10/02/2011 03:55:52
Ni John Fru Ndi : Ce que j'ai dit Biya
Le président du Social democratic front a rencontré la presse nationale et internationale hier à Douala. Occasion pour lui de se prononcer sur sa rencontre avec Paul Biya,  Elecam et... les démissions au sein du Sdf.
Le Messager
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Paul Biya et son principal opposant, John Fru Ndi se sont  parlés en tête-à-tête pour la première fois le 10 décembre à Bamenda, au lendemain des festivités du cinquantenaire de l'armée. Pendant vingt ans, ils se sont snobés, méprisés et ignorés. Mais jamais le président Paul Biya et John Fru Ndi, président national du Social democratic front (Sdf), premier parti de l'opposition camerounaise, ne s'étaient rencontrés. De tous les acteurs de premier plan de la vie politique, le leader anglophone était le seul à n'avoir jamais serré la main de son rival francophone.  Au comice agro pastoral d'Ebolowa l'on a vu, à nouveau, un Paul Biya détendu saluant Fru Ndi. Au lendemain de cette rencontre, d'aucuns ont cru voir une probable entrée du Sdf au gouvernement. Il n'en est rien. Hier à l'hôtel Lumière de Douala, le Chairman entouré de Jean Michel Nintcheu, président régional et Joshua Osih, vice président national, est revenu entre autres sur le sujet.

Concernant ce point précis qui aura constitué l'un des points focaux de la conférence de presse d'hier, l'homme qui, en mai 1990, lança le Sdf,  a déclaré qu'au cours de cette rencontre  qualifiée de "cordiale et détendue " et qui a duré plus longtemps que prévu, " deux dossiers sensibles ont été évoqués par les deux leaders ". Pour John Fru Ndi, les discussions ont porté sur le " statut de l'opposition et la création d'un cadre formel de dialogue. Mais aussi celui, plus délicat encore, d'Elections Cameroon (Elecam) ". Récusant une démarche personnelle dans le cadre d'un positionnement égoïste, le chairman du Sdf indique que  " la rencontre de Bamenda avec Biya était un souhait du parti. Nous sommes une formation politique ouverte au dialogue. Cette rencontre n'a pas été une initiative de Fru Ndi. C'est une avancée du dialogue politique " a-t-il déclaré en substance. Quant à la rumeur d'une entrée de son parti au gouvernement Rdpc, Fru Ndi se veut formel : il n'en est pas question !

A propos  d'Elecam, l'organisme " indépendant " créé en 2006, chargé de l'organisation, de la gestion et de la supervision du processus électoral et référendaire, l'autre sujet qui a meublé sa rencontre avec le chef de l'Etat, le président national du principal parti de l'opposition est amer. " Au stade actuel, aucun Camerounais ne sait s'il s'agit de la refonte ou de la révision des listes électorales. Les inscriptions se font dans les marchés, lors des funérailles en violation flagrante de la loi. La preuve la plus grave des manœuvres d'Elecam est que des Camerounais s'inscrivent sans cartes d'identité. J'entrevois une tournée pour expliquer aux Camerounais qu'ils doivent prendre leur destin en main. C'est l'heure du changement ou jamais. Le régime Rdpc doit s'en aller. La deuxième phase de notre combat pour la démocratie a commencé ", a grondé Ni John Fru Ndi pour qui Elecam dans sa configuration actuelle, ne peut garantir aux Camerounais, des élections transparentes.

Rappelant avec tristesse les émeutes de février 2008, et en attendant de célébrer la 3è semaine des martyrs, le président national de ce parti qui prône la justice sociale et l'égalité de chance pour tous, a invité l'assistance à se lever et à observer une minute de silence en la mémoire des personnes qui ont sacrifié de leur vie pour l'éclosion de la démocratie au Cameroun. Des démissions en cascades des cadres au sein du Sdf, il en a aussi été question.   " Parmi ceux-ci il y avait des indisciplinés qui après s'être faits de l'argent, ont voulu scier l'arbre qui leur a permit d'être ce qu'ils sont. S'ils démissionnent en prétextant que j'ai échoué, qu'ils vous disent combien d'entre eux ont réussi  ", a questionné le chairman.

Pour terminer son propos, le président national du Sdf a appelé les jeunes à se mobiliser. Car dit-il : " la jeunesse a besoin d'un vrai changement. Les jeunes ne trouvent plus le salut que dans la feymania. Les camerounais intelligents ne doivent pas continuer de soutenir un régime qui ne leur garantie pas de meilleurs lendemains et le Sdf ne peut plus tolérer un tel égarement du fer de lance de la nation ".

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