11/02/2011 17:34:32
Attaque de Bakassi: Les assaillants font savoir leurs exigences
Dans une interview accordée à Jeune Afrique, un homme présenté comme le leader, a fait savoir qu'ils se battaient pour leurs droits
Le journal du Cameroun
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Le leader de l'AMC se dit prêt à mourir
Pour la première fois depuis les attaques dans la presqu'île camerounaise de Bakassi et aux larges des côtes de cette zone, on peut coller un visage aux auteurs de la mort de deux gendarmes et de l'enlèvement d'un sous-préfet et de plusieurs autres responsables de la localité. déjà mercredi dernier, on apprenait que les exigences des ravisseurs du sous préfet de Kombo Abedimo, M. Ayuk Edward Takor, du commissaire de sécurité publique de la même localité, du commissaire spécial, du 1er adjoint au maire, et des autres membres de leur équipée, dont des policiers et des gendarmes, était le paiement d'une rançon de 100 millions de francs Cfa par personne enlevée, soit 1,1 milliards de francs pour les 11 personnes, et la libération par les autorités camerounaises de deux des leurs détenus dans la ville de Buea.

Vvendredi 11 février 2011, coup d'éclat, le site internet du magazine jeune Afrique publie une interview présentant le leader de l'Africa Marine Commando, qui explique les raisons de leurs actions dans la région de Bakassi. Il ressort de ses propos, que les assaillants reprochent au gouvernement camerounais ses manquements au respect des droits des populations de la région, conformément à ses engagements internationaux. «Le Nigeria et le Cameroun ont signé des accords incluant un certain nombre de droits pour les populations nigérianes de Bakassi, des pêcheurs pour la plupart. Loin de les respecter, l'armée camerounaise viole leurs domiciles et procède à des arrestations arbitraires de citoyens, soupçonnés d'être des pirates. Les vrais pirates, elle ne les interpelle pas. Nous avions promis de sévir… Et nous sommes prêts à mourir pour cette cause », a déclaré Perewei, alias Three Lion, alias Shut Aside, le leader présenté de l'AMC. Il a aussi reconnu l'ensemble des attaques qui ont jusqu'ici perpétrées dans la zones, indiquant que c'était des signaux envoyés aux autorités camerounaises.

Les succès sécuritaires du régime mis à l'épreuve
Les autorités camerounaises réagiront certainement à ces différentes informations. Pour le moment, la position officielle du gouvernement demeure que les récentes actions ont été menées par des groupes non encore identifiés. Selon un article paru dans le quotidien Mutations, ce sont cinquante personnes qui auraient été enlevées en trois ans. Le dernier cas de piraterie, avant le rapt du week-end dernier était le 22 septembre 2010, 3 français et trois autres expatriés avaient été enlevés.

Le 12 septembre 2010 déjà, six marins étrangers avaient été enlevés dans un bateau belge au large de Douala. En mars 2009, les Africa Marine Commando avaient aussi revendiqué l'enlèvement de sept pêcheurs chinois travaillant pour une société de pêche basée à Limbe. Deux ressortissants russes et un lituanien avaient été capturés à bord d'un navire, au large des eaux territoriales camerounaises le 16 mai 2010 par des assaillants. Ils ont été libérés le 4 juillet 2010, après 49 jours de captivité, contre le paiement d'une rançon jamais connue publiquement. C'est la première fois que des responsables de l'administration camerounaise sont directement otages des assaillants de la zone de Bakassi.

Dans sa déclaration à la presse sur la situation, le ministre Tchiroma de la communication, avait fait savoir qu'une des prescriptions du chef de l'Etat Paul Biya était que désormais le respect des consignes de sécurité soit la règle pour les responsables qui se rendraient dans la zone.

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