09/02/2011 00:51:54
Bafoussam: Des tracts appellent la démission de Biya
Comme ceux déversés dans les autres villes, ces documents en circulation dans la capitale de l'Ouest sont vindicatifs vis-à-vis du régime...
Le Messager
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Les populations de la ville de Bafoussam sont en émoi depuis le 5 février 2011. Et pour cause ! Des tracts vindicatifs à l'endroit du parti au pouvoir sont en circulation. Paraphés par un certain Conseil national de la révolution qui a pris soin d'y accoler son site Internet www.cnrl.zoka.cc (un site dans lequel la rédaction du Messager n'a pu entrer), les documents sont intitulés : Message des populations camerounais révolutionnaires.

Le libellé est formel : «Le moment est venu d'arracher l'indépendance économique du Cameroun, laquelle indépendance garantit la souveraineté nationale. Voici la vie redevenue très chère, malgré la patience des citoyens démunis. La corruption multiplie ses tentacules et le régime en place élargit le lit de la pauvreté, pendant que les richesses de notre pays font le bonheur des grandes puissances étrangères. Les patriotes combattants sont débout pour constater qu'il n'y a plus rien à attendre du parti au pouvoir et pour demander au gouvernement néocolonial de démissionner en masse au plus tard le 09 février 2011 à minuit. En cas de nécessité, les éventuels ennemis du peuple laborieux vont être combattus partout jusqu'au bout. La libération économique pour un Cameroun nouveau ou la mort.»

Dans les chaumières ainsi que du côté des responsables des partis politiques, les réactions qui alimentent la conversation sont diverses selon les affinités avec le parti au pouvoir. Dans les rangs des pontes de ce parti, sous les auspices du président de la section Rdpc de la Mifi, Joseph Confiance Fongang, député à l'An, une motion de soutien à Paul Biya a été signée.  « J'appelle ces tracts des feuilles de choux. Que des gens n'utilisent plus la ville de Bafoussam pour leur fonds de commerce. Nos militants sont prêts à riposter en cas de désordre. Tous ceux qui tenteront à déstabiliser cette ville seront pourchassés jusque dans leur dernier retranchement. Nous voulons la paix », répond-il.

Etienne Sonkin, ex-maire Sdf de la commune urbaine de Dschang et membre du Nec, estime que par rapport aux objectifs visés par les tracts, à savoir le débarquement de Paul Biya et de ses hommes au pouvoir, c'est une démarche qui frise la lâcheté et la peur. Chose qui donne un mauvais profil aux Camerounais par rapport à ce que d'autres peuples ont fait en la matière de part le monde. Si les Camerounais sont sérieux et sont unanimes sur la situation désastreuse que connaît le pays ainsi qu'ils l'on exprimé en février 2008, l'occasion va être bientôt donnée de le faire royalement à l'occasion de l'élection présidentielle. Où il ne sera plus question de parler de fraude comme si celle-ci relevait d'une génération spontanée. Car les fraudeurs, les complices, les corrompus et les vendeurs de leur conscience pour que l'on se retrouve dans le statut quo, ce sont bel et bien les Camerounais eux-mêmes. « Si à cette occasion chaque jeune sans emploi, ces nombreuses filles célibataires, ces nécessiteux et malheureux de tous bords et toutes ces victimes d'injustices de toutes sortes qui constituent la grande majorité du peuple camerounais se résolvent dans un sursaut d'orgueil et d'honneur à chasser le démon malgré toutes sortes de tentations, manipulations, pressions, alors il y aura changement au Cameroun. C'est dire que Biya va partir sans qu'on ait besoin d'user de la clandestinité ou autres maquis pour engager les hostilités.»

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