04/02/2011 01:18:52
Gilles Roger Belinga charge Titus Edzoa
L'ex-Directeur général de la sic, détenu à la gendarmerie, a déposé à charge contre l'ex-secrétaire général de la Président et Thierry Michel Atangana.
Le Messager
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La chaleureuse poignée de main entre Titus Edzoa et Gilles Roger Belinga (Photo) à la fin de l'audience d'hier, 3 février 2011 dans la principale salle de la cour d'appel du centre requise par le tribunal de grande instance du Mfoundi est paradoxale à la déposition que  fait quelques minutes avant, l'ancien directeur général de la Société immobilière du Cameroun (Sic). Si le témoin de l'accusation a même dû plier l'échine à celui qui fut son patron d'alors le moins que l'on puisse dire est que le témoignage qu'il venait de rendre était de nature à le présenter comme un gros prévaricateur.

En effet, répondant au question du parquet en la qualité de Dg de la Sic en 1995, au moment des faits de détournements de deniers publics qui sont reprochés à Titus Edzoa, Thierry Michel Atangana, Isaac Djiemoun , et Mapouna, Gilles Roger Bélinga à participer à sa stratégie de l'accusation. Celle-là  qui consiste à essayer de démontrer que profitant des préparatifs de l'organisation du 32e sommet de la défunte Organisation de l'unité africaine (Oua),  l'ex-Sgpr, a spolié des entreprises d'Etat.  Devant le tribunal, Gilles Roger Belinga a affirmé qu'il avait été instruit par Titus Edzoa,  en septembre 1995 de verser dans un compte ouvert à la Scb , une somme d'un milliard pour le compte de projets routiers afférant à l'évènement qui devait se tenir en juin 1996. Dans le courrier d'injonction de virement, le Sgpr lui demandait également de prendre des dispositions nécessaires pour emprunter de la l'argent dans des structures financières de la place. Ce, avant trois mois.

Selon les mêmes témoignages de l'ancien patron de la Sic (lui-même condamné en instance à 35 ans de prison ferme, pour détournement de deniers publics) n'eut été son hésitation, l'attente de l'avis du président du conseil d'administration et surtout la lettre circulaire confidentielle adressée à tous les directeur généraux des entreprises à capitaux publics (laquelle lettre dénonçait la manœuvre du Sgpr), il aurait pu débloquer l'argent demandé.  Par ce témoignage, le parquet et la partie civile ont voulu démontrer que Titus Edzoa avait orchestré une grosse arnaque auprès de quelques gestionnaires de crédits de l'Etat à travers l'organisation du sommet de l'Oua.

Contre interrogatoire

Sauf que, au cours de sa déposition, Gilles Roger Belinga a lui-même admis que le Sgpr agissait sous haute instruction du président de la République. Et surtout que Michel Thierry Atangana qui intervenait à l'époque des  transactions comme président du Comité de pilotage et de suivi de quelques chantiers routiers du pays (Copisur) ne le faisait qu'au titre de  la matérialisation d'un vœu de la haute hiérarchie qui voulait profiter de l'organisation du sommet de l'Oua pour doter le pays de nouvelles infrastructures routières. L'audience a été suspendue à la demande des avocats de Titus Edzoa qui ne s'étaient pas préparés pour le contre interrogatoire du témoin Gilles Roger Belinga.  Elle reprendra le 17 février 2011.

Avant cette suspension, c'est un autre témoin à charge, Camille Pokossi, conseiller technique du ministre de Travaux publics et représentant de cette administration au Copisur qui a déposé devant le tribunal. A travers lui, l'accusation a voulu montrer que la structure était gérée à l'emporte pièce. La preuve ? Il a dû démissionner  après quatre mois seulement, arguant qu'il n'était pas tenu informé des actions que posaient le Copisur. Les avocats de la défense ont fait remarquer au tribunal que Camille Pokossi qui est un témoin de l'accusation a quand même touché 600 000 Francs Cfa représentant des frais de carburant, sur l'argent qu'il est censé prouver avoir été détourné par les accusés.

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