07/02/2011 01:06:39
Opération Epervier: Catherine Abéna libérée de prison
L'ex-secrétaire d'Etat au ministère des Enseignements secondaires (Setat Minesec) a été élargie sur ordre du procureur de la République vendredi dernier. Elle dit ne pas savoir pourquoi. Alors que ses proches évoquent des recherches infructueuses de preuves contre elle.
Le Messager
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C'est une Catherine Abéna sérieusement amaigrie, couchée sur son lit d'hôpital de la chambre 5 du pavillon Le Riche, Haut standing de l'hôpital Central de Yaoundé qui reçoit le reporter du Messager hier, 06 février 2011. Le corps quasi recouvert d'un drap blanc, le visage défraîchi, elle a le regard rivé droit vers un téléviseur " 13 pouces " placé sur une table de fortune à moins d'un mètre d'elle et  distillant des vidéogrammes de musique religieuse. Elle snobe quelque peu son interlocuteur qui vient de décliner son identité. " Madame la ministre, nous avons accouru à votre chambre parce que nous avons appris que vous êtes libre. Toutes nos félicitations", lui lance le reporter. Après quelques moments de silence, l'ex-secrétaire d'Etat répond par une voix faible " Merci, merci beaucoup".

Et le journaliste de lui demander pourquoi elle a été libérée : " Je ne sais pas moi-même. Tout est flou dans mon esprit. Voyez avec mon avocate. Mais l'idéal, c'est de ne pas en parler dans les journaux. Car, je  ne sais pas quelle interprétation on pourrait en faire", continue-t-elle, d'un ton très faible en même temps qu'elle mastique la communion que vient de lui donner un prêtre qui a précédé le visiteur inconnu. En fait, Cathérine Abéna affiche un air déboussolé, complètement  déconnectée des micmacs judiciaires dans lesquels elle est engluée depuis 12 mois.

Tout de même, hors de sa salle d'hospitalisation d'environ 7 mètres carrés , un élément de l'administration pénitentiaire est toujours en faction. Le gardien de prison affirme ne plus y être pour le compte de l'ex-secrétaire d'Etat, mais pour d'autres détenus de la prison de Kondengui, internés à l'hôpital Central. En outre, l'ex-geôlier de Catherine Abéna confirme qu'elle est désormais libre. La preuve, l'on n'a plus besoin de requérir son autorisation pour lui rendre visite. Le factionnaire va plus loin en confiant que c'est vendredi, 04 février 2010, autour de 21 heures 30 que le régisseur de la prison de Kondengui est venu, lui-même, remettre à Catherine Abéna Eyenga sa levée d'écrou. Acte qui confirme qu'elle n'est plus considérée comme détenue. " Nous avons appris que le procureur Ntamack a ordonné sa libération. Je ne sais pour quelle raison", conclut le gardien de prison.
 
Liberté provisoire

C'est la grande inconnue dans l'affaire. Car, si l'on sait désormais que Catherine Abéna qui demeure dans sa chambre d'hospitalisation parce que très malade, n'est plus comptée parmi les effectifs de la prison centrale de Kondengui, aucune information officielle ne filtre sur les raisons de cet élargissement ou même sur l'étape à laquelle est rendue son affaire. Mais selon nos indiscrétions, il s'agirait d'une mise en liberté provisoire sollicitée par l'avocate de l'ex-secrétaire d'Etat pour un état de santé de plus en plus déliquescent. Une raison, somme toute, valable au regard de l'aspect physique de Catherine Abéna Eyenga qui, visiblement pourrait peser moins de 60 kilogrammes . En somme, l'ex-secrétaire d'Etat serait toujours dans les liens de la prévention, les poursuites contre elle n'étant pas abandonnées par le juge d'instruction.

Rencontrée au domicile familial au quartier Essos derrière l'hôtel Avenir, sa mère  qui confie ne pas être au courant de la mise en liberté de sa fille, croit pour sa part que ce rebondissement pourrait être consécutif à l'enquête ouverte pour tracer des comptes que possèderait  cette victime de l'Opération Epervier. Selon elle, il a été établi que sa fille n'a pas la fortune qu'on lui prête.

Prisonnière à l'hôpital depuis un an

Contrairement à ses camarades d'infortune, l'ex-secrétaire d'Etat au ministère des Enseignements secondaires (Minesec) ne s'est pas frottée très longtemps aux crasses de la prison de Kondengui. Et pour cause, arrêtée le 08 janvier 2010, elle y est extraite le 14 janvier 2010 inconsciente  pour le service de réanimation et soins intensifs de l'hôpital Central de Yaoundé. La raison, l'ex-secrétaire s'est retrouvée dans les pommes après une grève de la faim entamée une semaine auparavant, en guise de protestation de ce que ses proches qualifient d'injustice. Elle fut presque contrainte de rompre son jeûne par les médecins qui avaient mis à contribution des membres de sa famille et l'aumônier de la paroisse de Kong à Yaoundé où elle est une des fidèles. Après deux mois d'observation passée  au bloc réservé à la réanimation et des soins intensifs, elle est transférée au pavillon " Le riche" à la demande des médecins traitants. Jusqu'à hier, 06 janvier 2010, elle y séjournait. Le seul fait nouveau, est que l'ex-secrétaire d'Etat  n'y est plus sous bonne garde. Pour rappel,  du fond de sa cellule, le procureur de la République demandait à Catherine Abéna  de rembourser 250 millions fcfa dont la perte lui était imputée au ministère des Enseignements secondaires. Elle a toujours clamé son innocence. Préférant même se donner la mort pour le démontrer, selon ses proches.

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