, fonds, etc.

D'autres commencent déjà à lâcher du lest avant que le ciel ne leur tombe sur la tête. On voit des fonds de garanties pour la stabilisation des prix de denrées alimentaires se créer ; on institue la baisse du prix de riz et du sucre ;  des commissions pour la paix et la sécurité se programment ; des forums de réconciliation nationale se préparent ; des stratégies pour le recrutement des diplômés longue période sont mises en place...

Mais peut-être est il trop tard ?

C'est désormais d'alternance qu'il s'agit.

Le peuple dit : "dégage" ! sans aucune précaution langagière.

Les gens sont fatigués de voir durant trente quarante ans, comme s'ils allaient en mission commandée pour l'intérêt de la nation, les mêmes silhouettes de chefs d'Etat, madame la première dame et les petits princes et princesses joufflues, salué au départ et à l'arrivée de leur avion par les mêmes figures de ministres rivalisant de génuflexions.

Les gens commencent à se demander pourquoi nos chefs d'Etat, qui devraient être des Vrp, voyagent si souvent au frais du contribuable, et ne ramènent même pas un contrat de vente d'hélicoptère ou d'ordinateur made in Africa, ou à tout le moins, des contrats d'achats d'engins agricoles ou de livraison de médicaments antirétroviraux pour les malades du sida...

Comment rester au pouvoir et s'y accrocher ?

La première chose à faire monsieur le président,  c'est de ne rien faire contre votre peuple. C'est de respecter le contrat républicain que vous n'avez pourtant pas signé avec vos électeurs, vous qui avez toujours gagné sur tapis vert.

Si tel n'est pas le cas et que votre égoïsme naturel et votre peur du lendemain vous pousse à vous accaparer tous les pouvoirs, si vous estimez que vous êtes le seul miracle de votre pays, alors offrez-vous un bunker pour pouvoir résister jusqu'à la mort.

Ne comptez pas sur les autres. L'amitié de la communauté internationale dépend de ce que vous avez à leur offrir ; de la quantité de chloroforme que vous pouvez faire ingurgiter à vos concitoyens : la bière, le football et le sexe par exemple, pour les plonger dans un sommeil comateux durant  quarante ou cinquante ans.

Et, vous savez, camarade président : l'exil politique est aléatoire.

Entre voyous, Sarkozy peut vous embrasser sur la bouche aujourd'hui et demain  vous l'enfoncer profond là où je pense.

Zine Abidine Ben Ali est mon témoin !

Bon vendredi et à vendredi

Edking

Publicité
Publicité

comments powered by Disqus
Publicité
Autres actualités
Plus populaires

PUBLICITE