07/02/2011 00:46:26
Bamenda inondée de tracts appelant au soulèvement
Les rédacteurs du tract en français donnent au gouvernement la date du 9 février 2011 pour démissionner en masse.
Le Messager
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Décidément le terme de " ville frondeuse " semble si bien coller à la capitale du Nord-Ouest. Et comme en 1990 avec le lancement du Sdf, des personnes tapies dans l'ombre, ont, une fois de plus, choisi d'expérimenter une nouvelle révolution à Bamenda. Dans la nuit de vendredi 4 à  samedi 5 février 2011, des individus non encore identifiés ont inondé les rues de Bamenda de tracts invitant la population à la révolte. C'est depuis le quartier administratif de " Up Station " que ces derniers, apprend-on de sources policières, ont entamé de répandre un peu partout leurs tracts. Ceux-ci étaient à bord d'une moto. Les éléments des équipes spéciales d'intervention rapide (Esir) se sont mis à leurs trousses sans pour autant réussir à les rattraper. Ils ont eu l'ingéniosité de semer les forces policières avant de fondre dans la nature, précisent nos sources. Les forces policières se sont contentées par la suite de ramasser ces tracts avant le lever du jour. Selon des indiscrétions, les forces de l'ordre ont collecté plus de deux mille tracts.

 Si les premiers tracts portent l'estampille d'un certain Conseil national de la révolution avec pour titre en langue de Molière " message des populations camerounaises révolutionnaires ", les seconds, en langue de Shakespeare, est du mouvement irrédentiste la Southern Cameroons national council (Scnc) et sont adressés à la présidente de la Commission africaine des droits de l'Homme et des peuples (Cadhp).  Sur les tracts du Conseil national de la révolution dont copie est parvenue à notre rédaction, on peut lire en filigrane " le moment est venu  d'arracher l'indépendance économique du Cameroun, laquelle indépendance garantit la souveraineté nationale ". Les rédacteurs de ces tracts sont d'avis que " voici la vie redevenue très chère, malgré la patience des citoyens démunis ". Pour eux " la corruption multiplie ses tentacules et le régime en place élargit le lit de la pauvreté, pendant que les richesses de notre pays font le bonheur des grandes puissances étrangères ".

C'est pourquoi, obnubilés par cette situation, les rédacteurs de ces tracts croient savoir que la solution réside dans la démission en bloc du gouvernement. " Les patriotes combattants sont debout pour constater qu'il n'y a plus rien à attendre du parti au pouvoir et pour demander au gouvernement néocolonial de démissionner en masse au plus tard le 09 février 2011 à minuit", lit-on sur ces tracts dont l'un des morceaux choisis préconise qu' " en cas de nécessité, les éventuels ennemis du peuple laborieux vont être combattus partout jusqu'au bout. La libération économique pour un Cameroun nouveau ou la mort". Ce prétendu  Conseil national de la révolution invite la population à visiter leur site Internet www.cnrl.zoka.cc pour la suite de leurs actions. La seconde vague de tracts est en langue anglaise et intitulée " Message to african commission delagation to the Southern Cameroon by the people " traduction "  Message du peuple à la délégation de la commission africaine, au Southern Cameroon ".

En fait, il s'agit d'un message du Scnc, destiné à Mme Reine Alapini Gansou, présidente de la Commission africaine des droits de l'homme et des peuples, en séjour au Cameroun. Les rédacteurs de cette seconde missive invitent la présidente de se " rappeler que (sa) commission, dans son verdict de Banjul  en 2009 sur la communication 266/200 nous a reconnus comme un peuple ". Ces activistes du Scnc ne font pas mystère de leurs revendications. Dans leurs tracts, ils mentionnent à l'attention de la Commission que "  les colonisateurs de Yaoundé ont plutôt décidé d'intensifier leurs abus sur nous, exploitant nos ressources, de connivence avec la France , pompant notre pétrole de Bakassi pour Kribi  où ils constituent un stockage. ". Aussi préviennent-ils la Commission  : " Sachez que nous avons aussi du sang rouge qui coule dans nos veines et nous  savons simplement quoi faire si vous avez décidé de jouer le jeu avec les colonisateurs de Yaoundé ". Et d'ajouter " souvenez-vous que la République du Cameroun est en violation des articles 19 ; 20(1) ; 22(1) ; 23(1) du Cadhp, Article 2 de la charte de l'Oua. Elle est contrainte de respecter les traités et obligations sous l'acte constitutif de l'Union africaine ".

Ces activistes dans leurs tracts, ne passent pas par quatre chemins pour signifier qu'" aucune personne, aucun peuple, même pas la République du Cameroun ne peut prétendre avoir des droits sur le territoire du Southern Cameroon  plus que les peuples même du Southern Cameroon. Le droit du  peuple du Southern Cameroon de parler pour lui-même ne saurait disparaître avec le temps pour le compte de la République du Cameroun ou toute autre personne. Ainsi, il est inaliénable ". Et le tract de: " Prenez vos responsabilités maintenant ou permettez-nous d'en prendre les nôtres !!! "

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