09/02/2011 19:19:23
Côte d'Ivoire : la frégate sud-africaine qui fâche
Le navire de guerre fait tache, alors que le panel des cinq chefs d'Etat africains chargé par l'Union africaine (UA) de trouver une solution à la crise ivoirienne commence à peine son travail.
Reuters
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Le Ghanéen James Victor Gbeho, président de la Commission (pouvoir exécutif) de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) a critiqué mardi la présence d'une frégate sud-africaine au large d'Abidjan. "Cela ne peut que compliquer les choses", a-t-il dénoncé. "La solidarité qui s'est faite jour au sein de la communauté internationale est en train de s'effriter rapidement parce que certains pays prennent parti et ne sont pas d'accord avec la décision qui a déjà été prise (de défendre la victoire électorale d'Alassane Ouattara, ndlr)", a martelé James Victor Gbeho.

Le navire de guerre fait tache, alors que le panel des cinq chefs d'Etat africains chargé par l'Union africaine (UA) de trouver une solution à la crise ivoirienne commence à peine son travail. Jacob Zuma (photo), le président sud-africain, qui figure dans ce panel, est considéré comme un allié objectif de Gbagbo. Il est l'un des rares, avec son voisin l'Angola, à n'avoir pas reconnu Alassane Ouattara comme président élu, contrairement à l'UA, et à avoir appelé au recomptage des voix de la présidentielle du 28 novembre.

Le camp africain des pro-Gbagbo, mené par l'Afrique du Sud, compte l'Ouganda, la Gambie et le Zimbabwe, explique Renaldo Depagne, un responsable de l'International Crisis Group (ICG). Le Nigéria, le Kénya, le Sénégal et le Burkina Faso sont au contraire partisans d'une ligne dure et d'une intervention militaire en faveur de Ouattara, en cas de refus persistant de Laurent Gbagbo de quitter le pouvoir. Une option qui aurait l'appui logistique des Etats-Unis. La frégate sud-africaine n'est pas seule : des navires des forces spéciales américaines mouillent aussi au large de la Côte d'Ivoire, selon La Lettre du Continent.


Simple problème de communication, dont le gouvernement sud-africain est coutumier ? Pretoria assure en tout cas que sa frégate n'a rien à voir avec un quelconque appui militaire à Laurent Gbagbo. Elle n'est là qu'en tant qu'éventuel "lieu de négociation". L'UA souhaite en effet organiser un face-à-face entre Gbagbo et Ouattara. Bref, un simple remake des pourparlers de mai 1997 entre Laurent Désiré Kabila et Mobutu Sese Seko à bord de l'Outeniqua, un autre navire sud-africain... Une rencontre historique qui n'en avait pas moins échoué, Mobutu ayant été contraint à prendre le chemin de l'exil au Maroc, quelques jours plus tard

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