11/02/2011 03:32:18
Egypte : Moubarak s'accroche au pouvoir, le peuple gronde
La révolution n'aura pas lieu. Le président Hosni Moubarak restera... jusqu'en septembre. Au Caire, place Tahrir, c'est la désillusion. Vers 22 heures, la fin du discours télévisé du chef de l'Etat égyptien a fait place à la colère.
Le Parisien
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Pourtant quelques heures avant, les anti-Moubarak s'accrochaient encore à cette rumeur qui annonçait le départ du raïs.

Plusieurs centaines de milliers de personnes avaient même rallié la place hautement symbolique du soulèvement égyptien, la place Tahrir, pour vivre ensemble ce moment historique.

Signe des tensions extrêmes, de la colère et du désemparement après le discours présidentiel, Mohammed ElBaradei, principal membre de l'opposition a déclaré jeudi peu avant minuit : «L'Egypte va exploser. L'armée doit sauver le pays maintenant».

Alors que son allocution sur la chaîne d'Etat est annoncée pour 21 heures, le visage du raïs n'apparaît que 40 minutes plus tard. Le silence règne alors place Tahrir. Hosni Moubarak prend la parole.

Des premiers mots pour amadouer les manifestants

Ses premiers mots s'adressent justement aux manifestants. «Vos intentions sont pures et sincères. Vos revendications sont justes et légitimes», commence le chef d'Etat. «En tant que président, je n'ai aucun scrupule pour écouter les jeunes de mon pays et pour y répondre. Ce qui est inacceptable est d'écouter des injonctions de l'étranger, qu'elles que soient leurs origines», ajoute-t-il.

«Chers jeunes Egyptiens, je me suis exprimé dans des termes clairs pour dire que je ne présenterai pas aux prochaines élections (NDLR : en septembre). Je me contente de ce que j'ai déjà donné pour le pays. Mais j'assumerai mes responsabilités jusqu'au bout», déclare plus solennement Moubarak.

Un sentiment de colère s'empare de la place
 
L'euphorie place Tahrir s'envole définitivement. Le président ne démissionnera pas. Il annonce seulement déléguer une partie de ses pouvoirs au vice-président Omar Souleiman et vouloir amender «six articles de la Constitution». «Ces amendements doivent faciliter les candidatures à la présidence de la République, fixer un nombre précis de mandats et garantir la transparence et la régularité du scrutin», précise Moubarak.

Concernant la levée de l'état d'urgence décrétée en Egypte depuis 1981, le raïs l'a promise, mais seulement une fois «que le calme sera revenu». Sur la place Tahrir, des manifestants brandissent leurs chaussures en signe de mécontentement.

La fin du discours approche. Moubarak rappelle combien il n'a eu de cesse de «veiller à la paix et à la sécurité de l'Egypte. Et qu'il n'a «jamais cherché le pouvoir»
«L'Egypte demeure une patrie chère qui ne peut me quitter et que je ne peux quitter, jusqu'à ce que je meure sur cette terre», a-t-il conclu, avant de disparaître des écrans.

Dans la foule au Caire, un sentiment de colère se propage rapidement. Les manifestants furieux scandent en choeur : «Moubarak, dehors». La foule se montre plus déterminée que jamais à maintenir la pression. Dès demain (NDLR : vendredi), beaucoup d'anti-Moubarak ont appelé à manifester après la prière.

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